November 28, 2018 / 3:07 PM / 21 days ago

GESTION 2019-Draghi pourrait partir sans avoir relevé les taux-Robeco

* Mario Draghi partira fin octobre, rappelle Robeco

* Il n’aura peut-être pas le temps de relever les taux

* Le nom de son successeur a une importance relative

PARIS, 28 novembre (Reuters) - Mario Draghi pourrait entrer dans l’histoire comme le premier président de la Banque centrale européenne à quitter son poste sans avoir relevé les taux pendant son mandat, dit-on chez Robeco.

Le taux de refinancement était à 1,5% quand l’Italien a pris les commandes de l’institution en novembre 2011, rappellent les analystes du gestionnaire d’actifs.

Il l’a ramené progressivement à 0%, a fait descendre le taux de facilité de prêt marginal à 0,25% et a poussé le taux de dépôt en territoire négatif, à -0,4%.

Le relèvement, qui débutera logiquement par ce dernier taux, devrait commencer l’an prochain mais pas tout de suite, la BCE ayant affiché son intention de maintenir les taux à leurs niveaux actuels, historiquement bas, jusqu’à l’été.

La BCE sera donc en pilotage automatique jusqu’à l’automne et paraît peu susceptible de donner le signal de la remontée lors de sa réunion du 12 septembre.

Mario Draghi, lui, quittera ses fonctions fin octobre. Il ne lui restera donc qu’une occasion pour lancer en personne un nouveau cycle monétaire, le 24 octobre, dit-on chez Robeco.

“L’inflation est proche de l’objectif de la BCE (juste en dessous de 2%) et la normalisation devrait débuter fin 2019”, a dit mercredi Peter van der Welle, responsable de la stratégie pour le pionnier de la gestion indicielle, lors d’un point de presse à Paris.

“Le retour d’une politique conventionnelle arrivera sans doute trop tard pour Draghi et devrait commencer après son ère”, a-t-il ajouté.

QUI POUR LE REMPLACER ?

On se souviendra donc de l’actuel président de la BCE pour avoir lancé un programme massif de rachat de dette publique et conduit les taux d’intérêt en territoire négatif, mais peut-être pas pour avoir donné le coup d’envoi de la remontée des taux.

“On peut penser que les taux sont maintenus à des niveaux artificiellement bas mais la BCE est confrontée aussi au problème de l’Italie, qui fait peser un risque majeur sur le projet européen”, argumente Peter van der Welle.

La succession de Mario Draghi s’annonce d’autant plus compliquée que les autres principaux décideurs de la BCE en poste pendant la crise financière sont déjà partis, comme Vitor Constancio, qui a cédé en mai la vice-présidence à Luis de Guindos, ou sur le point de le faire, à l’image de Peter Praet, le chef économiste de la banque centrale, et Benoît Coeuré, influent membre de son directoire.

Les marchés, qui ont appris à apprécier Mario Draghi pour son pragmatisme, attendent des indices sur le nom de son successeur.

Le président de la Bundesbank, le très orthodoxe Jens Weidmann, a longtemps tenu la corde aux yeux des observateurs mais il a vu ses chances s’amenuiser, les préoccupations de Berlin sur le commerce, du ressort de la Commission européenne, paraissant prendre le pas sur la volonté de l’Allemagne de piloter la politique monétaire.

“La succession de Mario Draghi est un processus très complexe”, fait valoir Peter van der Welle.

“L’identité de celui qui prendra son fauteuil n’a toutefois pas tant d’importance que cela parce que la BCE est la seule grande banque centrale au sein de laquelle les décisions de politique monétaire se prennent à la majorité simple”.

Voir aussi :

LE POINT sur les perspectives de marché 2019 des gérants et stratèges

Patrick Vignal, édité par Marc Angrand

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