October 23, 2018 / 10:59 AM / 2 months ago

LEAD 2-Pour le prince héritier saoudien, la conférence de Ryad est un succès

(Avec déclarations de “MBS”)

RYAD, 23 octobre (Reuters) - Le prince héritier saoudien Mohamed ben Salman a affirmé mardi que la conférence sur les investissements organisée à Ryad était un “succès” malgré le boycott de nombreux dirigeants et chefs d’entreprise à la suite du meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi.

“Plus de monde, plus d’argent”, a commenté “MBS”, dont plusieurs membres de l’entourage auraient liquidé le journaliste très critique à son égard lorsqu’il s’est rendu au consulat d’Arabie saoudite à Istanbul le 2 octobre.

Après l’avoir farouchement nié, Ryad a reconnu ce week-end que Jamal Khashoggi avait bien été tué au cours d’une “rixe”, sans toutefois donner d’indication sur le lieu où se trouverait son corps. Le roi Salman a assuré mardi que les responsables de cette affaire et ceux qui ont “manqué à leur devoir” devraient rendre des comptes.

L’affaire a tourné au scandale diplomatique et de nombreux dirigeants occidentaux ont préféré boycotter le forum sur les investissements - appelé le Future Investment Summit (FII) - qui s’est ouvert ce mardi et s’achèvera jeudi à Ryad.

L’Arabie saoudite va signer à cette occasion pour plus de 50 milliards de dollars (43,6 milliards d’euros) de contrats dans les secteurs du gaz, du pétrole et des infrastructures, a claironné Mohamed ben Salman.

Le prince a été très applaudi lorsqu’il est apparu, tout sourire, dans la salle de conférence, en retard sur l’horaire prévu après avoir rencontré la famille de Jamal Khashoggi, dont son fils.

Le ministre de l’Energie saoudien a admis que le premier exportateur mondial traversait “une sorte de crise”, tout en ajoutant que le pays irait de l’avant dans sa volonté de diversifier l’économie.

Total, Hyundai, Norinco, Schlumberger, Halliburton, Baker Hughes et Trafigura sont au nombre des sociétés concernées par les contrats accordés par le royaume, selon la télévision publique saoudienne.

Le PDG de Total, Patrick Pouyanné, qui s’exprimait à Ryad, a annoncé mardi que le groupe français déploierait un réseau de stations-service en partenariat avec l’entreprise publique pétrolière Saudi Aramco.

Total avait justifé lundi sa présence par le fait que le groupe pétrolier “n’a jamais été favorable aux mesures de sanctions et d’isolement, par exemple contre la Russie, l’Iran ou le Qatar, ni aux mesures de boycott”.

Dans le cadre de la deuxième phase de la raffinerie Satorp, coentreprise entre Total et Aramco, un complexe pétrochimique intégré et un parc en aval devraient également être bâtis.

Trafigura Group devrait une fonderie de cuivre, de zinc et de plomb.

A l’inverse de Total, nombre d’entreprises et hauts responsables ont renoncé à se rendre au FII à la suite du meurtre de Jamal Khashoggi.

Le PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, a ainsi annoncé mardi qu’il ne se rendrait pas à Ryad en raison d’une réunion de professionnels de l’énergie avec le président Emmanuel Macron.

Le fondateur et PDG du japonais SoftBank Group Masayoshi Son a annulé mardi sa prise de parole, selon une source au fait du dossier.

Le fonds public saoudien (PIF) a accepté d’investir 45 milliards de dollars (39 milliards d’euros) dans le Vision Fund du groupe nippon et possède par ce biais des participations dans une soixantaine de sociétés, dont la plupart devraient participer au FII. (Maha Dahan et Rania El Gamal Catherine Mallebay-Vacqueur et Tangi Salaün pour le service français)

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