March 13, 2019 / 1:36 PM / 11 days ago

SYNTHESE-Le Boeing 737 MAX désormais aussi interdit de vol aux USA

* Les Etats Unis, le Canada immobilisent à leur tour les 737 MAX

* L’Allemagne n’est pas en mesure d’analyser les boîtes noires

* Les boîtes noires vont être analysées par le BEA

* Boeing parvient à terminer en hausse

par David Shepardson

WASHINGTON, 13 mars (Reuters) - Les Etats-Unis ont à leur tour ordonné mercredi l’immobilisation au sol des Boeing 737 MAX 8 et MAX 9, imitant l’exemple de l’Europe et de nombreux autres pays, après l’accident dimanche d’un 737 MAX 8 de la compagnie Ethiopian Airlines qui a fait 157 morts.

C’est la deuxième fois en six ans que la Federal Aviation Administration (FAA), l’autorité américaine du transport aérien, interdit de vol un avion construit par Boeing. En 2013, elle avait cloué au sol le 787 Dreamliner en raison d’un problème de batteries.

Le titre Boeing, qui a perdu jusqu’à 2% à l’annonce de l’immobilisation faite dans un premier temps par le président Donald Trump, est remonté pour finalement terminer la séance boursière en hausse, tout comme Wall Street dans son ensemble.

“Nous allons lancer un ordre d’urgence d’interdiction de vol des Boeing 737 MAX 8 et MAX 9 (...)”, avait dit Donald Trump devant des journalistes à la Maison blanche.

La FAA a déclaré de son côté que “l’immobilisation au sol restera en vigueur pendant l’enquête, qui comportera l’examen des informations tirées des boîtes noires et des enregistrements de la cabine de pilotage”.

Dans un communiqué, Boeing a déclaré qu’il soutenait la décision d’immobiliser de manière temporaire les 737 MAX, impliqués dans un deuxième accident mortel en cinq mois.

Dans la journée, le Canada a également interdit de vol ce type d’avion, dernier né de la gamme 737, l’appareil le plus vendu au monde, en disant que des données satellitaires suggéraient des similitudes entre les deux accidents, le premier, survenu en octobre 2018, ayant concerné un appareil de la compagnie indonésienne Lion Air.

La FAA a repris à son compte cette idée de similitudes entre les deux catastrophes.

Plusieurs sites internet de voyages ont commencé à s’adapter aux inquiétudes des voyageurs et à l’immobilisation des 737 MAX de Boeing en modifiant leurs conditions de vente et en proposant de nouveaux filtres permettant de choisir son vol en fonction du type d’avion.

LE BEA ANALYSERA LES BOÎTES NOIRES

Dans la journée, un porte-parole d’Ethiopian Airlines a dit que les boîtes noires du Boeing 737 MAX 8 allaient être envoyées en Allemagne pour y être analysées.

Mais les autorités allemandes chargées d’enquêter sur les catastrophes aériennes ont ensuite dit qu’elles ne procéderaient pas à cette analyse.

“C’est un nouveau type d’avion avec une nouvelle boîte noire, de nouveaux logiciels. On ne peut la (l’analyse) la faire”, a dit Germout Freitag, porte-parole du Bureau fédéral chargé des enquêtes sur les accidents d’avion.

Lors d’une conférence téléphonique, la FAA a déclaré que les boîtes noires allaient être envoyées en France, ajoutant que cela allait prendre “des mois” avant que les problèmes de logiciels des Boeing 737 MAX soient réglés.

Un porte-parole du BEA (Bureau d’enquêtes et d’analyses) français a confirmé que ce dernier allait analyser les boîtes noires de l’avion accidenté.

Après l’accident du 737 MAX de Lion Air, la FAA avait prévenu les compagnies aériennes que des données erronées transmises par les capteurs d’incidence du 737 MAX pouvaient amener l’appareil à décrocher même lorsque la fonction de pilotage automatique était désactivée, le rendant ainsi difficile à contrôler.

Le porte-parole d’Ethiopian Airlines Asrat Begashaw a dit qu’on ne savait toujours pas ce qui s’était passé dimanche, tout en ajoutant que le pilote avait évoqué un problème de commandes, ce qui exclut a priori un facteur extérieur comme un oiseau.

“Le pilote a fait état de problèmes de contrôle de vol et demandé à revenir. En fait il avait été autorisé à faire demi-tour”, a-t-il ajouté.

A Oslo, la compagnie Norwegian Air Shuttle a annoncé qu’elle tenterait de se faire indemniser par Boeing pour les coûts et le manque à gagner liés à l’immobilisation de sa flotte de 737 MAX 8. (avec Kumerra Gemechu à Gora-Bokka, Ethiopie, David Ljunggren à Ottawa, Duncan Miriri et Aaron Maasho à Addis Ababa, Doina Chiacu à Washington, Omar Mohammed et Maggie Fick à Nairobi, Tim Hepher à Paris; Jamie Freed à Singapour; Terje Solsvik à Oslo; Aditi Shah à Mumbai; Sanjana Shivdas à Bangalore; Aleksandar Vasovic à Belgrade, Tangi Salaün, Jean-Philippe Lefief, Henri-Pierre André et Benoît Van Overstraeten, édité par Wilfrid Exbrayat)

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below