October 25, 2018 / 3:30 PM / 21 days ago

Draghi-Pas de soutien de la BCE à l'Italie sans plan d'aide

FRANCFORT, 25 octobre (Reuters) - L’Italie devrait négocier un accord de soutien de l’Union européenne avant de pouvoir bénéficier d’une aide de la Banque centrale européenne (BCE), a déclaré jeudi le président de la BCE, Mario Draghi.

La Commission européenne a rejeté mardi le projet de budget 2019 présenté par Rome en estimant qu’il enfreignait les règles du pacte de stabilité et de croissance européen. Le gouvernement italien a jusqu’au 14 novembre pour lui soumettre un projet amendé et éviter ainsi des sanctions.

Mario Draghi, lui-même italien, a réaffirmé sa confiance dans la possibilité d’un compromis entre l’Italie et la Commission lors de la conférence de presse qui a suivi la réunion de politique monétaire de la BCE.

Mais, confirmant des informations obtenues par Reuters de plusieurs sources ces dernières semaines, il a ajouté que la BCE ne volerait au secours de l’Italie en cas de besoin que si Rome concluait avec le Mécanisme européen de stabilité (MES) un programme d’ajustement, soit un plan d’aide assorti de conditions strictes en matière de réformes structurelles.

Dans ce cas seulement, la BCE pourrait acheter des obligations d’Etat italiennes sur les marchés dans le cadre de son dispositif OMT (“Outright Monetary Transactions” ou “opérations monétaires sur titres”), un outil dont la banque centrale s’est doté en 2012 pendant la crise grecque mais qu’elle n’a jamais utilisé.

“Ce dont dispose la BCE dans le cas d’un pays particulier, ce sont les OMT”, a dit Mario Draghi.

“Et les OMT sont soumises à l’existence d’un programme avec le MES et sont aussi soumises à une évaluation du Conseil des gouverneurs concluant que la mise en oeuvre des OMT n’engage pas la politique monétaire pour l’ensemble de la zone euro”, a-t-il ajouté.

LE SOUTIEN AUX ETATS NE RELÈVE PAS DU MANDAT DE LA BCE

Les rendements des obligations d’Etat italiennes ont atteint la semaine dernière leur plus haut niveau depuis quatre ans et demi, certains investisseurs craignant que le conflit entre Rome et Bruxelles ne conduise à la sortie de l’Italie de la zone euro.

Le ministre italien des Affaires européennes, Paolo Savona, s’est récemment déclaré confiant dans le fait qu’en cas de besoin, Mario Draghi “s’occuperait de la situation” et “empêcherait une nouvelle crise grave en Europe”.

Mais Mario Draghi a souligné que le renflouement des Etats membres de la zone euro ne rentrait pas dans les obligations de la BCE.

“Notre mandat (...) est un mandat qui tend vers la stabilité des prix, pas vers le financement des déficits publics ou l’adhésion à une situation de domination budgétaire”, a-t-il dit.

L’objectif premier de la BCE est d’orienter l’inflation dans la zone euro vers un niveau légèrement inférieur à 2% par an.

Mario Draghi a également dit juger “limité” le risque de voir les tensions qui affectent les emprunts d’Etat italiens se propager à d’autres pays de la zone euro.

Mais il a souligné que ces tensions risquaient d’affaiblir les bilans des banques italiennes, qui détiennent au total quelque 375 milliards d’euros d’obligations émises par le Trésor.

Plus positif, il a cité le vice-président de la Commission européenne Valdis Dombrovskis - présent lors de la réunion de politique monétaire de jeudi - selon lequel “nous avons à nous conformer aux règles budgétaires et à les appliquer. Mais nous recherchons aussi le dialogue”. (Marc Angrand pour le service français, édité par Véronique Tison)

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