January 10, 2019 / 3:16 PM / 3 months ago

GESTION 2019-Amundi conseille de reprendre progressivement du risque

* La croissance va ralentir mais de façon modérée

* Les banques centrales vont rester accommodantes

* Des opportunités à saisir en dépit des risques politiques

* Les marchés émergents mis en avant

PARIS, 10 janvier (Reuters) - La société de gestion d’actifs Amundi ne prévoit qu’un ralentissement modéré de l’économie mondiale en 2019, ce qui, couplé avec des banques centrales accommodantes, devrait permettre de créer des opportunités en dépit de la persistance des incertitudes.

“L’année 2019 sera une année indécise, risquée et incertaine. Il ne faudra pas s’en émouvoir en intégrant le fait que les risques politiques sont désormais une donnée structurelle”, a indiqué jeudi son directeur général Yves Perrier lors d’une conférence de présentation des perspectives pour cette année.

Trois convictions sont mises en avant par la société de gestion pour 2019:

La première est que la croissance économique va ralentir dans les trois grandes zones que sont les Etats-Unis, la Chine et l’Europe mais elle devrait rester solide au niveau mondial, autour de 3,5%.

Amundi prévoit une croissance de 1,5% pour la zone euro cette année, de 2,4% aux Etats-Unis et de 6,2% en Chine.

“Nous ne sommes pas inquiets sur le cycle américain”, a commenté Philippe Ithurbide, directeur de la recherche. “Nous ne voyons pas de déclencheurs d’une récession - guerre commerciale et erreur de la Réserve fédérale - à un horizon de 18 mois”.

Il prévient néanmoins qu’en Europe, le secteur automobile pourrait se retrouver la cible du président américain Donald Trump, qui a déjà menacé par le passé de taxer les importations de voitures européennes, ce qui aurait un impact direct sur la prévision de croissance pour cette région.

Autre conviction pour 2019, “la normalisation des politiques monétaires restera très progressive”, pointe Yves Perrier.

“Aux Etats-Unis, nous voyons bien avec les débats récents que la Réserve fédérale est consciente que le rythme du resserrement monétaire ne doit pas mettre en danger l’économie et les marchés. De son côté, la Banque centrale européenne entre dans une nouvelle phase mais elle aura le souci de l’impact de sa politique sur la solvabilité des Etats et la croissance économique”, explique le dirigeant du premier gestionnaire d’actifs européen.

Enfin, les risques géopolitiques vont rester présents mais pour le moins limités. “Nous allons vivre dans l’incertitude mais nous ne citons pas de drames pour la période qui vient”, indique Yves Perrier.

“DU COURAGE”

Pour les investisseurs en actions, ce contexte va se traduire par un marché “non directionnel” où il faudra choisir les entreprises et les secteurs pour leur mérite propre, explique Yves Perrier.

“Ce sera l’année du stock-picking plus que jamais avec le souci permanent de maintenir des poches de liquidité au sein des portefeuilles”.

Les gérants d’Amundi conseillent de démarrer l’année avec une allocation défensive compte tenu de la volatilité élevée et de réduire l’exposition aux actifs risqués. Avant d’accroître progressivement le risque au sein des portefeuilles au cours de l’année.

“Il va falloir du courage pour reprendre du risque dans une année où c’est l’enjeu”, a indiqué Pascal Blanqué, directeur des investissements.

“Je suis convaincu que les taux vont rester relativement bas, ce qui veut dire que les actifs risqués ont un couple rendement-risque plus fort que ce que l’on pense. La position naturelle est de reprendre du risque”, a-t-il ajouté.

Les équipes d’Amundi estiment qu’ils existent en particulier des opportunités dans les marchés émergents.

“Les marchés émergents vont surperformer cette année, et cela a déjà commencé depuis deux à trois mois”, explique Pascal Blanqué.

Outre les valorisations, l’arrêt de la hausse du dollar et la pause attendue dans le rythme du resserrement monétaire de la Fed constituent des éléments favorables.

Pascal Blanqué met en avant les pays émergents avec une trajectoire budgétaire soutenable et des marges de manoeuvre monétaire, comme la Russie ou encore la Chine.

Il cite aussi ceux ayant un moteur de croissance autonome alimenté par le développement de la consommation des services, comme l’Indonésie et l’Inde, et conseille de privilégier plutôt les pays consommateurs de pétrole que producteurs.

Voir aussi :

LE POINT sur les perspectives de marché 2019 des gérants et stratèges (Blandine Hénault, édité par Patrick Vignal)

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