March 11, 2019 / 12:20 PM / 2 months ago

L'économie turque s'est contractée de 3% au T4, plus que prévu

ISTANBUL, 11 mars (Reuters) - L’économie turque s’est contractée de 3,0% au quatrième trimestre, un chiffre plus mauvais que prévu et sans précédent depuis 2009, qui confirme que le pays est tombé en récession avec la chute de la livre l’an dernier.

La Turquie, autrefois l’un des pays émergents les plus appréciés des investisseurs internationaux, avait réalisé une croissance de plus de 7% en 2017 - la plus forte depuis 2013 - mais elle a subi en 2018 le contre-coup d’une dépréciation de 30% de sa monnaie, sur fond de différend diplomatique avec les Etats-Unis et de remise en cause de l’indépendance de la banque centrale.

Les économistes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne une contraction de 2,7% du produit intérieur brut (PIB) sur un an. La livre s’est légèrement dépréciée en réaction à la statistique avant de revenir autour de 5,4260 pour un dollar.

Sur l’ensemble de 2018, l’économie turque a enregistré une croissance de 2,6%, là aussi sa plus faible performance depuis 2009, selon les données publiées par l’institut national de la statistique. Les estimations des économistes s’échelonnaient de 1,8% à 3,5%.

Par rapport au troisième trimestre, le PIB s’est contracté de 2,4% sur les trois derniers mois de l’année en données corrigées des variations saisonnières.

Sur un an, la production industrielle a baissé de 6,4%, celle du secteur de la construction s’est contractée de 8,7% et les dépenses des ménages ont reculé de 9%.

L’économie turque a brutalement ralenti au deuxième semestre en raison du plongeon de la livre causé par le conflit avec Washington, qui s’est traduit par des sanctions économiques, et des inquiétudes sur l’indépendance de la banque centrale en raison des pressions répétées du président Recep Tayyip Erdogan pour qu’elle réduise ses taux d’intérêt.

Avec l’envolée des prix à l’importation, l’inflation est montée en flèche, amenant la banque centrale à relever de 6,25 points son taux directeur en septembre pour le porter à 24%.

Le taux d’inflation a culminé à plus de 25% en octobre, au plus haut depuis 15 ans, mais il est retombé sous 20% en février grâce entre autres à une campagne du gouvernement pour stabiliser les prix alimentaires.

Le gouvernement, qui avait en septembre ramené sa prévision de croissance de 2018 à 3,8% au lieu de 5,5%, a assuré que l’activité repartait déjà.

“Le pire est passé en termes d’activité économique. Les prévisions les plus pessimistes ne se sont pas matérialisées”, a écrit le ministre des Finances Berat Albayrak sur Twitter après la publication de la statistique. (Daren Butler et Ezi Erkoyun, avec la contribution de Behiye Selin Taner; Véronique Tison pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

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