October 2, 2018 / 12:07 PM / 13 days ago

Allemagne-Accord sur l'immigration face à la pénurie de main-d'oeuvre

BERLIN, 2 octobre (Reuters) - Les partis de la coalition gouvernementale allemande sont tombés d’accord dans la nuit de lundi à mardi sur un projet de loi sur l’immigration, destiné à attirer des travailleurs qualifiés extra-européens pour répondre à la pénurie de main-d’oeuvre et assurer la pérennité du système de retraites.

Avec une population vieillissante et un faible taux de natalité, les entreprises allemandes peinent à recruter et voient dans une immigration choisie la solution à leurs problèmes.

L’accord conclu durant la nuit entre la chancelière Angela Merkel, son ministre de l’Intérieur Horst Seehofer, dirigeant de la très conservatrice Union chrétienne-sociale (CSU), et le ministre social-démocrate du Travail, Hubertus Heil, risque toutefois d’attiser la colère des électeurs qui se sentent laissés pour compte après l’arrivée de plus d’un million d’immigrés en Allemagne depuis 2015.

Cet afflux de migrants, en majorité de jeunes musulmans venus du Proche-Orient, inquiète une partie de la population allemande.

Le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) a fait une entrée en force au Bundestag à l’occasion des élections législatives de septembre dernier et pourrait selon les sondages réaliser un bon score lors du scrutin régional du 14 octobre en Bavière, aux dépens de la CSU qui risque de perdre sa majorité absolue.

Lors d’une conférence de presse mardi avec Hubertus Heil et le ministre de l’Economie Peter Altmeier, Horst Seehofer a souligné que l’accord conclu faciliterait l’embauche en Allemagne de ressortissants extra-européens qualifiés et maîtrisant la langue allemande, sans pour autant offrir de nouvelles incitations aux migrants.

“Nous conservons intact le principe de séparation entre les demandes d’asile et l’immigration de travail”, a insisté le chef de la CSU.

“SOLUTION PRAGMATIQUE”

“Avec cet accord, nous assurons la poursuite du redressement économique en renforçant notre compétitivité”, a dit Peter Altmeier.

Les grandes lignes du projet de loi ont été approuvées par le gouvernement mardi matin.

Le texte prévoit que les entreprises allemandes puissent recruter des étrangers dans toutes les professions, sans tenir compte de la liste officielle des secteurs où la pénurie de main-d’oeuvre est la plus criante.

Il propose aussi la fin de la “préférence nationale” à l’emploi.

Des diplômés ou travailleurs étrangers ayant un minimum de ressources financières seront autorisés à passer six mois en Allemagne pour chercher du travail, s’ils possèdent certaines qualifications et maîtrisent suffisamment l’allemand.

Le compromis conclu entre conservateurs et sociaux-démocrates ne reprend toutefois pas l’idée du “Spurwechsel” (“changement de voie”) qui aurait permis à un étranger débouté du droit d’asile de rester en Allemagne s’il a un emploi et s’il s’engage à apprendre l’allemand. Horst Seehofer était farouchement opposé à cette proposition.

Est cependant prévu un statut de résident pour les demandeurs d’asile déboutés mais bien intégrés dans la société allemande, afin qu’ils puissent trouver un emploi.

“C’est une solution pragmatique qui fait que nous ne renverrons pas chez eux des gens dont nous avons besoin”, a dit Hubertus Heil. (Avec Holger Hansen; Guy Kerivel pour le service français)

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