October 3, 2018 / 6:01 PM / 2 months ago

LEAD 2-L'Italie promet de réduire son déficit à partir de 2020

* Déficit prévu à 2,4% du PIB en 2019, 2,1% en 2020, 1,8% en 2021

* Le ratio dette publique/PIB ramené à 126,5% d’ici 2021, dit Conte

* Il dit vouloir réduire le retard de croissance de l’Italie (Actualisé avec nouveaux chiffres, contexte, réactions des marchés financiers)

par Giuseppe Fonte et Alberto Sisto

ROME, 3 octobre (Reuters) - L’Italie réduira son déficit budgétaire à partir de 2020 et le poids de sa dette diminuera sur les trois prochaines années, a déclaré mercredi le président du Conseil, Giuseppe Conte, apaisant ainsi en partie les craintes d’une nouvelle dégradation des finances publiques de la troisième économie de la zone euro.

La coalition au pouvoir à Rome avait ravivé les craintes des investisseurs et des institutions européennes en présentant la semaine dernière des prévisions de déficit pour la période 2019-2021 plus de trois fois supérieures à celle du gouvernement précédent.

Elle avait justifié ce relâchement des contraintes budgétaires par la nécessité de financer des allègements d’impôts, d’augmenter les aides sociales pour les Italiens les plus pauvres et de revoir la très impopulaire réforme des retraites.

S’exprimant devant la presse à l’issue d’une réunion ministérielle, Giuseppe Conte a assuré que le programme de relance budgétaire n’était pas remis en cause tout en promettant que les dépenses publiques resteraient maîtrisées.

“Nous allons faire preuve avant tout de courage en 2019 parce que nous croyons que notre pays a besoin d’un budget qui permette une croissance forte”, a-t-il dit, avec à ses côtés les deux vice-présidents du Conseil, Luigi di Maio et Matteo Salvini, et le ministre de l’Economie, Giovanni Tria.

DÉTENTE SUR LES MARCHÉS

Le chef du gouvernement a confirmé prévoir un déficit de 2,4% du produit intérieur brut (PIB) l’année prochaine mais il a précisé que ce ratio serait ramené à 2,1% en 2020 et 1,8% en 2021.

Il a ajouté que le ratio dette publique/PIB repasserait sous 130% l’an prochain et qu’il serait ramené à 126,5% d’ici 2021. La dette italienne représente aujourd’hui 131% du produit intérieur brut, ce qui en fait la deuxième d’Europe rapportée à la taille de l’économie derrière celle de la Grèce.

Le gouvernement n’a pas publié ses prévisions de croissance mercredi mais Giovanni Tria a dit que l’écart entre la croissance italienne et celle du reste de la zone euro serait réduit de moitié l’année prochaine.

Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit de son côté une croissance de 1,0% en Italie en 2019, contre 1,9% pour la zone euro dans son ensemble.

Avant les annonces officielles, les informations sur la révision à la baisse des objectifs de déficit avaient permis une baisse marquée des rendements des emprunts d’Etat italiens. La Bourse de Milan, elle, avait fini la journée en hausse de 0,84%, une progression nettement supérieure à celle des autres grandes places européennes.

Le rendement de la dette italienne à dix ans, qui avait dépassé 3,43% mardi, au plus haut depuis 2014, est revenu sous 3,32%.

La coalition arrivée au pouvoir en juin à Rome, qui rassemble la Ligue, parti d’extrême droite, et le Mouvement 5 Etoiles (M5S), autoproclamé “antisystème” et régulièrement présenté comme populiste, a promis de réduire la pression fiscale et d’augmenter les aides sociales en expliquant que l’Italie avait besoin d’une relance budgétaire pour doper sa croissance.

Contrairement à ceux de ses grands voisins, comme l’Allemagne et la France, l’Italie affiche un PIB inférieur de 6% environ à son niveau d’il y a dix ans, avant la crise financière et la récession.

UN “BON SIGNAL” POUR LA COMMISSION EUROPÉENNE

Giovanni Tria a précisé que le budget 2019 inclurait une augmentation des dépenses publiques d’investissement et des incitations fiscales à l’investissement et aux embauches pour le privé.

Il a ajouté que le taux de chômage pourrait être ramené à 7%, contre environ 10% aujourd’hui.

La Commission européenne et certains autres pays de la zone euro ont exprimé leur soulagement à l’annonce d’une révision des objectifs budgétaires de Rome.

“C’est un bon signal que la trajectoire ait été revue parce que ça manifeste que les autorités italiennes entendent les préoccupations et les remarques de leurs partenaires et de la Commission européenne”, a ainsi déclaré à Paris le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Pierre Moscovici.

A Strasbourg, le ministre italien des Affaires européennes, Paolo Savona, s’est efforcé de rassurer les députés européens sur l’esprit de responsabilité du gouvernement auquel il appartient.

“Je crois qu’il n’y a aucun risque que l’Italie fasse défaut sur sa dette publique”, a-t-il dit.

“Je n’ai pas l’intention de prendre quelque mesure que ce soit contre l’euro. Au contraire, je veux le renforcer”, a ajouté celui qui a déjà par le passé remis en question l’appartenance de son pays à l’union monétaire.

Avec Massimiliano Di Giorgio; Pierre Sérisier et Marc Angrand pour le service français

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