October 4, 2018 / 5:52 PM / 15 days ago

Pence dénonce l'influence "malveillante" de Pékin sur les "mid-terms"

WASHINGTON, 4 octobre (Reuters) - Mike Pence s’en est pris avec virulence à la Chine jeudi dans un discours à Washington, dénonçant pêle-mêle les menées “malveillantes” de Pékin pour affaiblir Donald Trump à l’approche des élections américaines de mi-mandat ou les actions dangereuses de la marine chinoise en mer de Chine méridionale.

Devant le Hudson Institute, un centre de recherches de la capitale fédérale, le vice-président américain a détaillé des accusations déjà formulées il y a huit jours par Trump lors d’une intervention au Conseil de sécurité des Nations unies.

Au-delà de la guerre commerciale engagée entre les deux plus grandes économies mondiales, Mike Pence a évoqué des questions de géopolitique comme Taïwan, la liberté de circulation maritime et la cybersécurité.

A propos des élections au Congrès du 6 novembre, il a accusé Pékin de mener une campagne d’influence sophistiquée contre le Parti républicain, en représailles à la politique commerciale de Donald Trump.

“La Chine s’immisce dans la démocratie américaine”, a-t-il martelé, parlant d’une “campagne exhaustive et coordonnée pour affaiblir le président, notre programme et les idéaux les plus chers à notre nation”.

Mike Pence a déclaré que Pékin “avait mobilisé des acteurs clandestins, des sociétés-écrans et des organes de propagande pour modifier la perception de la politique chinoise par les Américains”. Il a ajouté que la Chine avait sciemment relevé ses droits de douane sur les produits affectant prioritairement les Etats où Donald Trump bénéficie d’un fort soutien.

Aucune preuve solide à l’appui de ces accusations d’ingérence n’a été apportée par Trump ni par Pence, au point que les commentateurs soupçonnent la Maison blanche de vouloir faire oublier l’enquête sur l’influence présumée de la Russie sur l’élection présidentielle de 2016 et imputer à la Chine un éventuel mauvais résultat du Parti républicain aux “mid-terms”.

“HARCÈLEMENT”

Washington identifie depuis longtemps la Chine comme une source majeure des actions de piratage informatique ciblant des sites fédéraux américains ou des banques de données d’entreprises américaines.

Mais ni les responsables du gouvernement ni les experts indépendants disent avoir détecté le type de manipulation systématique des réseaux sociaux ou de piratage de messageries que la Russie est accusée d’avoir effectué lors de la campagne présidentielle de 2016, dans le but de favoriser l’élection de Donald Trump.

Malgré cela, Mike Pence a déclaré que “les Russes font pâle figure en comparaison de ce que fait la Chine à travers le pays, comme me l’a récemment dit un membre éminent de notre communauté du renseignement”.

Le vice-président américain a également promis que Washington continuerait de prendre des mesures “tant que Pékin n’aura pas mis fin au vol de propriété intellectuelle américaine et n’aura pas cessé la pratique prédatrice des transferts forcés de technologie”.

Bloomberg Businessweek, citant 17 sources proches du renseignement et des entreprises, a rapporté que des espions chinois avaient placé des puces dans du matériel utilisé par une trentaine d’entreprises, ainsi que par plusieurs agences fédérales américaines, ce qui donnerait à Pékin un accès secret à leurs réseaux internes. Apple et Amazon, citées par Bloomberg, ont démenti.

Mike Pence a encore déploré le “harcèlement dangereux” de la Chine en mer de Chine méridionale, s’appuyant sur un incident survenu dimanche près des îles Spratleys et impliquant le destroyer américain Decatur.

Selon Pence, un bâtiment de la marine chinoise s’est approché à moins de 45 mètres du Decatur, “qui conduisait des opérations de liberté de navigation, contraignant notre navire à manoeuvrer rapidement pour éviter une collision”.

“La marine des Etats-Unis continuera de voler, naviguer et opérer dans tous les endroits où le droit international le permet et où nos intérêts nationaux l’exigent”, a insisté le vice-président américain. “Nous ne serons pas intimidés.”

Le ministère chinois de la Défense a déclaré que son navire avait adressé un signal au destroyer américain pour lui ordonner de quitter la zone, dont Pékin revendique la souveraineté. (Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below