November 22, 2018 / 4:22 PM / 25 days ago

Après les épargnants, les institutionnels boudent les BTP Italia

MILAN, 22 novembre (Reuters) - L’adjudication par l’Italie d’obligations indexées sur l’inflation a été boudée par les investisseurs institutionnels mercredi et jeudi comme elle l’avait été par les individuels en début de semaine, soulevant des interrogations sur la capacité du pays à se financer l’an prochain.

Le gouvernement populiste souhaite convaincre la population d’investir dans les obligations d’Etat pour contrer la baisse de la demande des non résidents et l’impact de la fin imminente du programme d’achat d’actifs de la Banque centrale européenne.

Conçus pour les petits investisseurs, les BTP Italia offrent une prime généreuse sur le taux d’inflation et rapportent encore plus s’ils sont conservés jusqu’à leur maturité.

L’adjudication menée cette semaine, en plein bras de fer avec Bruxelles sur la dette, n’a permis de vendre que 863 millions d’euros d’obligations 2022 aux particuliers et 1,30 milliard aux institutionnels.

Il s’agit d’un des plus mauvais résultats depuis la création des BTP Italia au plus fort de la crise de la zone euro en 2012.

“Cette adjudication confirme (...) qu’il sera difficile l’an prochain de susciter de la demande pour la dette italienne”, déclare Luca Cazzulani, stratège taux chez UniCredit.

“L’opération a coïncidé avec une période d’incertitude élevée et de faible visibilité. Les acheteurs des précédents BTP Italia en mai subissent une perte de plus de 10%. Cette prudence était à prévoir.”

En mai, les épargnants avaient acheté pour 4,1 milliards d’euros de BTP Italia et les professionnels des marchés pour 3,65 milliards. Il s’agissait de l’ultime adjudication de BTP avant l’arrivée aux affaires du gouvernement de coalition populiste, qui a provoqué une envolée des rendements obligataires.

La chute des cours des obligations - qui évoluent à l’inverse des rendements - a empêché de nombreux gérants d’alléger leurs portefeuilles pour faire de la place pour le nouveau papier, a dit un trader basé à Milan.

L’Italie, dont la dette est proportionnellement la deuxième plus élevée de la zone euro après la Grèce, doit vendre pour 250-260 milliards d’obligations l’an prochain pour rembourser 200 milliards d’euros d’emprunts arrivant à échéance et financer le déficit budgétaire.

Les ménages italiens détenaient près d’un cinquième de la dette nationale en 2011-2012 mais cette proportion est tombée à 5% avec le programme d’achat de titres mené ces quatre dernières années par la Banque centrale européenne pour soutenir l’activité dans la zone euro.

Avec l’arrêt annoncé en décembre des achats de la BCE, le Trésor mise sur une relance des BTP Italia mais la demande n’a pas suivi lors des quatre jours d’adjudication cette semaine.

Davide Iacovoni, le directeur général du Trésor en charge de la gestion de dette, a mis en cause les fortes fluctuations des prix de marché ces derniers mois.

“La volatilité sur les marchés a conduit à la prudence, surtout parmi les investisseurs les plus riches qui font appel à des conseillers de patrimoine et gestionnaires d’actifs”, a-t-il dit à Reuters mercredi.

Voir aussi : BREAKINGVIEWS-Italian savers send Rome a warning on debt (Valentina Za et Luca Trogni, Véronique Tison pour le service français)

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