October 3, 2018 / 7:00 AM / 14 days ago

LEAD 1-Casino-Naouri dénonce le comportement "étrange" des hedge funds

* Schéma “anormal” de positions à la vente sur le titre

* Moitié du calendrier de cessions d’actifs déjà réalisé

* Pas de cession de tout ou partie de Casino envisagée (Actualisé avec déclarations supplémentaires, cours)

PARIS, 3 octobre (Reuters) - Jean-Charles Naouri, patron d’un groupe Casino fragilisé par sa dette et celle de sa maison mère Rallye, dénonce dans un entretien publié mercredi par le Financial Times le comportement “étrange” des hedge funds alimentant la tourmente boursière dans laquelle le groupe est plongée.

Pour se désendetter, Casino a lancé en juin un deuxième plan de cession d’actifs en deux ans, pour 1,5 milliard d’euros, avant de voir sa note de crédit à nouveau dégradée par l’agence Standard & Poor’s.

“Nous respectons notre programme. Nous avons déjà réalisé la moitié de cet objectif”, dit Jean-Charles Naouri, ajoutant que le coeur de l’activité de Casino en France ne sera pas concerné par ces cessions.

Attaqué par le fonds Muddy Waters fin 2015 pour manque de transparence et accumulation de dettes, Casino a déjà été contraint de céder ses très rentables actifs asiatiques en 2016.

Mais rien n’y fait: l’action accuse une chute de près de 29% depuis le début de l’année pour une capitalisation boursière de 3,96 milliards d’euros.

“Nous avons 18 hedge funds qui nous ‘shortent’, ce qui fait que notre action est probablement la plus ‘shortée’ d’Europe”, dit Jean-Charles Naouri au Financial Times, en référence aux positions vendeuses des investisseurs, qui parient sur la baisse du cours d’une action.

“Certains fonds n’ont que six mois; d’autres n’ont qu’une position ‘short’, c’est-à-dire nous; l’un d’entre eux n’a que cinq employés. Et c’est donc assez inhabituel”, poursuit Jean-Charles Naouri. “Ils le font à leurs risques et périls”.

Il dit avoir identifié un “phénomène étrange”, suivant lequel le nombre d’actions Casino prêtées augmente de manière spectaculaire un certain jour avant la publication quelques jours plus tard d’une note négative d’un analyste entraînant une chute de l’action. Puis des hedge funds ayant juste auparavant “shorté” le titre vendent et en tirent profit.

Ce schéma s’est produit au moins quatre fois au cours des trois derniers mois, affirme Jean-Charles Naouri.

“C’est quelque chose qui est assez anormal”, dit-il. “Cela soulève des questions”.

SUCCESSION INTERNE, MAIS PAS TOUT DE SUITE

A 69 ans, Jean-Charles Naouri déclare aussi au sujet de sa succession qu’elle se fera en interne. Il juge que le groupe dispose de candidats solides à la tête de certaines de ses activités, notamment Monoprix et Franprix.

“Pour le moment, je pense qu’il est important que je sois à la barre”, dit-il. “La bataille a été plutôt rude au cours des derniers mois. Je pense que c’est un plus pour le groupe que je puisse le gérer face à tous les défis auxquels nous sommes confrontés”.

Interrogé sur une éventuelle cession, un jour, de tout ou partie de Casino à Amazon, avec qui il a annoncé un partenariat dans l’alimentaire fin mars, Jean-Charles Naouri répond: “Rien de ceci n’est sur la table”.

Il ajoute cependant que, tout en ayant l’intention de préserver l’indépendance de Casino, il reste également conscient de son devoir fiduciaire vis-à-vis de ses actionnaires en cas d’offre de rachat lucrative.

Les premières ventes de Monoprix dans le cadre du partenariat avec Amazon ont été “bien supérieures à ce qu’on attendait” et ont permis au distributeur de toucher les 97% de clients français d’Amazon qui n’étaient pas encore clients de Monoprix, déclare la patron de Casino.

“C’est profitable pour nous et il n’y a pas de cannibalisation”, dit Jean-Charles Naouri. “La marge commerciale de Monoprix est telle qu’il est possible d’en prendre une partie afin de financer la livraison et de rester rentable”.

Casino n’a pas davantage l’intention de céder Monoprix.

“Nous ne voulons pas vendre les bijoux de famille”, déclare Jean-Charles Naouri.

Concernant un éventuel rapprochement avec Carrefour , Jean-Charles Naouri s’en tient à la communication de son groupe, qui a annoncé avoir rejeté une proposition de rapprochement de son concurrent, lequel a aussitôt fermement démenti avoir entrepris la moindre démarche en ce sens.

Le lien vers l’article :

on.ft.com/2NiSGMo

Cyril Altmeyer, édité par Bertrand Boucey

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