October 1, 2018 / 3:30 PM / 15 days ago

GRAPHES-USA-L'immobilier à l'épreuve des "5%"

* Les taux de crédit immobilier à 30 ans avoisinent 5%

* Pas encore de coup de frein sur le marché américain

* Certains acheteurs pourraient se décider dès à présent

par Richard Leong

NEW YORK, 1er octobre (Reuters) - Le marché immobilier américain, déjà confronté à des stocks resserrés et à une hausse des coûts de construction, doit subir à présent une hausse des taux de crédit immobilier à 30 ans qui approchent du seuil des 5%, ce qui n’était plus arrivé depuis des années.

Même si les prix ont augmenté régulièrement, en raison surtout d’un manque de maisons à vendre, l’immobilier reste globalement abordable grâce surtout à des coûts d’emprunt historiquement bas.

Mais la situation change.

Le taux du crédit à 30 ans est monté à 4,97% alors qu’il était de 4,23% en janvier, selon la fédération des banquiers du crédit hypothécaire (Mortgage Bankers Association, MBA). Si on prend en compte les commissions, la plupart des taux hypothécaires à 30 ans ont atteint voire dépassé les 5%.

Concrètement, quelqu’un qui veut acheter un bien immobilier payera maintenant dans les 35.000 dollars d’intérêts de plus sur un prêt de 220.000 dollars à 30 ans.

Le hausse des taux de crédit immobilier accompagne celle des taux directeurs de la Réserve fédérale; son taux d’intervention est passé de pratiquement zéro voici trois ans à 2,00%-2,25% à l’issue de sa dernière réunion de politique monétaire, la semaine passée. Et le mouvement de remontée des taux ne s’arrêtera pas là.

La banque centrale a également réduit ses avoirs en crédits immobiliers rachetés dans le cadre de sa politique dite d’assouplissement quantitatif (QE) inaugurée durant la crise de 2007-2009. Les rendements des emprunts qui exercent le plus d’influence sur les taux immobiliers ont monté car les investisseurs réclament une plus grande rémunération en période de hausse de l’inflation et de forte croissance alimentée par une massive réduction des impôts opérée en décembre 2017.

“Des taux d’intérêt plus haut, c’est embêtant pour le marché immobilier mais pour l’instant ce n’est pas un gros obstacle”, constate Ward McCarthy (Jefferies & Co).

Pour certains économistes, il faudrait que le crédit immobilier soit beaucoup plus cher pour provoquer une chute du marché.

“Il faut que les taux augmentent encore d’un point pour voir un sérieux coup de frein”, dit ainsi Aaron Terrazas (Zillow).

Les ventes dans l’immobilier résidentiel se sont affaissées cette année en raison de stocks faibles et du manque de terrains pour lancer de nouveaux chantiers.

Sans compte le manque de main d’oeuvre et la hausse des coûts des matériaux imputable en partie aux droits de douane, font valoir les analystes.

Les ventes dans l’immobilier ancien ont pareillement fléchi au printemps, alors que c’est habituellement la haute saison. Elles se sont stabilisées au volume annualisé de 5,34 millions d’unités en août mais cela représente un recul de 1,5% par rapport à août 2017, selon la fédération nationale des agents immobiliers (National Association of Realtors, NAR).

Les invendus ont augmenté à 1,92 million d’unités le mois dernier, leur première hausse depuis trois ans en variation annualisée.

Les ventes dans l’immobilier neuf ont diminué deux mois de suite avant de rebondir à un volume annualisé de 629.000 en août.

Même si les ventes de maisons neuves représentent une proportion moindre du marché de l’immobilier dans son ensemble, elles sont considérées comme étant plus importantes pour la croissance économique car elles stimulent l’activité dans le bâtiment ainsi que la consommation.

Cela étant, la demande de logements à acheter reste soutenue et les analystes font valoir que la hausse des taux du crédit immobilier risque de convaincre certains, jusque là passifs, à se lancer.

“Pour ce qui est de l’accessibilité, au moins actuellement, elle est moyenne à cette période de l’année”, dit McCarthy. “La hausse des taux hypothécaires pousse certains à s’engager sur le marché à présent”.

Les dossiers de prêt ont augmenté de 2,6% dans la semaine au 21 septembre, après un plus bas de près de 11 mois en août, selon les données de la MBA.

Les acheteurs potentiels pressent dorénavant les vendeurs de baisser leur prix, observent McCarthy. “Ils marchandent beaucoup plus”, dit-il.

Les prix immobiliers dans 20 grandes agglomérations américaines ont augmenté de 5,9% annuellement en juillet. Cela marque un ralentissement pour le quatrième mois d’affilée, après la progression de 6,8% observée en février, selon S&P/Case-Shiller.

Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Blandine Hénault

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below