March 28, 2019 / 4:43 PM / 5 months ago

LEAD 2-Harris soutient la direction de Valeo, l'Etat remonte au capital

* La CDC devient le 3e actionnaire de l’équipementier

* Un investissement dans une société française à fort potentiel

* Intervient aussi dans un contexte chahuté pour l’équipementier

* L’activiste Harris, 1er actionnaire, soutient la direction (Actualisé avec déclaration de Valeo sur Harris §12)

par Gilles Guillaume et Laurence Frost

PARIS, 28 mars (Reuters) - L’Etat français a plus que doublé sa participation dans l’équipementier automobile Valeo , une décision qui s’inscrit dans sa stratégie d’investissement dans les sociétés françaises à fort potentiel mais aussi en plein débat sur l’attrait de l’Hexagone pour les fonds activistes.

L’Autorité des marchés financiers (AMF) a annoncé que la Caisse des dépôts et consignations (CDC) avait franchi en hausse, les 21 et 26 mars derniers, la barre des 5% des droits de vote et des 5% du capital de l’équipementier par l’intermédiaire de Bpifrance Participations.

Au total, la CDC détient désormais environ 5,12% du capital de Valeo (2,14% à titre direct et 2,99% via Bpifrance Participations) et 6,24% des droits de vote.

“Ce franchissement de seuil résulte de l’acquisition par Bpifrance d’actions Valeo sur le marché”, a précisé une porte-parole de la banque publique dans une déclaration transmise par courrier électronique. “(Il) s’inscrit dans la volonté de Bpifrance d’investir dans des sociétés françaises présentant un fort potentiel de croissance.”

Cette remontée de l’Etat au capital intervient aussi dans une période chahutée pour le spécialiste de l’hybridation légère et des aides à la conduite.

L’action Valeo, après avoir enchaîné six années de croissance d’affilée, s’est effondrée de plus de moitié en 2018, année marquée par deux avertissements sur résultats en raison des perturbations causées par les nouvelles normes d’homologation WLTP sur la production des constructeurs et du ralentissement brutal de la demande sur le marché automobile chinois.

Un porte-parole de Valeo a refusé de faire un commentaire sur l’investissement de l’Etat français.

LE SOUVENIR DU FSI ET DE PARDUS

Bien que l’équipementier soit positionné sur les segments les plus porteurs du secteur - la voiture de plus en plus autonome et l’électrification des moteurs - son désaveu en Bourse le fragilise en cas d’éventuelle pression de la part d’activistes.

Pour le moment, parmi les grands groupes français, seul le géant des spiritueux Pernod Ricard en est devenu une cible. Depuis novembre 2018, le fonds activiste américain Elliott réclame une modification de sa gouvernance et des objectifs plus ambitieux pour son nouveau plan stratégique. Mais d’autres pourraient suivre, l’Hexagone intéressant de manière croissante ce type d’investisseur aux méthodes offensives.

La CDC devient désormais le troisième actionnaire de Valeo, derrière le fonds activiste américain Harris Associates et le fonds souverain norvégien Norges Bank Investment Management, qui possèdent respectivement 6,37% et 5,14% du capital selon des données Refinitiv.

David Herro, vice-président de Harris Associates, a assuré Valeo de son soutien. “En tant qu’investisseurs long terme, nous soutenons pleinement l’entreprise et son management”, a-t-il dit dans un courrier électronique.

Une porte-parole de Valeo a pour sa part déclaré que Harris Associates avait toujours fait preuve d’un grand soutien à l’égard du groupe en tant qu’actionnaire depuis plusieurs années.

L’Etat français a déjà été par le passé un actionnaire important de Valeo, où il est monté à plus 8% en 2009 - via la CDC et le Fonds stratégique d’investissement (FSI) d’alors, qui a intégré depuis Bpifrance. L’objectif à l’époque était de ne pas laisser la direction de l’équipementier seule face aux demandes du fonds activiste américain Pardus.

Celui-ci avait réclamé - et obtenu - la scission des fonctions de président et de directeur général après le départ du PDG historique Thierry Morin, ainsi qu’un recentrage du groupe sur son coeur de métier. Pardus avait aussi milité un temps pour une fusion avec l’équipementier américain Visteon .

Après cette période agitée, le fonds avait réduit peu à peu sa participation. Bpifrance lui avait emboîté le pas, jusqu’à sortir totalement du capital en 2016. (Edité par Bertrand Boucey)

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