October 12, 2018 / 4:25 PM / 2 months ago

France-Les entreprises, vivier de choix de la Garde nationale

* HSBC et Microsoft France s’engagent pour la réserve

* La Garde nationale marque samedi ses deux ans d’existence

* 85.000 recrues à la fin de l’année

PARIS, 12 octobre (Reuters) - La banque HSBC France et Microsoft France ont signé vendredi une convention avec le ministère des Armées en vue de favoriser la participation de leurs salariés à la Garde nationale, qui connaît un engouement grandissant deux ans après sa création avec plus de 72.000 réservistes, en majorité des actifs.

Créée le 13 octobre 2016 pour renforcer la sécurité du territoire à la suite des attentats de 2015, la Garde nationale vise 85.000 membres à fin 2018, dont 40.000 réservistes des armées. Fin 2017, elle comptait plus de 36.000 réservistes militaires et un nombre équivalent au ministère de l’Intérieur (gendarmerie et police), des effectifs en hausse constante.

La loi de programmation militaire 2019-2025 prévoit un budget annuel de 200 millions d’euros par an pour la réserve (dont 153 millions d’euros pour la masse salariale hors cotisations sociales) avec des mesures spécifiques en direction des entreprises pour augmenter et fidéliser le “vivier”.

“Cette volonté claire de nos armées d’aider et de promouvoir la réserve ne peut pas se passer du soutien des entreprises”, a souligné vendredi la ministre des Armées.

“Un réserviste ne peut accomplir ses temps opérationnels s’il est noyé sous un flot de procédure, embourbé dans des démarches administratives infinies”, a ajouté Florence Parly.

Plus de 500 conventions ont été signées à ce jour en France avec des entreprises parmi lesquelles Air France, Allianz, Engie, Safran, Capgemini, Renault, mais aussi le groupe Casino qui a reçu vendredi le prix de la Garde nationale pour son “investissement et son engagement” en faveur de la réserve opérationnelle. L’entreprise Options Télécom (téléphonie et internet) a également signé une convention.

La loi oblige tout employeur civil à libérer ses collaborateurs-réservistes cinq jours par année civile. Au-delà de cette période, le salarié doit solliciter l’accord de son employeur.

Actuellement, un réserviste, qui reçoit une convocation écrite un mois avant sa mission, effectue en moyenne entre 20 et 30 jours d’activité par an. L’objectif est de porter cette période à 37 jours.

DES INCITATIONS FISCALES POUR LES ENTREPRISES

Les réservistes signent un contrat rémunéré d’un an à cinq ans renouvelable afin d’apporter un renfort temporaire aux militaires pour les patrouilles Vigipirate ou Sentinelle notamment. Les réservistes servent en majorité dans l’armée de Terre (60%); ils sont quelque 15% dans la marine ainsi qu’au sein de l’armée de l’air.

C’est un réserviste de 24 ans, cadre dans le civil, qui avait abattu en octobre 2017 l’assaillant de la gare Saint-Charles de Marseille qui avait tué deux jeunes filles.

Outre les missions de protection, les réservistes peuvent participer à des missions d’assistance ou de secours en cas de catastrophe industrielle, naturelle ou technologique. Ils peuvent apporter aussi leurs compétences en cyberdéfense, finances, ou encore dans le domaine juridique.

Un réserviste bénéficie d’un complément de revenus de 1.800 euros par an en moyenne.

Selon une enquête réalisée en 2017 par Goodwill-Management auprès de 4.400 réservistes (dont 62% d’actifs) et 200 entreprises, “le réserviste améliore la performance des entreprises” en raison d’une meilleure productivité et d’une meilleure santé.

Le coût des départs en mission des réservistes pour les entreprises était estimé en 2016 à 35 millions d’euros, mais les bénéfices engendrés par leur meilleure productivité (94 millions d’euros) et les coûts évités en raison de leur bonne santé (34 millions) favorisaient des gains de performance de 93 millions d’euros, toujours selon l’étude.

Depuis février 2017, les entreprises qui mettent à disposition des salariés réservistes bénéficient d’une réduction d’impôts au titre du mécénat ou des dons en faveur d’oeuvres et organismes.

La LPM 2019-2025 augmente la durée du seuil d’activité de 30 à 60 jours, améliore la couverture sociale des réservistes et donne la possibilité aux salariés de céder des jours de repos au profit d’un collègue réserviste en vue d’une mission. (Sophie Louet, édité par Yves Clarisse)

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