November 26, 2018 / 6:00 AM / 21 days ago

RPT-POINT HEBDO-La crainte d'une correction plus profonde prend de l'ampleur

(Répétition sans changement d’une dépêche diffusée vendredi)

* Encore des turbulences sur les marchés d’actions

* Certains voient venir un “bear market”, d’autres pas

* Donald Trump et Xi Jinping ont rendez-vous en Argentine

* La Réserve fédérale attendue au tournant

par Patrick Vignal

PARIS, 26 novembre (Reuters) - Les marchés d’actions viennent de chuter dans un nouveau trou d’air après deux corrections depuis le début de l’année et la question, pour de plus en plus d’observateurs, n’est plus de savoir si le mouvement est passager mais plutôt s’il va se généraliser et s’amplifier.

Le marché baissier (“bear market”), caractérisé par une baisse de 20% depuis un plus haut annuel, est déjà une réalité pour de nombreux indices et pour certains secteurs, notamment les FANG, ces géants américains d’internet dont les investisseurs continuent de réajuster les valorisations en les vendant massivement.

Nicolas Chéron, responsable de la recherche marchés pour Binck.fr, prend l’exemple de l’indice boursier Italien, le Footsie MIB, très chahuté sur fond de confrontation entre Rome et Bruxelles sur les objectifs budgétaires du gouvernement de coalition au pouvoir en Italie, avec l’annonce mercredi par la Commission européenne d’une procédure disciplinaire pour déficit excessif.

“Cet indice est techniquement entré en marché baissier ou “bear market”, tout comme 30% des indices de la planète en 2018”, note Nicolas Chéron.

“Dans certains pays la correction n’est plus à craindre, elle est actée”, poursuit-il. “La question est de savoir si cette dernière va maintenant s’aggraver, se propager.”

Parmi les autres indices européens de référence, le Dax allemand (-13,5% depuis le début de l’année) est clairement menacé tandis que le CAC 40 parisien (-6,9%), résiste un peu mieux.

Aux Etats-Unis, le Nasdaq Composite a une fâcheuse tendance à flancher (-14% depuis son pic de clôture du 31 août), en raison notamment du poids dans cet indice des énormes valorisations technologiques, qui s’essoufflent après avoir été le principal moteur de l’une des plus longues séquences de hausse de l’histoire boursière américaine.

“Les indices américains auront-ils la force de terminer l’année positifs, et ainsi d’inscrire un nouveau record historique avec une série de dix années consécutives dans le vert ?”, s’interroge Nicolas Chéron. “Les opérateurs commencent à en douter.”

QUE VA DIRE LA FED ?

Les raisons pour lesquelles le climat des marchés se gâte après avoir été si porteur en 2017 sont connues, avec en tête de liste le resserrement des conditions de crédit en raison de politiques monétaires plus restrictives mais aussi les menaces que font peser sur la croissance mondiale les tensions entre les Etats-Unis et leurs principaux partenaires commerciaux, à commencer par la Chine.

Sur ce dernier dossier, il faudra suivre le sommet du G20 à Buenos Aires, avec une rencontre prévue vendredi entre le président chinois, Xi Jinping, et son homologue américain, Donald Trump, dont Paul Donovan, chez UBS, invite à ne pas attendre de miracle.

“Dans le meilleur des cas, il pourrait y avoir un accord scellé par une poignée de mains mais dénué de substance”, prédit le chef économiste monde de la branche gestion de fortune de la banque suisse. “Dans le conflit commercial en cours, ce qui importe vraiment, c’est de pouvoir tweeter victoire.”

A la querelle entre les deux premières économies du monde s’ajoutent les incertitudes politiques en Europe (Italie mais aussi Brexit) et des cycles économiques très mûrs, notamment aux Etats-Unis, où les indicateurs conjoncturels menacent de se dégrader, ce qui compliquerait la tâche de la Réserve fédérale et pourrait la conduire à revoir à la baisse le nombre de hausses de taux prévues l’an prochain (trois pour l’instant).

Dans ce contexte, la publication, jeudi, du compte rendu de la réunion monétaire de novembre de la banque centrale américaine sera décortiquée soigneusement sur les marchés.

“Il y a quelques jours, le président de la Fed, Jerome Powell, a noté qu’il voyait des signes ‘inquiétants’ d’un ralentissement mondial, mais la bonne nouvelle est que la Fed semble prête à réagir”, déclare Kristina Hooper, responsable de la stratégie de marché d’Invesco, laissant ainsi entendre qu’elle attend des signaux accommodants.

Elle pourrait obtenir des éléments de réponse avec les interventions qui se profilent de plusieurs responsables de la Fed, dont le vice-président Richard Clarida, mardi, et Jerome Powell lui-même, mercredi puis jeudi.

Il faudrait mentionner également le risque de la révision à la baisse par les entreprises de leurs prévisions de bénéfice, en raison précisément de la dégradation de l’environnement économique, ainsi que la chute des cours du pétrole, qui ont perdu 25% en six semaines..

PAS DE CATALYSEUR EN VUE

“Ce n’est peut-être pas très surprenant de voir les investisseurs se détourner des actifs risqués”, fait remarquer l’analyste Michael Hewson (CMC Markets).

“Ce que les événements des dernières semaines paraissent montrer, c’est que les marchés marchent à la confiance et qu’il ne faut pas nécessairement un gros catalyseur négatif pour l’entamer. Il s’agit plutôt d’une accumulation de petits facteurs qui, mis bout à bout, sapent lentement la résistance des marchés”.

Illustration de ce climat: vendredi, l’euro et les rendements des emprunts d’Etat de la zone euro ont nettement reculé après les chiffres inférieurs aux attentes des indices d’activité PMI “flash” en Allemagne.

La vraie question, au vu de ce paysage peu enthousiasmant, est de savoir si les marchés d’actions vont continuer de plonger ou s’ils trouveront la force de relever la tête.

“Techniquement, les signaux ne sont pas très bons parce que les récentes tentatives de rebond ont échoué lamentablement et que les catalyseurs pour un rebond digne de ce nom ne sont pas faciles à trouver”, dit Michael Hewson.

Certains, pourtant, sont moins pessimistes, à l’image de Frédéric Dodard, responsable des solutions d’investissement pour la région EMEA chez le gestionnaire d’actifs américain State Street Global Advisors.

“Peut-être entrera-t-on en “bear market” fin 2019 mais pas tout de suite”, dit-il. “La correction d’octobre nous paraît exagérée par rapport aux fondamentaux. Nous voyons la situation à court terme se stabiliser, avec peut-être même le traditionnel ‘rally’ de fin d’année.”

Voir aussi :

GESTION-Rachats massifs sur l’obligataire et les fonds techs-BAML

édité par Marc Angrand

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