January 21, 2019 / 6:01 AM / 4 months ago

POINT HEBDO-Les résultats porteurs de menaces pour des marchés fébriles

(Répétition sans changement d’une dépêche transmise vendredi)

* La croissance des bénéfices pourrait ralentir

* Un souci de plus pour des marchés inquiets

* Pas d’annonces fracassantes en vue du côté de la BCE

* Les feuilletons commerce et Brexit loin d’être terminés

par Patrick Vignal

PARIS, 21 janvier (Reuters) - Les peurs de toutes sortes qui planent sur les marchés d’actions depuis le début de l’année ont presque occulté le démarrage d’une saison de résultats trimestriels d’entreprises pourtant lourde de menaces.

Les tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine, les efforts de la Première ministre britannique pour parvenir à un divorce présentable avec l’Union européenne ou encore les interrogations sur l’évolution des politiques monétaires des grandes banques centrales confisquent l’attention depuis des semaines.

Les marchés, qui ont peut-être intégré trop précipitamment l’arrivée d’une récession à plus ou moins court terme, ont cependant tout intérêt à décortiquer avec soin les annonces des entreprises, avertit Laura Sarlo, économiste de Loomis Sayles, société de gestion du groupe Natixis IM.

“Les marchés financiers ont clairement commencé à intégrer un retournement dans les cours et l’on peut-être fait un peu fort”, dit-elle.

“Ce que nous essayons de surveiller en priorité, ce sont les bénéfices des entreprises parce qu’ils sont un composant déterminant du cycle”, ajoute-elle en prédisant un ralentissement de la croissance des profits.

Les analystes ont réduit leur prévision de croissance du bénéfice des entreprises du S&P-500 au quatrième trimestre 2018 à 14,3% contre 20,1% le 1er octobre, montrent les données publiées par IBES Refinitiv.

Le ralentissement pourrait s’accentuer au fil des trimestres, sous l’effet notamment du renchérissement du coût du crédit, des frictions commerciales et de la décélération de l’économie chinoise.

PREMIÈRE SALVE DES BANQUES

Comme chaque trimestre, les banques de Wall Street ont donné le coup d’envoi du bal des résultats, avec du bon et du moins bon, notamment pour Morgan Stanley, qui a perdu jeudi plus de 4% après avoir dévoilé des comptes affectés par des pertes de trading obligataire et une baisse des revenus de son immense activité de gestion de patrimoine, pourtant censée mieux la protéger que ses pairs des fluctuations des marchés.

Du côté des banques européennes, le bonnet d’âne revient pour l’instant à Société générale, qui a reculé de 5,7% après avoir prévenu jeudi les investisseurs qu’ils devaient s’attendre à une chute de 20% de ses revenus dans ses activités de trading au quatrième trimestre en raison de la forte volatilité sur les marchés financiers.

La saison des résultats va démarrer pour de bon en Europe avec, dès lundi, les comptes d’UBS, et se poursuivre aux Etats-Unis avec notamment à l’agenda Johnson & Johnson , IBM ou encore Ford.

Il faudra attendre un peu pour avoir les annonces les plus redoutées par le marché, à savoir celles des géants de la technologie et d’internet, très vulnérables aux mauvaises nouvelles sur les fronts du commerce et de la Chine.

Leurs valorisations ont déjà fondu, à l’image de celle d’Apple, qui a averti sur son chiffre d’affaires et dont les comptes sont attendus pour le 29 janvier.

En attendant, les marchés d’actions viennent de saluer un espoir de voir les Etats-Unis et la Chine enterrer la hache de guerre avec une information du Wall Street Journal faisant état de discussions menées par le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin visant à une levée partielle ou totale des droits de douane imposés aux importations chinoises afin de sortir de l’impasse.

PAS GRAND-CHOSE À ATTENDRE DE LA BCE

Ce dossier ne manquera pas de revenir sur la table, de même que celui du pilotage de leurs anticipations par les banques centrales, même si, en la matière, il ne faut pas attendre grand-chose de la première réunion monétaire de l’année de la Banque centrale européenne (BCE), qui se tiendra jeudi.

L’institution de Francfort vient d’arrêter son programme de rachats massifs d’actifs mais risque d’avoir du mal à enclencher le relèvement de ses taux avant l’expiration, fin octobre, du mandat de son président.

“Mario Draghi a dit il y a quelques jours devant le Parlement européen qu’il n’y avait pas d’urgence à relever les taux”, rappelle Philippe Waechter, directeur de la recherche économique chez Ostrum Asset Management. “La BCE ne le fera pas en 2019, et probablement pas en 2020 non plus”.

Des économistes interrogés par Reuters pour une enquête continuent de penser pour leur part que la BCE remontera au quatrième trimestre son taux de dépôt, actuellement négatif de 40 points de base. Les mêmes jugent que le risque d’une récession dans la zone euro est en augmentation.

“L’Europe a moins d’instruments que les Etats-Unis pour compenser les vulnérabilités macroéconomiques”, souligne Laura Sarlo. “La BCE a fait preuve de beaucoup de créativité en la matière mais risque d’avoir du mal cette fois à trouver les bons outils”.

Toujours du côté de la politique monétaire, il serait surprenant que la Banque du Japon, réputée pour son biais particulièrement accommodant, annonce mercredi quoi que ce soit de fracassant.

En attendant la réunion de la Réserve fédérale, les 29 et 30 janvier, les marchés suivront les derniers épisodes du feuilleton du Brexit, notamment le “plan B” que doit présenter lundi Theresa May après le rejet massif de l’accord qu’elle a négocié avec Bruxelles.

La Première ministre britannique a une bonne excuse pour ne pas se rendre cette année à Davos, où se tiendra de mardi à vendredi le Forum économique mondial. Donald Trump (“shutdown”) et Emmanuel Macron (“Gilets jaunes”) ont également un problème d’agenda et n’iront pas non plus dans les Alpes suisses.

Le Fonds monétaire international (FMI), lui, sera bien à Davos où il présentera dès lundi ses perspectives de l’économie mondiale, très attendues à un moment où la crainte d’une récession pèse lourdement sur les marchés financiers.

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édité par Blandine Hénault

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