October 23, 2018 / 12:45 PM / 2 months ago

CORR-LEAD 1-Les salariés d'Ascoval réclament l'intervention de l'Etat

(Précise le lien passé entre Ascoval et Vallourec §1 et corrige le nombre de salariés du site §5)

* Salariés et élus demandent une intervention directe de l’Etat

* Le Maire appelle Vallourec à ses responsabilités

* Examen mardi des offres de rprises d’Ascoval par le justice

VALENCIENNES, 23 octobre (Reuters) - Les salariés de l’aciérie d’Ascoval et les élus du Nord ont demandé mardi au gouvernement d’intervenir directement dans le dossier de reprise de l’entreprise et exigé que Vallourec, ancien copropriétaire du site, facilite l’opération.

“Quand l’Etat veut, il peut, il y a un projet solide, des financements, il manque un coup de pouce de l’Etat. J’attends du président de la République qu’il soit celui qui relève le défi de la sidérurgie, pas le fossoyeur”, a déclaré la sénatrice centriste du Nord Valérie Létard.

Elle s’exprimait à l’issue d’une réunion entre élus, représentants du personnel d’Ascoval, Altifort, repreneur potentiel du site, et Vallourec à la veille de l’examen, par le tribunal de grande instance de Strasbourg des offres de reprise de cette aciérie située à Saint-Saulve (Nord).

Coentreprise d’Ascometal et de Vallourec, elle a été exclue début 2018 du périmètre de rachat d’Ascometal par le groupe suisse Schmolz + Bickenbach.

L’avenir d’Ascoval, qui emploie 280 salariés, est en suspens depuis que Vallourec a annoncé lundi qu’il ne subventionnerait pas la société Altifort, présentée par les pouvoirs publics comme le “repreneur probable” de l’aciérie, qui avait sollicité le fabricant de tubes sans soudure pour l’aider à financer l’opération.

La nouvelle secrétaire d’Etat à l’Economie et aux Finances Agnès Pannier-Runacher, qui avait fait le déplacement de Valenciennes pour cette réunion, a indiqué que le dossier n’était pas clos.

“Je comprends les inquiétudes des salariés, nous avons la responsabilité de vite leur apporter des réponses, nous souhaitons qu’Altifort et Vallourec reprennent le sujet et regardent comment on arrive à une solution de sortie, s’il en existe une”, a-t-elle dit.

LE MAIRE EN APPELLE À VALLOUREC

“Notre responsabilité est de trouver la meilleure équation de sortie. Si le repreneur est capable de monter un plan qui tienne la route, nous on le soutiendra. Aux côtés des collectivités locales, on est capable d’apporter du financement public”, a-t-elle ajouté.

A Strasbourg, le ministre de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire a appelé Vallourec à prendre ses responsabilités.

“Vallourec a cédé le site, ce sont des salariés qui travaillaient pour Vallourec et Vallourec ne peut pas écarter d’un revers de la main ses responsabilités en la matière”, a-t-il dit en marge d’une visite au Parlement européen.

Mais il n’a pas exclu un échec.

“Nous avons mobilisé tous les moyens de l’Etat pour qu’il y ait une solution pour les salariés d’Ascoval et pour que l’option d’une reprise, qui a toujours été mon option privilégiée, puisse aboutir, mais nous sommes un Etat responsable et un Etat responsable ne s’engage pas à la légère vis-à-vis des salariés”, a-t-il dit en assurant que l’Etat s’efforcerait de trouver une solution pour chaque salarié.

Les représentants syndicaux d’Ascoval ont laissé éclater leur colère à l’issue de la réunion. “Dormez sur vos deux oreilles Monsieur Macron on va s’occuper de vous, s’il faut tout casser pour être entendus”, a lâché, ému, Bruno Kopczinsky, représentant de l’intersyndicale.

Plusieurs sources proches du dossier évoquaient mardi une demande de délai supplémentaire de quelques jours au tribunal.

L’aciérie de Saint-Saulve, à proximité de Valenciennes, a été créée en 1975 par Vallourec, qui en a cédé l’an passé 60% des parts à Asco Industries, société placée en liquidation judiciaire au début de l’année dans l’attente d’un repreneur.

Le groupe Altifort, spécialiste des matériaux spéciaux, s’est positionné en comptant sur un engagement financier de Vallourec qui lundi a annoncé ne pas pouvoir apporter le soutien demandé par Altifort.

L’effort demandé serait de l’ordre de 51 millions d’euros, estime Vallourec, qui affirme qu’il serait “contraire à la préservation” de ses intérêts d’engager cette somme. (Pierre Savary, avec Gilbert Reilhac à Strasbourg, édité par Yann Le Guernigou)

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below