October 2, 2018 / 7:46 AM / 14 days ago

LEAD 3-Nouvelle réunion à Rome sur le budget, l'objectif de déficit ne bougera pas

* La réunion programmée à 19h00 (17h00 GMT) doit finaliser le cadre budgétaire

* “Nous ne reculerons pas sur les 2,4%”, prévient Di Maio

* Pour le chef du M5S, Macron et Merkel espèrent la chute du gouvernement italien

* La Commission européenne se dit ouverte au dialogue

* “L’euro est notre monnaie et il nous est indispensable”, recadre Giuseppe Conte (Actualisé avec Conte et ministres européens § 6-16)

par Gavin Jones

ROME, 2 octobre (Reuters) - Une nouvelle réunion sur le budget italien est programmée ce mardi autour du président du Conseil Giuseppe Conte à 19h00 (17h00 GMT) mais la coalition ne reviendra pas sur son objectif de déficit fixé à 2,4% du PIB en dépit des pressions de Bruxelles et de ses partenaires européens, a annoncé mardi matin Luigi Di Maio.

“Nous ne reculerons pas sur les 2,4%, cela doit être clair, nous ne reculerons pas d’un millimètre”, a déclaré à la radio le chef de file du Mouvement 5 Etoiles et vice-président du Conseil italien.

Il a par ailleurs ajouté que le gouvernement de coalition n’avait pas l’intention de quitter l’Union européenne ou de sortir de l’euro. “Nous ne voulons pas sortir de l’euro et de l’UE”, a-t-il dit.

En début de matinée, Claudio Borghi, le spécialiste des questions économiques de la Ligue (l’autre parti de la coalition) et président de la commission des Affaires budgétaires de la Chambre des députés, s’est dit “véritablement convaincu que l’Italie réglerait la plupart de ses problèmes si elle avait sa propre devise”.

Ses déclarations ont aussitôt fait monter les taux des emprunts d’Etat italiens tandis que la Bourse de Milan ouvrait en baisse.

Giuseppe Conte a lui aussi recadré Borghi. “L’Italie est un pays fondateur de l’Union européenne et de l’Union monétaire et je voudrais le répéter: l’euro est notre monnaie et il nous est indispensable”, a déclaré le président du Conseil, ajoutant que toute opinion divergente n’avait rien à voir avec la ligne gouvernementale.

“MACRON ET MERKEL ESPÈRENT QUE NOTRE GOUVERNEMENT TOMBERA”

Confirmant les relations houleuses entre Rome et Bruxelles, Luigi Di Maio a noté qu’il ne faisait à ses yeux aucun doute qu’Emmanuel Macron, Angela Merkel et Jean-Claude Juncker, entre autres, souhaitaient la chute du gouvernement formé par le M5S et la Ligue d’extrême droite.

“Il y a des représentants de la Commission européenne, des membres de partis qui soutiennent cette commission, Angela Merkel, Emmanuel Macron, Matteo Renzi et Paolo Gentiloni (ndlr, les deux précédents chefs du gouvernement italien), qui espèrent que notre gouvernement tombera: c’est établi”, a-t-il déclaré.

Matteo Salvini, son homologue au sein de la Ligue, a affirmé pour sa part que l’envol des rendements sur les obligations souveraines de l’Italie n’était pas le résultat des projets budgétaires de la coalition mais des critiques émanant de représentants de l’Union européenne.

“Les mots et les menaces de Juncker et d’autres bureaucrates de l’UE continuent de creuser le ‘spread’ (ndlr, l’écart de taux entre les emprunts italiens et allemands) ? Nous sommes prêts à demander réparations à ceux qui veulent nuire à l’Italie”, a-t-il dit dans un communiqué.

La réunion programmée ce mardi soir autour de Giuseppe Conte doit permettre de finaliser les objectifs budgétaires sur la période 2019-2021.

La coalition M5S/Ligue, en place depuis le mois de juin, a dévoilé la semaine dernière ses objectifs de déficit - en porte à faux avec les engagements pris par le précédent gouvernement - mais n’a pas encore publié le document détaillant la totalité de ses objectifs financiers et économiques pour la période 2019-2021 (croissance, dette).

MISE EN GARDE DE L’UNION EUROPÉENNE

Plusieurs dirigeants de l’Union européenne ont mis l’Italie en garde, en brandissant le spectre d’une nouvelle crise de la dette dans la zone euro et en exhortant Rome à changer de cap.

A Luxembourg, où se tient une réunion des ministres européens des Finances, Valdis Dombrovskis, vice-président de la Commission européenne, a souligné mardi matin que l’exécutif européen restait “ouvert à un dialogue” avec Rome sur les questions budgétaires.

“Ce que nous observons pour le moment ne semble pas être compatible avec le Pacte de stabilité et de croissance, mais nous sommes ouverts au dialogue avec les autorités italiennes et espérons que le budget sera conforme aux exigences de ce pacte”, a-t-il dit.

Une majorité de ministres de la zone euro veulent que les règles budgétaires européennes s’appliquent à l’Italie, a rapporté le ministre autrichien des Finances, Hartwig Löger, dont le pays assure la présidence tournante de l’Union européenne.

Le commissaire chargé des affaires économiques et monétaires, Pierre Moscovici, a observé pour sa part que les Italiens étaient conscients que l’euro les protège.

“Ce que je sais pour certain, c’est que l’Italie est un pays clef de la zone euro. Il est dans l’intérêt de la zone euro d’avoir une Italie forte et il est dans l’intérêt de l’Italie d’avoir un euro fort et une zone euro forte”, a-t-il dit à la presse, appelant chacun à garder son sang froid et à travailler “dans un esprit constructif”. (avec Giselda Vagoni et Giuseppe Fonte à Rome, Jan Strupczewski à Luxembourg et Philip Blenkinsop à Bruxelles Henri-Pierre André pour le service français)

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