November 23, 2018 / 12:23 PM / 25 days ago

Brexit-Plusieurs grandes places financières émergeront dans l'UE

PARIS, 23 novembre (Reuters) - La sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne (Brexit), prévue pour mars 2019, devrait se traduire à terme par l’émergence de plusieurs places financières de poids sur le continent européen, estiment les régulateurs français.

Ces places financières européennes, qu’il s’agisse d’Amsterdam, de Dublin, de Francfort, de Luxembourg ou de Paris, en viendront ensuite, selon eux, à se spécialiser sur un ou plusieurs segments d’activités financières, sans pour autant se livrer à une concurrence exacerbée qui entraînerait une nouvelle fragmentation de l’Europe.

“Le Brexit (...) peut aussi représenter en partie une opportunité pour restructurer le système financier européen”, a déclaré vendredi François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, lors d’une conférence de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) sur les conséquences du Brexit.

“Il n’y aura pas une City unique pour le continent, mais plutôt un réseau polycentrique intégré de places financières, avec des spécialisations par domaines d’expertises”, a-t-il ajouté.

François Villeroy de Galhau, qui est aussi le président de l’ACPR, a ainsi pris l’exemple des Etats-Unis où la ville de New York est privilégiée par les banques de financement et d’investissement, tandis que Boston s’est spécialisée dans la gestion d’actifs.

La ville de Chicago héberge quant à elle le Chicago Board of Trade spécialisé dans les options et les contrats à terme.

“Il est probable effectivement que nous fassions face à un réseau polycentrique avec la coexistence de plusieurs places financières en complément avec Londres probablement dans une période de transition”, a également souligné Patrick Amis, directeur général de la direction générale en charge de la surveillance microprudentielle à la Banque centrale européenne (BCE).

“Comment les choses évolueront par la suite ? (...) Cela dépendra essentiellement des acteurs de marché en premier lieu et également de l’évolution des infrastructures de marché.”

VIGILANCE SUR LES PETITES SOCIÉTÉS DE GESTION

La semaine dernière, l’accord trouvé entre Bruxelles et le gouvernement britannique sur les modalités du Brexit a provoqué une véritable crise politique outre-Manche, avec la démission de plusieurs ministres.

La Première ministre britannique Theresa May a toutefois promis de se battre pour faire adopter le texte malgré la menace d’une procédure de vote de défiance à son égard.

L’Union européenne espère parvenir à un accord définitif dimanche.

Alors que l’hypothèse d’une sortie du Royaume-Uni sans accord (“hard Brexit”) n’est toujours pas écartée, les régulateurs français veut s’assurer que le secteur financier français, qu’il s’agisse des banques, des assureurs, des sociétés de gestion ou des établissements d’investissement, se sont préparés aux différents scénarios de Brexit.

Pour l’Autorité des marchés financiers (AMF), la vigilance se porte sur les petites sociétés de gestion qui n’ont pas encore suffisamment intégré les impacts du Brexit sur leurs activités.

“Le niveau d’étude, d’analyse et de préparation est très très fort du côté des acteurs de grande taille”, a indiqué Xavier Parain, secrétaire général adjoint de l’AMF en charge de la direction de la gestion d’actifs. “Les grands établissements ont bien pris la mesure du Brexit dans les principaux points.”

“On a beaucoup plus de vigilance sur les acteurs de petite taille ou de moyenne importance. On a l’impression qu’aujourd’hui, l’étude n’a pas été encore complètement menée.”

Dans le secteur de l’assurance, l’ACPR veille à ce qu’en cas de Brexit sans accord, les compagnies d’assurance britanniques soient en mesure d’honorer les contrats d’assurance, surtout pour les contrats couvrant des risques de long terme comme dans la responsabilité civile médicale ou d’assurance construction.

La BCE a de son côté dit lundi que 25 banques, ayant centralisé leurs activités européennes à Londres, étaient en bonne voie pour conserver leur licence d’opérer au sein de l’Union européenne.

En comptant les sociétés d’investissement, ce nombre s’élève à 37 établissements.

La Société générale a dit jeudi dernier qu’elle serait en mesure de s’adapter à une sortie du Royaume-Uni sans accord.

Edité par Jean-Michel Bélot

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