December 3, 2018 / 5:35 PM / 10 days ago

BCE-Paris, Rome et Madrid affectés par la nouvelle clé

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FRANCFORT, 3 décembre (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) devrait réduire ses avoirs en dette italienne, espagnole et française de près de 90 milliards d’euros si elle suivait strictement sa nouvelle clé de répartition, suivant des calculs de Reuters à partir des données de l’institut d’émission.

La BCE rachète de la dette souveraine depuis 2015 dans le but de relancer l’inflation de la zone euro, en répartissant ses avoirs obligataires suivant la contribution de chaque pays à son capital et son poids économique relatif.

Depuis lors, la BCE a sensiblement dévié de ce principe, mis à jour ce lundi, dans la mesure où la Grèce et Chypre ont été exclues de son programme de rachat d’actifs et aussi en raison de la pénurie de certaines obligations souveraines à racheter.

L’Italie, l’Espagne et la France, qui ont un encours élevé de dette publique, ont récupéré l’essentiel de cette marge de manoeuvre, avec respectivement 36, 28 et 24 milliards d’euros de plus que ce qui aurait dû normalement figurer dans les comptes de la BCE si on avait appliqué à ces trois pays la clé de répartition théorique, selon des calculs de Reuters qui regroupent l’ensemble des pays de la zone euro.

Ces calculs reposent sur la nouvelle clé de répartition, censée mieux refléter le poids économique et démographique relatif de chaque pays durant les cinq dernières années, ce qui rend les excédents de rachats de dette italienne et espagnole encore plus importants.

Le programme de rachat d’actifs, dit encore d’assouplissement quantitatif (QE), touchant à sa fin, certains à la BCE ont réclamé un réalignement progressif des avoirs obligataires sur la clé de répartition, ont dit des sources à Reuters la semaine passée.

Cela impliquerait que la BCE ne réinvestirait plus dans certains emprunts italiens, espagnols et français et leur substituerait du papier de pays “sous-achetés” comme la Grèce, la Slovaquie et le Portugal entre autres.

Mais cela risque d’être difficile voire impossible, puisque la Grèce et Chypre ne font toujours pas partie du programme QE et que les marchés obligataires d’autres pays n’ont aucune liquidité.

Pour ce motif, et pour éviter tout remous sur le marché, d’autres membres de la BCE veulent préserver le stock d’obligations de la banque centrale en l’état, faire un état des lieux le 31 décembre et éviter toute nouvelle déviation.

D’autres sont partisans de revenir à l’ancienne clé de répartition sur plusieurs années.

Voir aussi: LEAD 1-BCE-La part de l’Italie moins réduite que prévu

Francesco Canepa, Wilfrid Exbrayat pour le service français, edité par Marc Joanny

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