October 15, 2018 / 1:58 PM / 2 months ago

USA/BOURSE-Obstacles en vue pour le nouvel indice de la communication

* L’indice lancé le 24 septembre en baisse de plus de 5% en octobre

* Facebook, Alphabet, Twitter confrontés au risque réglementaire

* Netflix attendu sur ses abonnés à l’international

par April Joyner

NEW YORK, 15 octobre (Reuters) - Le regroupement de valeurs médias de l’ancien monde et du nouveau n’est peut-être pas une combinaison gagnante pour le nouvel indice S&P-500 des services de communication à Wall Street, dont les poids lourds sont confrontés à diverses menaces.

Le secteur reconstitué, lancé le 24 septembre, réunit des valeurs des télécoms, de l’internet, des médias et du divertissement comme AT&T, Walt Disney et Twitter .

Trois des cinq valeurs du groupe dit des FAANG - Facebook , Netflix et Alphabet, la maison mère de Google - représentent à elles seules la moitié de la capitalisation de l’indice.

Facebook et Alphabet étaient auparavant dans le secteur des hautes technologies et Netflix est un transfuge du compartiment de la consommation discrétionnaire.

Les deux autres stars du club des FAANG, Amazon.com et Apple, restent pour l’une dans la consommation discrétionnaire et pour l’autre dans le secteur des techs.

L’arrivée de Facebook, Alphabet et Netflix, trois poids lourds du S&P, a réveillé l’ancien indice sectoriel des télécoms qui, consolidation oblige, ne regroupait plus que trois valeurs.

De fait, le nouvel indice des services de communication s’est largement aligné sur celui des techs, y compris pour dégringoler la semaine dernière quand le S&P-500 a perdu 5,3% sur les deux séances de mercredi et jeudi.

Les deux indices se sont légèrement repris vendredi mais ils affichent depuis le début du mois d’octobre des reculs de 5,3% pour les services de communication et de 6,0% pour les techs.

D’un côté, les valeurs plus traditionnelles du nouvel indice amortissent ses fluctuations par rapport au secteur technologique plus volatil, de l’autre ces mêmes valeurs moins porteuses de croissance limitent son potentiel de hausse.

Surtout, trois de ses grandes valeurs de croissance - Facebook, Alphabet et Twitter - sont confrontées à des risques réglementaires que ne connaissent pas les sociétés technologiques.

Les récentes affaires de vols de données personnelles font craindre une offensive du gouvernement pour durcir le contrôle des groupes internet.

“Le mouvement de balancier de la réglementation tend à aller d’un extrême à l’autre, de ‘pas assez’ à ‘trop’, et il faudra du temps pour parvenir à un juste équilibre”, explique Scott Wren, stratège actions mondiales au Wells Fargo Investment Institute à St. Louis. “En attendant, il faut prendre en compte le risque d’une régulation excessive.”

Pour cette raison, le Wells Fargo Investment Institute a une opinion “défavorable” sur le secteur des services de communication. Bank of America Merrill Lynch et RBC Capital Markets conseillent de leur côté de le “sous-pondérer.”

DES VALORISATIONS ÉLEVÉES

Le 8 octobre, Google a annoncé la fermeture de la version grand public de son réseau social Google+ après la découverte d’une faille de sécurité qui a rendu vulnérables des données personnelles d’au moins 500.000 utilisateurs.

Facebook a pour sa part confirmé vendredi que les auteurs de la cyberattaque dont le réseau social été victime fin septembre avaient eu accès aux comptes d’une trentaine de millions d’utilisateurs et qu’ils avaient dérobé des données de 29 millions d’entre eux.

Netflix, autre valeur phare du nouvel indice, connaît des difficultés d’un autre ordre. Le titre du géant de la vidéo en ligne a chuté de 5,2% le 17 juillet après l’annonce d’une croissance inférieure aux attentes du nombre de ses abonnés à l’étranger au deuxième trimestre. Une nouvelle déception serait probablement mal reçue, avertit Daniel Morgan, gérant chez Synovus Trust Company à Atlanta.

“Ce serait une source d’inquiétude car Netflix est vraiment dépendant de l’international pour sa croissance, son activité domestique étant désormais mature”, explique-t-il.

Le groupe publiera mardi ses comptes du troisième trimestre.

Les risques entourant Facebook, Alphabet et Netflix rendent leur nouvel indice sectoriel moins attrayant que ceux des techs ou de la consommation discrétionnaire, observe Scott Wren.

Sa valorisation relative élevée ne le rend pas non plus intéressant pour les gérants “value” qui investissent dans des valeurs décotées.

Pour autant, les FAANG restent parmi les valeurs les plus recherchées à Wall Street. L’indice NYSE FANG+TM, qui réunit le club des cinq plus quelques autres valeurs de croissance, affiche une hausse de 15,1% depuis le début de l’année, bien supérieure au gain de 3,6% du S&P-500.

Mais leur popularité est aussi synonyme de potentiel de baisse en cas de retournement durable du marché.

“Les niveaux de valorisation tendent à être très élevés”, constate Tim Ghriskey, stratège chez Inverness Counsel à New York. “C’est le sujet numéro un et le risque numéro un.”

VOIR AUSSI:

GESTION-Est-il trop tard pour investir sur les valeurs techs US ?

Véronique Tison pour le service français, édité par Blandine Hénault

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