December 10, 2018 / 7:06 AM / 9 months ago

LEAD 1-Japon-Sévère coup d'arrêt à la croissance au T3

* PIB révisé à -2,5% en rythme annualisé au T3

* Capex -2,8% d’un trimestre sur l’autre

* Ralentissement mondial et frictions commerciales pèsent

* L’investissement ne sera pas un moteur économique en 2019

* Rebond du PIB probable au T4, des doutes sur son ampleur (Actualisé avec des précisions, contexte)

par Tetsushi Kajimoto

TOKYO, 10 décembre (Reuters) - L’économie japonaise, aux prises avec le ralentissement économique mondial et les tensions commerciales entre grandes puissances économiques, a connu au troisième trimestre un sévère coup d’arrêt, le plus marqué depuis plus de quatre ans, qui s’explique notamment par une nette réduction des investissements des entreprises.

Le produit intérieur brut (PIB) de la troisième économie mondiale s’est contracté de 2,5% en rythme annualisé sur le trimestre juillet-septembre, son plus fort tassement depuis le deuxième trimestre 2014, après une croissance de 2,8% au deuxième trimestre, montrent les données révisées publiées lundi par le gouvernement.

Cette contraction, due aussi à des catastrophes naturelles qui ont obligé les usines à réduire leur production, est plus marquée qu’annoncé initialement et qu’attendu par les économistes: une première estimation la donnait à 1,2% et le consensus Reuters à 1,9%.

Les investissements productifs ont chuté de 2,8% par rapport au deuxième trimestre, alors qu’une première estimation ne donnait qu’une contraction de 0,2% et que le consensus des économistes était de -1,6%.

La baisse des investissements n’avait jamais été aussi prononcée depuis le troisième trimestre 2009 et elle concerne aussi bien les grossistes que les distributeurs ou les équipementiers d’internet et des communications.

“En fonction de l’étendue du ralentissement commercial et des frictions commerciales, les entreprises risquent de reporter leurs projets d’investissement, voire même de procéder à des ajustements à partir du second semestre de l’exercice en cours”, commente Takeshi Minami, chef économiste de l’institut d’études Norinchukin.

Le risque est d’importance pour Tokyo qui compte sur l’investissement pour relancer la croissance et l’inflation. L’investissement est l’un des points forts de l’économie nippone depuis 2016, notamment avec le développement des technologies d’automatisation face à une pénurie de main d’oeuvre.

Au vu d’un contexte économique international troublé, et d’un ralentissement de la croissance des bénéfices, le moral des industriels japonais s’est altéré en décembre pour le second mois d’affilée et cela ne devrait pas s’arranger dans les mois qui viennent, montrait une enquête de Reuters jeudi, en prélude au rapport trimestriel “tankan” de la Banque du Japon (BoJ) attendu le 14 décembre.

BAISSE DE LA CONSOMMATION PRIVÉE

Même si les analystes anticipent un rebond de l’économie durant le trimestre en cours avec une reprise de la production industrielle après les catastrophes naturelles, les tensions commerciales sino-américaines sont très préoccupantes pour une économie tournée vers l’exportation.

C’est ainsi qu’en octobre, Fanuc, constructeur de robots japonais très exposé à la Chine, a sabré ses perspectives annuelles, évoquant ces tensions commerciales et un ralentissement des investissements technologiques.

Le chiffre révisé du PIB se traduit par une contraction de 0,6% d’un trimestre sur l’autre, deux fois plus marquée qu’annoncé en première estimation; les économistes tablaient en moyenne sur une baisse de 0,5%.

La consommation privée, qui représente 60% environ du PIB, a diminué de 0,2% au troisième trimestre par rapport aux trois mois précédents (-0,1% en première estimation).

La demande intérieure a retranché 0,5 point au PIB révisé, tandis que les exportations nettes ont enlevé 0,1 point.

“Il pourrait y avoir un rebond des dépenses d’investissement mais ce ne sera pas un moteur de l’économie dans l’année qui vient, au vu des incertitudes croissantes tenant aux frictions commerciales, au ralentissement économique mondial et à la hausse prévue de la TVA au Japon”, dit Atsushi Takeda, économiste en chef de l’institut d’études économiques Itochu.

Tetsushi Kajimoto; Arthur Connan et Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Angrand

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