November 27, 2018 / 4:05 PM / 18 days ago

LEAD 1-Brexit-May défend son accord en Irlande du Nord et au Pays de Galles

* Convaincre les députés avant le vote du 11 décembre

* Aujourd’hui, un rejet de l’accord à Westminster paraît probable

* Michael Fallon contre l’accord en l’état (.)

par Kylie MacLellan et Amanda Ferguson

LONDRES/BELFAST, 27 novembre (Reuters) - La Première ministre britannique Theresa May a entamé mardi en Irlande du Nord une tournée à travers le Royaume-Uni destinée à défendre son accord de Brexit validé dimanche par l’Union européenne et qui sera soumis le 11 décembre au vote, bien loin d’être acquis, du Parlement de Westminster.

Les dirigeants des Vingt-Sept ont validé dimanche l’accord sur la sortie du Royaume-Uni de l’UE, avalisant à la fois un traité de quelque 600 pages fixant les conditions de la séparation le 29 mars prochain et une déclaration politique de 26 pages sur les relations commerciales qui entreront en vigueur à l’issue d’une période transition de deux à quatre ans.

Pour Theresa May, point de salut hors de cet accord: s’il est rejeté par les députés britanniques, affirme-t-elle, ce sera un Brexit sans accord, avec de terribles conséquences économiques, ou alors un report de la sortie du pays de l’Union, voire pas de sortie du tout...

Dans cette délicate situation, la Première ministre a reçu mardi le coup de pied de l’âne: l’un des députés sur lesquels elle pensait le plus compter, Michael Fallon, a annoncé qu’il ne soutiendrait pas l’accord en l’état.

Ministre de la Défense démissionnaire en 2017 après avoir été accusé de harcèlement sexuel, Michael Fallon juge que les négociateurs britanniques doivent retourner à Bruxelles pour négocier un meilleur accord de divorce avec l’Union.

Prié de dire s’il voterait contre l’accord en l’état, il a répondu par l’affirmative: “Tel qu’il est actuellement, oui. Je ne pense pas qu’il nous apporte les assurances dont nous avons besoin et c’est par conséquent une entreprise risquée”.

“PAS DE PLAN B”

Michael Fallon estime qu’il serait dans l’intérêt du Royaume-Uni de retarder la date de sortie de l’Union afin que les négociateurs puissent s’entendre sur un meilleur accord de Brexit.

David Lidington, ministre du Bureau du cabinet qui est de fait le bras droit de Theresa May au gouvernement, a reconnu que si le vote avait lieu aujourd’hui, “il serait difficile de l’emporter”. “Mais je pense que nous avons du temps, d’ici le 11 décembre, pour défendre notre point de vue”, a-t-il ajouté.

Espérer que Bruxelles revienne sur l’accord conclu dimanche n’est qu’un “voeu pieux”, a-t-il estimé. “Il n’y a pas de plan B parce que l’Union européenne elle-même dit que l’accord qui est sur la table est celui sur lequel nous avons dû trouver un compromis.”

Après l’Irlande du Nord, Theresa May doit gagner le Pays de Galles pour rallier les élus autour de son accord.

Pour le moment, la Première ministre fait face au scepticisme du Parti unioniste nord-irlandais (DUP) qui lui fournit l’appoint nécessaire pour lui assurer une majorité à la Chambre des communes.

Le DUP a jugé vendredi que l’accord de Brexit était inacceptable en l’état.

Sa dirigeante Arlene Foster a estimé que Theresa May “perdait son temps” en faisant cette tournée et qu’elle ferait mieux de chercher à conclure un meilleur accord à Bruxelles.

“La Première ministre a renoncé, pour elle il n’y a plus qu’à accepter ce qu’on nous propose aujourd’hui. Mais moi, je n’ai pas renoncé et je pense que nous pouvons obtenir mieux”, a-t-elle dit.

TRUMP INTERVIENT DANS LE DÉBAT

Autre écueil pour Theresa May, le président américain Donald Trump a affirmé lundi que l’accord conclu entre Londres et Bruxelles allait rendre plus difficiles les relations commerciales entre les Etats-Unis et le Royaume-Uni.

“Je pense que nous devons regarder de près s’il est possible ou non de faire du commerce avec le Royaume-Uni. Parce que pour le moment, si vous regardez l’accord, il se pourrait qu’ils (les Britanniques) ne puissent pas faire de commerce avec nous”, a dit Donald Trump.

Theresa May a réfuté mardi ces mises en garde, assurant que Londres sera libre de conclure des accords de libre-échange avec des pays tiers après le Brexit et que les discussions avec Washington à ce sujet progressent.

Certains députés conservateurs partisans du Brexit pourraient apporter leur soutien à l’accord de Brexit si Theresa May dit quand elle compte se retirer du pouvoir, écrit le quotidien The Times.

Le sort de l’accord à Westminster est très incertain, Theresa May devant faire face à une forte opposition de la part des députés des différents partis aux Communes, y compris au sein de son Parti conservateur.

Les Tories disposent de 314 sièges à la Chambre des communes (650 sièges). Sous le titre “Des Brexiters soutiendront l’accord de May si elle annonce la date de sa démission”, le Times écrit que la Première ministre subit les pressions de certains de ses propres députés pour donner le calendrier de son départ.

Une promesse de sa part de démissionner peu après la date du Brexit contribuerait à apaiser certains conservateurs, parmi lesquels des membres du gouvernement, écrit le Times, qui cite des sources au sein du cabinet May. (Avec William James, Kate Holton, Andy Bruce, Andrew MacAskill à Londres, Conor Humphries à Dublin; Jean Terzian, Eric Faye et Guy Kerivel pour le service français, édité par Tangi Salaün)

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