October 15, 2018 / 8:28 PM / 2 months ago

POINT MARCHÉS-Wall Street repart à la baisse, technologiques en tête (actualisé)

(Actualisé avec changes, taux et marché pétrolier)

* Le Dow a perdu 0,35%, le S&P 500 0,59%, le Nasdaq 0,88%

* Apple (-2,14%) pénalisé par l’inquiétude de Goldman Sachs sur la Chine

* L’Arabie saoudite s’ajoute aux sources de tension

* Les ventes au détail aux USA ont déçu

15 octobre (Reuters) - La Bourse de New York a fini dans le rouge lundi, de nouveau pénalisée par la baisse des valeurs technologiques sur fond d’inquiétudes multiples et récurrentes sur les taux d’intérêt mais aussi sur les tensions commerciales et géopolitiques.

Les tensions entre l’Arabie saoudite et plusieurs pays occidentaux après la disparition d’un opposant au régime de Ryad sont en effet venues s’ajouter à la montée des barrières commerciales, à la hausse du coût du crédit et aux inquiétudes suscitées par les finances publiques italiennes.

L’indice Dow Jones a perdu 89,44 points, soit 0,35%, à 25.250,55 après avoir passé la majeure partie de la séance en territoire positif.

Le S&P-500, plus large et qui avait fini en hausse vendredi après six baisses d’affilée, a cédé 16,34 points, soit 0,59%, à 2.750,79.

Le Nasdaq Composite a reculé de 66,15 points, soit 0,88%, à 7.430,74.

Le président américain, Donald Trump, a dépêché à Ryad son chef de la diplomatie, Mike Pompeo, où ce dernier doit rencontrer le roi Salman pour évoquer la disparition à Istanbul du journaliste et opposant saoudien Jamal Khashoggi.

Samedi, Donald Trump avait évoqué la possibilité d’une “sévère punition” visant l’Arabie saoudite s’il se confirmait que Jamal Khashoggi a été assassiné à l’intérieur du consulat saoudien à Istanbul, et Ryad avait brandi dimanche la menace d’une riposte en cas de sanctions économiques.

Le royaume est actionnaire de plusieurs grandes entreprises américaines et est associé au fonds Vision Fund du conglomérat japonaise SoftBank, le premier investisseur mondial dans les hautes technologies.

Ce nouveau foyer de tension s’ajoute aux différends commerciaux, à la remontée récente des rendements obligataires et aux inquiétudes liées à la politique budgétaire italienne.

VALEURS

Les valeurs technologiques ont par ailleurs souffert du repli de 2,14% d’Apple après une note d’analyse de Goldman Sachs évoquant de multiples signes de ralentissement de la demande en Chine, ce qui pourrait affecter la demande d’iPhone.

Dans le sillage du groupe à la pomme, l’indice S&P des “techs” a reculé de 1,64%. Parmi les poids lourds du secteur, Cisco Systems a perdu 2,28%, la plus forte baisse du Dow, Microsoft 1,8% et Amazon 1,55%.

A l’opposé, les défensives ont repris du terrain, à l’instar de l’immobilier (+0,51%), des services aux collectivités (“utilities”) (+0,35%) ou des biens de consommation courante (+0,60%).

“C’est presque comme si un cessez-le-feu avait été décrété sur le marché entre les partisans de la hausse et ceux de la baisse. On hésite à bouger dans un sens ou dans l’autre pour l’instant et le meilleur qualificatif pour décrire la situation est probablement ‘nerveux’”, résume Michael Antonelli, directeur des ventes institutionnelles chez Robert W. Baird.

Aux financières, Bank of America a perdu 1,9%. Si la banque a battu le consensus au troisième trimestre, la croissance des nouveaux prêts n’a pas dépassé 0,3%, contre 6% pour JPMorgan Chase & Co et 4% chez Citigroup.

Le groupe de distribution Sears Holdings a encore chuté, de 23,83%, après l’annonce de son placement sous la protection du Chapitre 11 de la loi sur les faillites.

Dans l’actualité des fusions-acquisitions, les groupes de défense Harris et L3 ont bondi respectivement de 11,87% et 12,84% au lendemain de l’annonce de leur rapprochement, qui crée un groupe de plus de 30 milliards de dollars de capitalisation.

LES INDICATEURS DU JOUR

Le compartiment de la distribution a quant à lui cédé 0,65% après l’annonce d’une hausse de 0,1% seulement des ventes au détail aux Etats-Unis en septembre, alors que le consensus Reuters tablait sur une progression de 0,6%.

L’indice “Empire State” d’activité manufacturière dans la région de New York est lui ressorti en hausse inattendue, à 21,1 contre 19,0 en septembre et 25,6 en août. Les économistes l’attendaient inchangé.

CHANGES

Le dollar a mal réagi aux chiffres des ventes au détail et accusait en fin de séance un recul de 0,17% face à un panier de référence, permettant à l’euro de remonter à 1,1580 dollar (+0,16%).

L’aversion générale au risque a profité en revanche au yen japonais et au franc suisse.

La livre sterling, elle, est revenue à son plus bas niveau depuis une semaine face au billet vert, affectée par l’absence d’avancées sur le Brexit à trois jours d’un Conseil européen présenté comme crucial.

TAUX

Les rendements des bons du Trésor américain ont fini en hausse en dépit de la volatilité des actions et des chiffres inférieurs aux attentes des ventes au détail américaines.

Le dix ans s’inscrivait à 3,154% au moment de la clôture de Wall Street, contre 3,141% vendredi soir. Il reste toutefois nettement en dessous de son pic de plus de sept ans à 3,261% mardi dernier.

Il a trouvé un soutien dans les derniers chiffres du déficit budgétaire américain, qui a atteint 779 milliards de dollars sur l’exercice clos fin septembre, au plus haut depuis 2012.

En Europe, les rendements italiens ont reculé en dépit de l’incertitude persistante sur le projet de budget. Le gouvernement de Giuseppe Conte n’a annoncé que dans la soirée avoir approuvé le projet pour 2019.. En fin de séance, celui des BTP à dix ans s’affichait à 3,555%, contre près de 3,6% vendredi.

Les rendements des emprunts d’Etat du Portugal ont eux aussi baissé, le marché saluant le relèvement d’un échelon de la note souveraine de Lisbonne par Moody’s, à Baa3 contre Ba1. Le dix ans portugais est brièvement passé sous le seuil de 2% .

PÉTROLE

Les cours du pétrole ont terminé en hausse, les tensions liées à l’Arabie saoudite ayant plus que compensé les craintes d’un ralentissement de la croissance de la demande.

Le contrat novembre sur le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) a gagné 44 cents, soit 0,62%, à 71,78 dollars le baril et le Brent 35 cents (0,44%) à 80,78 dollars.

LA SÉANCE EN EUROPE

En Europe, à l’exception de Paris, les principales places boursières ont terminé sur une hausse prudente face à la montée des tensions entre l’Occident et l’Arabie saoudite, reprenant une petite partie du terrain cédé la semaine dernière.

L’indice EuroStoxx 50 a pris 0,5%, le FTSEurofirst 300 0,2% et le Stoxx 600 0,1%. Mais ce dernier avait touché en début de séance son plus bas niveau depuis décembre 2016, accusant alors un repli de 0,72%.

À Paris, le CAC 40 a terminé pratiquement inchangé (-0,02%) à 5.095,07 points après être tombé en matinée à son plus bas niveau depuis fin mars pour se rapprocher du seuil des 5.050 points.

A Londres, le FTSE 100 a gagné 0,48% et à Francfort, le Dax a progressé de 0,78%.

Marc Angrand, avec April Joyner à New York et Medha Singh à Bangalore

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