March 18, 2019 / 2:38 PM / 2 months ago

Des fissures dans le camp des "Brexiters" mais l'incertitude demeure

* Theresa May espère organiser un nouveau vote de ratification de l’accord de retrait en ce début de semaine

* Un mauvais accord serait préférable à une annulation du Brexit, estime Jacob Rees-Mogg

* May a rendez-vous avec ses partenaires européens en fin de semaine à Bruxelles

par Guy Faulconbridge et Elizabeth Piper

LONDRES, 18 mars (Reuters) - A l’entame d’une nouvelle semaine cruciale pour la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, des fissures sont apparues lundi dans le camp des “Brexiters” du Parti conservateur qui ont jusqu’alors rejeté l’accord de retrait négocié par Theresa May avec les Européens, empêchant sa ratification par la Chambre des communes.

Invité lundi matin sur l’antenne de la BBC, Jacob Rees-Mogg, président de l’European Research Group (ERG) rassemblant les élus tories les plus eurosceptiques, a considéré qu’un mauvais accord serait préférable à un maintien au sein de l’Union européenne.

“Pas d’accord est préférable à un mauvais accord, mais un mauvais accord est préférable à un maintien dans l’Union européenne”, a-t-il déclaré. “Une prolongation de deux années revient au fond à rester dans l’Union européenne.”

Les propos de Rees-Mogg, qui a précisé ne pas avoir pris de décision définitive, pourraient constituer un motif d’espoir pour May, qui entend remettre cette semaine à l’agenda de la Chambre des communes un vote de ratification de l’Accord de retrait après les deux échecs cuisants qu’elle a essuyés mi-janvier (quand les élus l’avaient rejeté par 432 voix contre 202) puis la semaine dernière (391 voix contre 242).

Pour renverser la donne et réussir son pari, May a besoin de convaincre 75 parlementaires. La dirigeante conservatrice s’est donné jusqu’à mercredi pour solliciter à nouveau le Parlement de Westminster, soit avant le Conseil européen programmé en fin de semaine, jeudi 21 et vendredi 22 mars.

Si elle parvient à ses fins, elle demandera à ses partenaires européens de repousser à fin juin la date du divorce. Dans l’hypothèse inverse, a redit lundi son porte-parole, elle solliciterait une prolongation longue et le Royaume-Uni participerait aux élections européennes de la fin mai.

Mais l’incertitude demeure sur le calendrier de ce troisième vote aux Communes. Plusieurs de ses ministres ont prévenu ce week-end qu’organiser un vote sans assurance de l’emporter n’aurait pas de sens.

NÉGOCIATIONS AVEC LES ÉLUS UNIONISTES D’ULSTER

Sur la BBC, Rees-Mogg a poursuivi son raisonnement: “La question à laquelle les gens comme moi devront finir par répondre, c’est pouvons-nous obtenir à la place (ndlr, de l’accord) une sortie sans accord ? Si nous le pouvons, ce sera une meilleure option, mais je crains que la Première ministre soit déterminée à empêcher un no-deal.”

Ces tout derniers jours, plusieurs élus conservateurs pro-Brexit se sont publiquement ralliés à l’accord négocié par Londres et Bruxelles et entériné fin novembre par les dirigeants européens.

D’autres en revanche ont réaffirmé leur opposition catégorique, qui s’appuie notamment sur le “backstop” nord-irlandais, cette clause de sauvegarde qui doit éviter quoi qu’il arrive le rétablissement d’une frontière “physique” entre la République d’Irlande et la province britannique d’Irlande du Nord.

Parallèlement, le gouvernement discute avec le Parti unioniste démocratique (DUP) d’Irlande du Nord dont les dix élus au Parlement de Westminster sont indispensables à la majorité de May. Eux aussi ont voté contre le “backstop”, dans lequel ils voient un risque de différence de traitement et d’éloignement entre leur province et le reste du Royaume-Uni, avec dans un horizon lointain l’esquisse d’un référendum de réunification de l’île.

Un porte-parole du parti unioniste a annoncé lundi qu’Arlene Foster, la dirigeante du DUP, n’avait pas prévu de se rendre à Londres ce lundi et un journaliste de la chaîne nord-irlandaise UTV a indiqué qu’il était peu probable que ces discussions aboutissent à une avancée d’ici lundi soir.

“Il y a quelques signes timides d’encouragement mais il nous reste beaucoup de travail à accomplir”, a noté, prudent, le ministre britannique des Affaires étrangères, Jeremy Hunt, lundi matin devant les caméras de la BBC.

Quant à Jeremy Corbyn, le chef de file de l’opposition travailliste a prévenu dimanche que son parti déposerait une motion de censure contre le gouvernement May si la Première ministre est de nouveau mise en échec sur l’accord de retrait.

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LE POINT sur les négociations du Brexit:

CHRONOLOGIE des négociations du Brexit

Pierre Sérisier et Henri-Pierre André pour le service français

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