November 12, 2018 / 10:14 AM / a month ago

Guindos (BCE) évoque un risque d'extension de la crise italienne

FRANCFORT, 12 novembre (Reuters) - La crise du budget italien soulève des inquiétudes plus larges sur la capacité de Rome à gérer sa dette publique et sur le risque d’une propagation des turbulences à d’autres pays, a déclaré lundi Luis de Guindos, le vice-président de la Banque centrale européenne (BCE).

Alors que le gouvernement de Rome reste en désaccord avec la Commission européenne sur son budget 2019, la BCE a clairement laissé entendre qu’elle n’interviendrait pas pour faire baisser les coûts de financement du Trésor italien, la hausse des rendements des emprunts d’Etat étant à ses yeux la conséquence de la remise en cause des règles européennes par la coalition gouvernementale.

“En Europe, nous observons une résurgence des inquiétudes sur la soutenabilité de la dette”, a dit Luis de Guindos lors d’une conférence.

“En ce qui concerne les finances publiques, l’Italie est le cas le plus évident en ce moment, en lien avec le niveau global d’endettement et les tensions politiques autour des projets budgétaires du gouvernement italien.”

Il a ajouté que la réaction “forte” des marchés à ces projets alimentait les inquiétudes pour les banques, qui détiennent une part importante de la dette publique italienne et dont les bilans sont affaiblis par la baisse des cours des obligations souveraines.

La Commission européenne a rejeté le mois dernier le projet de budget présenté par le gouvernement italien et a donné à ce dernier jusqu’à mardi pour corriger sa copie, mais les déclarations des dirigeants politiques de la péninsule laissent entende que Rome ne reculera pas, au risque d’une escalade et d’une procédure de sanction.

“La réaction forte des marchés aux événements politiques a ravivé les inquiétudes liées au lien entre souverains et banques dans certaines parties de l’Europe”, a dit Luis de Guindos. “Même si la contagion est limitée pour l’instant, elle reste une éventualité.”

Le vice-président de la BCE a aussi évoqué le risque d’un retournement conjoncturel aux Etats-Unis, la phase d’expansion actuelle excédant par sa durée les références historiques.

Il a aussi évoqué les conséquences possibles de l’appréciation du dollar et des tensions commerciales.

“Cela pourrait déclencher un effet domino qui conduirait à un fort mouvement vendeur et de nouvelles pressions sur les prix des actifs dont les valorisations sont élevées, avec la possibilité d’une propagation aux marchés financiers de la zone euro”, a-t-il dit.

Balazs Koranyi; Marc Angrand pour le service français, édité par Patrick Vignal

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