October 30, 2018 / 12:54 PM / 2 months ago

Birol (AIE) s'inquiète de l'impact des prix élevés du pétrole

SINGAPOUR, 30 octobre (Reuters) - Les prix élevés du pétrole font du tort aux pays consommateurs et pourraient aussi avoir des effets négatifs pour les producteurs, a averti mardi Fatih Birol, le directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

De grandes économies émergentes comme l’Inde et l’Indonésie ont été touchées de plein fouet cette année par la hausse des cours du brut qui, bien qu’en repli ce mois-ci, affichent encore une progression de 15% depuis le 1er janvier.

La facture pétrolière de ces pays importateurs a en outre été alourdie par la dépréciation des monnaies émergentes face au dollar. En Inde, l’envolée des cours des prix de l’essence a provoqué des manifestations.

“Les déficits des comptes courants de nombreux pays ont été affectés par le niveau élevé des prix du pétrole”, a déclaré Fatih Birol lors d’une conférence sur l’énergie à Singapour.

“Les pressions baissières sur la croissance mondiale de la demande de pétrole s’exercent sous deux formes. La première tient au niveau élevé des prix du pétrole, qui dans beaucoup de pays se répercutent directement sur les prix à la consommation. La deuxième se traduit par un ralentissement de la dynamique de la croissance économique mondiale.”

L’impact de la hausse des prix est d’autant plus sensible en Asie du Sud-Est où la demande augmente fortement mais la production diminue, ce qui a pour résultat que la région est devenue importatrice nette de pétrole, de gaz et de charbon, a poursuivi le directeur exécutif de l’AIE.

Pour autant, Fatih Birol continue de tabler sur une poursuite de la hausse de la demande de pétrole.

“Même avec la montée en puissance des véhicules électriques, la demande mondiale de pétrole continuera d’augmenter car elle est alimentée par des secteurs comme la pétrochimie ou l’aviation, parmi d’autres”, a-t-il dit.

Le géant minier BHP Billiton, qui a des actifs dans les hydrocarbures mais compte aussi profiter de la demande de matières premières entrant dans la composition des batteries de voitures électriques, table sur une hausse moyenne de 1% de la demande de brut sur les 10 à 15 prochaines années.

“Même si les prévisions les plus ambitieuses se réalisent pour l’essor des véhicules électriques (...) on continuera de voir de la demande de pétrole en provenance d’autres secteurs”, a déclaré Arnoud Balhuizen, directeur commercial de BHP, lors d’une conférence séparée à Melbourne.

Satisfaire cette demande supposera de nouveaux et substantiels investissements dans l’industrie pétrolière sur les cinq à dix prochaines années, a-t-il ajouté.

Plus que le pétrole, Fatih Birol a dit prévoir un boom de la demande de gaz naturel liquéfié (GNL), qui devrait augmenter d’un tiers dans les cinq prochaines années pour dépasser les 500 milliards de mètres cubes par jour à l’horizon de 2023.

Le Qatar, l’Australie et les Etats-Unis fourniront à eux trois 60% de l’offre mondiale en 2023, a-t-il ajouté.

La demande est essentiellement tirée par la Chine, dans le cadre de sa transition du charbon vers le gaz naturel.

A Melbourne, Arnoud Balhuizen s’est fait l’écho de cette prévision. “Le GNL est une matière première qui bénéficie de très fortes perspectives de demande”, a-t-il dit. (Koustav Samanta et Roslan Khasawneh, Véronique Tison pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

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