October 16, 2018 / 1:05 PM / 2 months ago

ENQUÊTE -Les investisseurs moins enthousiastes sur Wall Street-BAML

LONDRES, 16 octobre (Reuters) - L’appréciation des investisseurs internationaux sur les perspectives de l’économie mondiale est au plus bas depuis la crise financière de 2008, montre mardi une enquête de Bank of America Merrill Lynch, qui fait aussi ressortir une nette réduction de l’exposition des portefeuilles aux actions américaines.

Les investisseurs interrogés entre le 5 et le 11 octobre, qui gèrent au total 646 milliards de dollars (558 milliards d’euros) d’actifs, restent globalement surpondérés en actions, mais le pourcentage de surpondération, à 22%, n’est que légèrement supérieur à son plus bas récent de 19%.

Signe de prudence, la part des liquidités dans leurs portefeuilles a été portée à 5,1%, ce qui équivaut à une surpondération de 36%, donc nettement au-dessus de la moyenne de 4,5% des dix dernières années.

Les réponses aux questions sur les perspectives d’évolution de la croissance mondiale montrent un solde net de 38% prédisant un ralentissement, le pire résultat depuis novembre 2008.

Le risque de guerre commerciale est considéré comme le plus important par un solde net de 35% des réponses.

Les investisseurs sont aussi moins optimistes pour les perspectives de résultats des sociétés cotées, 20% d’entre eux tablant désormais sur une détérioration au cours de l’année à venir.

Les motifs de préoccupation ne manquent pas, à commencer par la hausse des rendements des emprunts d’Etat américains, la perspective du resserrement des politiques monétaires et les divers signaux augurant d’un possible ralentissement de la croissance économique et de la progression des profits aux Etats-Unis.

S’y ajoutent des interrogations sur la capacité des valeurs technologiques à justifier durablement leur popularité auprès des investisseurs. Selon l’enquête de BAML, les “techs” américaines et chinoises restent néanmoins le compartiment privilégié pour le neuvième mois d’affilée.

Les résultats montrent aussi une chute de 17 points de pourcentage, à quatre points seulement, du solde net de surpondération des actions américaines, les valeurs japonaises ayant ravi à Wall Street le titre de marché favori des investisseurs avec 18% de surpondération.

Le déclin des valeurs européennes se poursuit parallèlement avec une baisse de six points de pourcentage du solde de surpondération, au plus bas depuis décembre 2016.

Les investisseurs restent toutefois sous-pondérés sur les obligations, signe qu’ils sont encore réticents à un désengagement total des actifs à risque.

“Les investisseurs sont pessimistes sur la croissance mondiale mais pas assez pessimistes pour laisser entrevoir autre chose qu’un rebond des actifs à risque à court terme”, en déduit Michael Hartnett, directeur de la stratégie d’investissement de BAML.

L’enquête chiffre par ailleurs à 3,7% le niveau que devrait atteindre le rendement des Treasuries à dix ans pour déclencher une rotation des actions vers les obligations. Il s’agit du chiffre le plus élevé enregistré depuis que cette question est posée, en mars.

Le rendement à dix ans américain est proche de 3,16% mardi après un repli d’une dizaine de points de base par rapport à son récent pic.

Un solde net de 51% des gérants juge parallèlement le dollar surévalué “notamment contre les devises émergentes, perçues comme n’ayant jamais été aussi sous-évaluées depuis la création de l’enquête”, précise BAML.

Marc Angrand pour le service français, édité par Véronique Tison

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