November 23, 2018 / 10:58 AM / 24 days ago

LEAD 1-Le ralentissement en zone euro plus marqué qu'attendu-PMI

(Répétition §3 et §16)

* Plus bas de 4 ans pour l’indice PMI “flash” composite zone euro

* Vers une croissance de 0,3% en zone euro au T4-IHS Markit

* Les PMI allemands suggèrent un ralentissement, pas une récession

* L’euro baisse, les anticipations de hausse de taux aussi

* Les anticipations d’inflation et de hausse de taux aussi

* (Actualisé avec précisions, contexte, réaction des marchés)

par Jonathan Cable

LONDRES, 23 novembre (Reuters) - La croissance de l’activité du secteur privé dans la zone euro a été bien plus faible qu’attendu en novembre en raison notamment d’une chute des exportations sur fond de ralentissement de l’économie mondiale et de tensions commerciales, montrent vendredi les premiers résultats des enquêtes mensuelles IHS Markit auprès des directeurs d’achats.

Ces chiffres décevants, s’ils se confirment, pourraient compliquer la stratégie de la Banque centrale européenne (BCE), qui se prépare à mettre fin le mois prochain à son programme d’achats d’actifs, l’un des principaux instruments utilisés pour soutenir le crédit et l’activité ces dernières années auquel elle a consacré près de 2.600 milliards d’euros.

Conséquence: sur les marchés monétaires, l’évolution des taux montre que les investisseurs estiment désormais à moins de 90% la probabilité que la BCE décide avant fin 2019 d’un premier relèvement de taux d’intérêt.

L’indice PMI “flash” composite de la zone euro a reculé à 52,4 en novembre, son plus bas niveau depuis décembre 2014, alors que la médiane des prévisions des économistes et analystes interrogés par Reuters le donnait à 53,0 après 53,1 en octobre.

Il reste toutefois supérieur au seuil de 50, ce qui suggère une poursuite de la croissance.

“C’est un symptôme de ralentissement de la demande mondiale, le secteur manufacturier entraîne le ralentissement. La guerre commerciale est fréquemment évoquée, notamment dans l’industrie manufacturière”, a commenté Chris Williamson, chef économiste d’IHS Markit.

Un sous-indice mesurant l’évolution des commandes à l’export affiche quant à lui son plus bas niveau depuis sa création par IHS Markit en septembre 2014, à 48,9 contre 49,2.

Pour Chris Williamson, ces chiffres suggèrent un ralentissement de la croissance du produit intérieur brut (PIB) de la zone euro à 0,3% au quatrième trimestre, mais il ajoute que ce chiffre pourrait tomber à 0,2% en fonction de l’évolution de l’activité en décembre.

LA PRODUCTION PROCHE DE LA CONTRACTION

La poursuite prévisible des tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine sape l’optimisme des dirigeants d’entreprise: l’indice des anticipations d’activité est revenu de 62,1 à 60,3, son plus bas niveau depuis près de quatre ans.

Le PMI “flash” manufacturier est revenu à son plus bas niveau depuis mai 2016 à 51,5 contre 52,0 en octobre alors que le consensus le donnait stable.

Un indice mesurant l’évolution de la production qui entre dans le calcul du PMI composite s’est en outre rapproché de la zone signalant une contraction, à 50,4 après 51,3. Il n’est plus repassé sous la barre des 50 depuis juin 2013.

Le PMI “flash” des services a reculé à 53,1 après 53,7 (consensus: 53,5), au plus bas depuis octobre 2016.

En Allemagne, le PMI “flash” composite a reculé à 52,2 après 53,4 en octobre. Pour Chris Williamson, ces chiffres suggèrent une baisse de régime de l’économie allemande dans son ensemble sans pour autant augurer d’une poursuite de la contraction enregistrée au troisième trimestre.

“La situation économique sous-jacente en Allemagne reste saine. La tendance générale est au ralentissement de la croissance, pas à la récession”, a-t-il dit.

Le produit intérieur brut (PIB) allemand s’est contracté de 0,2% au troisième trimestre, confirment les statistiques détaillées publiées en début de journée.

En France, le PMI “flash” composite s’est établi à 54,0 après 54,1 en octobre, alors que les économistes interrogés par Reuters l’attendaient à 53,9 en moyenne.

L’indice du secteur manufacturier, en retrait de 0,5 point à 50,7, est au plus bas depuis 26 mois et celui des nouvelles commandes au secteur sont tombées sous la barre de 50 pour la première fois depuis novembre 2016, les industriels signalant une faiblesse de la demande dans l’automobile.

Les marchés ont surtout accusé le coup des chiffres allemands, l’euro cédant du terrain face au dollar pour revenir sous 1,1370 contre plus de 1,1410 auparavant.

Sur le marché des emprunts d’Etat, le rendement du Bund allemand à dix ans, référence pour la zone euro, est parallèlement repassé sous 036% contre 0,38% dans les premiers échanges.

Parallèlement, le taux d’inflation “à cinq ans dans cinq ans”, un baromètre des anticipations d’évolution de l’inflation très suivi par la BCE, est revenu à 1,6462%, son plus bas niveau depuis novembre 2017.

* Les chiffres détaillés des PMI “flash”:

Michael Nienaber à Berlin, Yann Le Guernigou et Marc Angrand à Paris, édité par Patrick Vignal

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below