November 24, 2018 / 10:51 AM / 20 days ago

Brexit-Toujours pas d'avancée sur la question de Gibraltar

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BRUXELLES, 24 novembre (Reuters) - Gibraltar empêche toujours la validation unanime par les Vingt-Sept, dimanche lors d’un conseil européen extraordinaire, de l’accord sur le Brexit et d’une déclaration sur les futures relations entre Londres et Bruxelles.

Les négociateurs des Etats membres de l’Union, hors Royaume-Uni, se sont réunis en vain pendant trois heures vendredi dans la capitale belge pour tenter de lever ce dernier obstacle.

Samedi matin, alors que les négociations avaient repris, des diplomates et responsables européens déclaraient qu’il n’y avait toujours aucun signe d’avancée notable.

L’avenir du petit territoire britannique situé à la pointe sud de l’Espagne est devenu ces derniers jours le principal point de désaccord de ce dossier complexe.

La Première ministre britannique Theresa May doit s’entretenir ce samedi à partir de 18h00 (17h00 GMT) avec Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne. Elle rencontrera ensuite le président du Conseil européen, Donald Tusk.

En Allemagne, un porte-parole du gouvernement a dit son espoir de voir une solution trouvée à temps pour le conseil européen de dimanche.

Pedro Sanchez, chef du gouvernement espagnol, menace de voter contre l’accord de sortie de l’UE du Royaume-Uni et la déclaration commune si la mention que le futur statut de Gibraltar devra être négocié directement par Londres et Madrid, et non par les Européens, n’y figure pas.

Cette idée ne séduit guère ses partenaires européens qui le soupçonnent de se livrer à une manoeuvre politique pour asseoir son autorité avant les élections régionales de décembre en Andalousie.

“Les garanties ne sont toujours pas suffisantes et l’Espagne maintient son droit de veto sur le Brexit (...) S’il n’y a pas d’accord (...), le Conseil européen n’aura probablement pas lieu”, a-t-il averti dans la soirée à La Havane, où il effectue une visite officielle.

Dans les faits, l’Espagne ne dispose pas de droit de veto sur ce point. Selon l’article 50 du traité européen qui régit la sortie d’un Etat membre, l’accord de retrait doit être approuvé non pas à l’unanimité, mais à la majorité qualifiée des Etats membres.

Les dirigeants européens souhaitent cependant continuer à présenter un front uni face à Londres comme ils l’ont fait depuis le début des négociations.

“UN PARTENARIAT LE PLUS ÉTROIT POSSIBLE”

Certains conseillers diplomatiques des 27 craignent que Pedro Sanchez attende le conseil européen de dimanche pour donner son accord, afin d’afficher sa détermination face aux électeurs espagnols.

L’Espagne réclame que le gouvernement britannique s’engage par écrit, avant dimanche, à inclure une clarification sur le statut de Gibraltar dans l’accord sur le Brexit, a déclaré le secrétaire d’Etat espagnol aux Affaires européennes, Luis Marco Aguiriano, à l’issue de la réunion de Bruxelles.

“Lorsque nous aurons cette déclaration par écrit avec les autres documents, (...) le Premier ministre prendra une décision”, a déclaré Aguiriano.

Les négociateurs ont parallèlement intégré vendredi dans la déclaration commune des clauses sur le climat et les droits des expatriés qui s’ajoutent à d’autres points déjà mentionnés sur la pêche ou les marchandises.

Dans cette déclaration, les Vingt-Sept s’engagent à nouer “un partenariat le plus étroit possible” avec le Royaume-Uni après le Brexit, selon le projet de texte que Reuters a pu consulter.

A Londres, où le traité sur le retrait devra être entériné par le Parlement, Theresa May a prévenu ses compatriotes que l’Union européenne ne renégocierait pas le texte si celui-ci venait à être rejeté par Westminster.

“Si nous devons retourner devant l’Union européenne et dire: ‘Les gens n’aiment pas cet accord, est-ce qu’on peut en avoir un autre?’... Je ne pense pas qu’ils nous accueilleraient à bras ouverts en disant qu’ils vont en nous donner un meilleur”, a-t-elle déclaré sur la BBC pendant une séance de questions-réponses avec des auditeurs.

Le Parti unioniste démocrate (DUP), formation nord-irlandaise dont le soutien lui a permis de retrouver une majorité parlementaire, n’approuvera pas l’accord de sortie de l’Union européenne tel qu’il est à ce stade, a quant à elle répété sa chef de file.

“Dans l’état actuel des choses, nous ne pouvons pas le soutenir. Nous pensons qu’il existe une autre voie, une troisième voie, et nous encourageons la Première ministre à obtenir un meilleur accord sans perdre de temps”, a déclaré Arlene Foster au micro d’Ulster TV.

Si Theresa May réussit à faire adopter le projet tel qu’il est à la Chambre des Communes, le DUP “réexaminera” son accord avec le Parti conservateur, ajoute-t-elle dans un autre entretien accordé à l’antenne locale de la BBC. (Gabriela Baczynska, Alistair Smout; Guy Kerivel, Jean-Stéphane Brosse et Eric Faye pour le service français)

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