December 21, 2018 / 8:48 AM / 5 months ago

L'Europe a plombé les marchés primaires actions en 2018

* Placements boursiers en baisse de 12% à $688 mds en 2018

* En Europe -38% à $142 mds

* 2019 plombée par les perspectives de croissance

* Les techs à forte croissance peuvent tirer leur épingle du jeu

par Dasha Afanasieva

LONDRES, 21 décembre (Reuters) - Les placements d’actions sur les places européennes ont nettement diminué en valeur cette année, contribuant le plus au tassement de l’activité sur les marchés primaires actions au niveau mondial, les investisseurs s’inquiétant à la fois pour la croissance économique et pour la situation politique de certains pays, montrent des données de Refinitiv publiées vendredi.

Le produit des émissions d’actions sur l’ensemble de la planète est tombé à 688 milliards de dollars (600 milliards d’euros) cette année contre 781 milliards l’an dernier à la même époque, suivant des données arrêtées au 17 décembre.

“Les incertitudes politiques à travers l’Europe c’est embêtant mais la véritable surprise c’est le ralentissement de la croissance macroéconomique européenne”, observe Craig Coben, vice-président des marchés de capitaux internationaux de Bank of America Merrill Lynch.

“Dans un tel contexte, les banques doivent plus que jamais faire attention à ce qu’elles placent, s’assurer de bien présenter le placement, de calculer le montant adapté et d’être on ne peut plus claires dans leur communication”, ajoute-t-il.

En Europe, le produit des placements d’actions est au plus bas depuis 2012, en chute de 38% à 142 milliards de dollars. Pour les seules introductions en Bourse (IPO), le produit a diminué de 5% à 41 milliards de dollars en Europe.

La croissance de la zone euro a été au troisième trimestre la plus faible depuis quatre ans et la croissance de l’emploi s’est également tassée durant cette période, de crainte que le resserrement monétaire en cours aux Etats-Unis n’affecte un peu plus la croissance au niveau mondial.

Un Brexit compliqué alimente l’incertitude et menace le statut de la cinquième puissance économique mondiale, en particulier son statut financier.

“Au début de 2018, les investisseurs comptaient sur une dernière imulsion de croissance coordonnée”, observe un banquier-conseil sur le marché primaire actions désireux de garder l’anonymat. “Cet espoir s’est dissipé au printemps; il est alors devenu évident que ça ne se passait pas comme on voulait, en raison surtout du cycle des taux d’intérêt”.

De ce point de vue, les annonces faites par la Réserve fédérale jeudi ont été révélatrices, en semant la confusion à Wall Street et ailleurs.

La Fed a relevé mercredi son principal taux d’intérêt comme prévu et a maintenu sa trajectoire de hausse de taux bien qu’à un rythme moins rapide qu’auparavant en dépit des incertitudes sur la croissance mondiale et du ralentissement attendu de l’économie américaine.

La Fed ne prévoit plus que deux hausses de taux en 2019, au lieu de trois, et une en 2020.

Mais les traders de futures n’y croient pas et ils anticipent même une détente sur les taux en 2020.

Plusieurs IPO ont été repoussées en Europe ou, si elles ont été lancées, ont fait piètre figure par la suite. Le pétrolier espagnol Cepsa a renoncé à la sienne, tandis qu’Aston Martin a été attaqué dès les premiers jours suivant ses débuts londoniens.

“CONDITIONS DE FIN DE CYCLE”

Le conflit commercial entre la Chine et les Etats-Unis et les dégagements apparus sur les marchés émergents en cours d’année n’ont pas contribué à apaiser les investisseurs.

La Turquie a subi la dégringolade de la livre locale, qui a obligé la banque centrale à porter son taux d’intervention à 24%.

Les sanctions imposées par les Etats-Unis à des entités russes, en représailles à l’ingérence présumée de Moscou dans la présidentielle américaine de 2016, ont fait que la Russie n’a pas vu la moindre IPO cette année.

“La grande majorité des opérations qui ne se sont pas faites dans les marchés émergents n’ont pas été annulées mais repoussées; il y a eu des problèmes propres à tel ou tel pays en particulier, comme la Russie et la Turquie, dont nous espérons qu’ils trouveront une issue”, dit Adam Farlow, responsable des marchés de capitaux Europe, Afrique, Proche-Orient du cabinet d’avocats Baker McKenzie.

Les trois plus grosses opérations boursières de l’année se situent en Asie et la première d’entre elles, l’IPO de Softbank Corp, se traitait en deçà du prix d’introduction en Bourse jeudi.

Goldman Sachs a dominé le marché des placements en Bourse cette année et Morgan Stanley celui des IPO.

L’IPO de la filiale poids lourds et autocars de Volkswagen était attendue comme l’une des plus grosses de 2019, susceptible de drainer plus de six milliards d’euros vers la société-mère.

L’introduction en Bourse très attendue de Lyft, concurrent d’Uber Technologies et qu’il a pris de vitesse dans la constitution et le dépôt du dossier d’IPO, ferait suite à plusieurs opérations de plus d’un milliard de dollars dans le secteur des technologiques, telles celles de Dropbox et de Spotify Technologies.

Le banquier-conseil sur le marché primaire actions observe que les sociétés technologiques jouissant d’une bonne croissance peuvent espérer réussir leurs débuts en Bourse.

“Investir en Bourse en 2019 n’est pas forcément malvenu mais l’environnement actuel fait privilégier les secteurs et sociétés adaptés aux conditions de fin de cycle, par exemple des valeurs ‘disruptor’ (non conventionnelles dans leur façon de faire)”, dit-il.

Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Joanny

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below