January 23, 2019 / 2:46 PM / in 6 months

LEAD 1-Effet "très limité" des "Gilets jaunes" sur les défaillances-Coface

* 52.665 faillites en 2018, selon la Coface, 54.325 selon Euler Hermes

* Le rebond des faillites amorcé au S2 2018 se poursuivra en 2019

* Coface attend une hausse de 1% des faillites, Euleur Hermes table sur +2% (Actualisé avec chiffres 2018 et prévisions 2019 d’Euler Hermes)

PARIS, 23 janvier (Reuters) - Le mouvement des “Gilets Jaunes” n’a eu qu’un effet “très limité” sur les défaillances d’entreprises en France à fin décembre, y compris dans les secteurs les plus exposés du commerce de détail d’habillement, du tourisme ou de la restauration, montrent des données publiées mercredi par la Coface.

Le nombre de défaillances, tous secteurs d’activité confondus, est ressorti à 3.992 au mois de décembre, soit 3,6% de moins que pour la même période un an auparavant (4.143).

Le nombre de défaillances dans le commerce, principal secteur exposé aux perturbations, a diminué de 16% sur le segment de gros et de 1% dans le commerce de détail, précise l’assureur-crédit dans un communiqué.

“Le seul sous-segment semblant avoir été affecté est le commerce de détail d’habillement avec une hausse de 22% soit 15 défaillances de plus qu’en décembre 2017 sur l’ensemble du territoire”, poursuit la Coface.

Dans le secteur de la restauration, la hausse de 6% enregistrée en décembre par rapport à la même période un an auparavant s’inscrit dans le prolongement de la tendance du second semestre au cours duquel elles ont progressé de 8%, souligne l’établissement, ajoutant que les défaillances de bars et cafés ont même diminué de 7%.

Dans le tourisme, autre secteur exposé aux perturbations liées au mouvement des “Gilets jaunes”, le nombre de défaillances est ressorti à 32 contre 23 un an auparavant.

“Compte tenu de la faiblesse du nombre de défaillances évoquées, l’effet du mouvement ne peut être considéré comme significatif”, résume la Coface en prévenant toutefois que “d’éventuels effets devraient être plus perceptibles à la lumière des défaillances du mois de janvier, voire des mois suivants, si le mouvement venait à s’inscrire dans la durée.”

HAUSSE ATTENDUE DES DÉFAILLANCES EN 2019

Sur l’ensemble de l’année dernière, 52.665 entreprises françaises ont fait faillite, en baisse de 2,9% par rapport à l’année précédente, atteignant ainsi le niveau le plus bas depuis 2008.

Sur la base d’une comptabilisation différente de celle de la Coface, Euler Hermes a dénombré de son côté 54.325 cas en 2018, un niveau supérieur de 14% à celui qui prévalait en 2007 avant le déclenchement de la grande crise financière, précise l’autre assureur-crédit dans un communiqué également publié mercredi.

En 2018, les principales faillites ont été concentrées dans les secteurs de la distribution et de l’agroalimentaire, notamment dans le commerce du jouet avec les défaillances de Toys’R’US et Ludendo (respectivement 326,8 millions d’euros et 151,4 millions d’euros de chiffre d’affaires) et la filière de la viande avec la société Doux (316,1 millions d’euros de CA) et la coopérative UKL-Arrée (216,5 millions d’euros de CA), précise la Coface.

“Si le premier semestre a vu les défaillances diminuer (-7,2%), le second a enregistré une progression (+2,3%) qui devrait se prolonger en 2019”, prévient l’assureur-crédit.

Les défaillances d’entreprises françaises ont à nouveau rebondi au quatrième trimestre 2018 (+3,4%) confirmant la tendance observée au troisième trimestre (+6,4%), note de son côté Euler Hermes.

La Coface s’attend à une hausse de 1% du nombre défaillances cette année en raison d’une conjoncture pénalisée par un environnement international dégradé, lié à la montée du protectionnisme et au ralentissement des principaux partenaires commerciaux de la France.

“La dynamique haussière des défaillances ne sera pas suffisante pour annuler les améliorations de 2017 et 2018”, souligne toutefois la Coface qui s’attend à une croissance de l’économie française de 1,4% cette année après 1,5% en 2018.

De son côté Euler Hermes table sur une progression de 2% du nombre de défaillances en 2019, soit 1.100 de plus que l’année dernière, et prévient d’un risque d’effet domino lié à l’augmentation des défaillances de grandes entreprises.

“Les défaillances d’entreprises dont le chiffre d’affaires est supérieur à 15 millions d’euros ont augmenté de 19% en France en 2018 (+20 cas), le secteur de la construction étant en première ligne” note l’assureur-crédit, qui s’inquiète des effets en cascade sur leurs fournisseurs.

En 2019, la consommation des ménages français ne progressera que de 0,8% comme en 2018 tandis que leurs investissements reculeront de 0,5% contre +1,6% en 2018, selon les prévisions d’Euler Hermes.

De leur côté, les entreprises françaises seront confrontées à la montée de leur endettement qui représentait 71,7% du Produit intérieur brut en 2017 et atteindrait 76% du PIB fin 2019, selon l’assureur-crédit.

“Coincées entre débouchés stagnants et endettement croissant, de nombreuses entreprises françaises seront mises en difficulté cette année”, avertit Stéphane Colliac, économiste en charge de la France chez Euler Hermes. (Marc Joanny, édité par Yves Clarisse)

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