December 13, 2018 / 3:36 PM / 9 months ago

ECLAIRAGE-BCE - A quoi ressemblera l'après-planche à billets

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FRANCFORT, 13 décembre (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) a laissé ses taux directeurs inchangés jeudi et a confirmé son intention d’arrêter définitivement à la fin du mois ses rachats de titres obligataires dans le cadre de son programme dit d’assouplissement quantitatif (QE).

Ce n’est pas pour autant que la politique monétaire cessera d’être accommodante et la banque centrale pourrait même songer à de nouvelles mesures de soutien.

Voici quelles pourraient être ses différentes options.

TAUX D’INTÉRÊT

Le taux de dépôt de la BCE est de -0,4% et elle s’est engagée à le laisser en l’état au moins jusqu’à l’été 2019.

La BCE ne fournit pas d’indications sur du plus long terme mais ses responsables ont souvent dit qu’ils étaient à l’aise avec les anticipations du marché, suivant lesquelles ce taux de dépôt remonterait vers zéro mais pas avant 2020 et continuerait de progresser par la suite mais par petits paliers.

Dans la mesure où l’institut d’émission veut à nouveau faire des taux d’intérêt son principal instrument de politique monétaire, sa réaction probable à tout nouveau ralentissement économique sera de faire en sorte de repousser un peu plus les anticipations de hausse des taux, ce qui serait relativement aisé.

Il faudra sans doute encore des années avant que les taux de la BCE atteignent un niveau dit “neutre” et ce même en cas de bond inattendu de l’activité économique ou de résurgence de l’inflation.

La première hausse des taux effectuée par la Réserve fédérale américaine après la crise financière remonte à la fin 2015 et les taux n’ont toujours pas atteint leur neutralité.

RÉINVESTISSEMENTS

La BCE réinvestira le produit des obligations arrivées à échéance, soit 200 milliards d’euros environ l’an prochain, dans de nouveaux titres de dette pour que les coûts d’emprunt n’augmentent pas ou pas trop.

Les marchés pensent que ces réinvestissements se poursuivront jusqu’en 2021.

Elle a fait savoir jeudi qu’ils seraient étalés sur l’ensemble de 2019 afin de ne pas perturber les marchés.

Garder le calendrier de ces opérations ouvert est en soi une mesure de soutien car la banque centrale peut alors repousser leur date d’arrêt théorique moyennant un coût modique pour sa crédibilité si l’économie vient à trébucher.

LES BANQUES OBTIENDRONT-ELLES DE NOUVEAUX PRÊTS À LONG TERME?

Sans doute, mais assortis de conditions différentes et pas dans l’immédiat.

La BCE a octroyé aux banques des prêts à quatre ans à la mi-2016 et, pour des raisons comptables, doit leur dire d’ici la fin du premier semestre 2019 s’ils seront reconduits.

Laisser ces prêts expirer simplement à l’échéance réduirait son bilan et obligerait certaines banques à emprunter à court terme au taux de refinancement de la BCE qui est nul, supérieur au taux de dépôt qui est négatif. Cela reviendrait à une hausse des taux de fait que la banque centrale veut éviter.

Un nouveau prêt à taux fixe à une échéance relativement longue restreindrait la capacité de la BCE à relever les taux; la solution la plus probable est un prêt plus court, peut-être de trois ans, à taux variable prenant pour sous-jacent le taux refi de la BCE, une facilité que certains souhaiteraient permanente.

LIQUIDITÉ ILLIMITÉE

La BCE continuera à fournir de la liquidité aux banques par le biais de ses opérations de refinancement régulières à une semaine et à trois mois au moins jusqu’à la fin de l’année prochaine.

Ces opérations, au taux refi de 0%, permettent aux banques de recueillir des fonds sans limitation pour autant qu’elles présentent les garanties nécessaires.

Etendre ces opérations de liquidité illimitée au-delà de 2019 passe en outre pour une solution de soutien relativement simple.

PLUS DE QE

Une solution difficile et peu vraisemblable pour le moment.

D’autant que le gisement d’obligations à racheter se raréfie si la BCE veut suivre ses propres règles.

En admettant qu’elle veuille les changer, ce serait le plus sûr moyen pour elle de se retrouver devant la Cour de Justice de l’Union européenne (CJUE) qui a fait savoir cette semaine que ces règles restrictives lui permettait d’être en conformité avec les traités communautaires.

La banque centrale pourrait aussi porter son intérêt sur d’autres classes d’actifs comme les actions voire même les créances douteuses. Mais il lui faudrait alors surmonter de redoutables obstacles d’ordre politique. (Balazs Koranyi, Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Joanny)

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