October 17, 2018 / 1:08 PM / 2 months ago

FINANCE-La France accélère dans les fintechs encore peu rentables-étude

* La vague fintech n’a débuté qu’en 2014 en France

* Investissements en France 2 fois moins élevés que la moyenne européenne

* Moins de 20% des fintechs françaises disent être rentables

par Matthieu Protard

PARIS, 17 octobre (Reuters) - La France a rattrapé ces deux dernières années son retard en matière de créations de sociétés financières innovantes (fintechs) mais ce nouveau secteur peinent encore à être rentable, montre mercredi une étude d’Exton Consulting et de Finance Innovation.

Pour les auteurs de l’étude, les fintechs françaises, dont le nombre est actuellement estimé à près de 500, bénéficient du soutien des pouvoirs publics et des régulateurs et veulent pour la majorité d’entre elles internationaliser leurs activités.

Les investissements dans ces jeunes entreprises sont dans le même temps en augmentation avec un investissement moyen de 4,7 millions d’euros, montant qui reste néanmoins deux fois moins élevé que la moyenne européenne tirée par le dynamisme du Royaume-Uni et 3,5 fois moins que la moyenne aux Etats-Unis, soulignent le cabinet de conseil Exton Consulting et le pôle de compétitivité Finance Innovation.

“La vague fintech a débuté plus tardivement en France. C’est à partir de 2014 que le phénomène prend véritablement de l’ampleur”, expliquent les auteurs de l’étude. “Près d’un tiers (des fintechs françaises, ndlr) ont été créées au cours des 24 derniers mois.”

Ces derniers mois, l’écosystème s’est aussi étoffé avec le lancement de plusieurs structures d’accueil et d’accompagnement des jeunes entreprises innovantes, comme La Place au palais Brongniart, à Paris, ou l’incubateur Le Swave installé dans le quartier d’affaires de La Défense.

S’y ajoutent aussi les investissements et les initiatives des banques et assureurs français comme Axa, BNP Paribas ou Société générale.

DÉFI DE LA RENTABILITÉ

Cette nouvelle génération d’entreprises innovantes dans le secteur financier opère dans un éventail de domaines, même si celui des systèmes et moyens de paiement est le plus mature.

Les “néobanques”, comme Orange Bank, le britannique Revolut, l’allemand N26 ou encore le français Younited Credit, viennent chasser sur les terres des établissements bancaires traditionnels.

D’autres ont fait le choix de se développer dans les technologies financières comme la blockchain, la cybersécurité, la cryptographie, l’intelligence artificielle ou encore la signature électronique.

En revanche, l’étude montre que ces fintechs françaises doivent encore relever le défi de la rentabilité.

“Beaucoup de fintechs ‘vivotent’, peinant à atteindre des revenus significatifs”, remarquent les auteurs. “Près de 60% des fintechs créées il y a plus de cinq ans n’atteignent pas encore le million d’euros de revenus.”

L’étude montre que plus de la moitié des fintechs françaises enregistrent moins de 300.000 euros de revenus annuels et que moins de 20% d’entre elles déclarent être rentables.

En 2017, le chiffre d’affaires cumulé de ces jeunes entreprises de la finance est estimé à près de 800 millions d’euros, soit, selon l’étude, 1% environ des revenus dégagés par l’industrie financière en France.

Le 10 octobre, l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) a de son côté pointé du doigt le faible niveau de rentabilité de la plupart des banques en ligne et des néobanques en raison des dépenses d’investissement et de marketing et de revenus structurellement faibles.

Edité par Dominique Rodriguez

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