October 1, 2018 / 2:45 PM / 2 months ago

LEAD 2-L'Italie cherche à rassurer la zone Euro, qui demande le respect des règles budgétaires

(Actualisé avec Di Maio sur Tria § 10)

LUXEMBOURG, 1er octobre (Reuters) - Le ministre italien des Finances a promis lundi de rassurer ses homologues de la zone euro au sujet des projets budgétaires de son gouvernement, qui a, selon lui, bien l’intention de réduire la dette publique.

“Je vais essayer d’expliquer ce qui se passe et nos projets budgétaires”, a déclaré Giovanni Tria, interrogé par la presse à son arrivée à Luxembourg pour une réunion des ministres de la zone euro. “Le rapport dette/PIB baissera”, a-t-il ajouté.

Le projet de budget adopté jeudi dernier par le gouvernement italien formé par les eurosceptiques du Mouvement 5 Etoiles et de la Ligue, prévoit un déficit de 2,4% du produit intérieur brut (PIB) pour les trois prochaines années, ce qui ne permettra pas d’atteindre les objectifs de réduction de la dette publique.

Pierre Moscovici, commissaire européen à l’économie, a souhaité lundi maintenir le dialogue avec Rome tout en insistant sur le respect des règles budgétaires de l’Union. Le projet de budget italien ne les respecte “manifestement” pas, mais l’ampleur du décalage et “la façon de le combler” doivent être déterminés, a-t-il ajouté.

Son collègue Valdis Dombrovskis, un des vice-présidents de la Commission, a jugé pareillement qu’en première analyse, le projet italien n’était “pas compatible” avec le Pacte de stabilité et de croissance de la zone euro.

Tous les Etats membres doivent faire de leur mieux pour respecter leurs engagements, a quant à lui estimé Bruno Le Maire, ministre français de l’Economie et des Finances, évoquant la situation de l’Italie.

GIOVANNI TRIA ÉCOURTE SA PRÉSENCE À LUXEMBOURG

“Les signaux qui nous sont parvenus jusqu’à présent ne sont pas très rassurants”, a jugé quant à lui son homologue néerlandais Wopke Hoekstra.

Giovanni Tria, qui devait initialement rester deux jours à Luxembourg, devrait regagner Rome dès lundi soir, après la réunion des ministres de l’Eurogroupe, et faire l’impasse sur la réunion des ministres européens des Finances (qui intègre les pays hors zone euro) programmée mardi matin, a-t-on appris au sein de son ministère.

Le ministre doit travailler sur les projets budgétaires, précise-t-on de même source. La coalition M5S/Ligue a dévoilé la semaine dernière ses objectifs de déficit mais n’a pas encore publié le document détaillant ses objectifs financiers et économiques pour la période 2018-2021.

C’est le directeur général du Trésor, Alessandro Rivera, qui représentera l’Italie mardi lors de la réunion de l’Ecofin.

Le retour anticipé de Tria à Rome n’est lié à aucune urgence particulière, a précisé Luigi Di Maio, chef de file du M5S et vice-président du Conseil italien, qui a ajouté que certaines institutions européennes, par leurs commentaires sur le budget italien, “s’amusaient à faire danser les ‘spreads’ (ndlr, l’écart de taux entre pays de la zone euro) et à faire du terrorisme sur les marchés”.

UN LONG PROCESSUS

Bruxelles peut entamer une “procédure de déficit excessif” lorsque le déficit budgétaire d’un Etat membre de la zone euro dépasse 3% du PIB ou lorsque la dette est supérieure à 60% de ce PIB et qu’elle ne diminue pas de façon satisfaisante.

Celle de l’Italie, qui est la plus importante de l’UE après celle de la Grèce, représentait 133,4 du PIB à la fin du premier trimestre 2018, selon l’office de statistiques Eurostat.

Dans le cadre du “semestre européen” instauré pour coordonner les politiques économiques, les 19 Etats membres de la zone euro doivent soumettre leur projet de budget à la Commission européenne avant le 15 octobre. L’exécutif bruxellois peut ensuite donner son feu vert, demander une révision ou rejeter le budget en bloc, ce qui n’est encore jamais arrivé.

Dans ce cas, le projet doit être intégralement revu et, si le gouvernement concerné refuse de le faire, il s’expose à des sanctions, qui ne peuvent a priori être décidées avant la publication des données définitives prévue en avril.

“Il est très important de comprendre que le processus budgétaire est long. Nous savons qu’il y a encore des négociations à Rome. Il faut les laisser suivre leur cours et donner nos réponses à la fin du processus”, a commenté Mario Centeno, président portugais de l’Eurogroupe. (Francesco Guarascio avec Philip Blenkinsop à Bruxelles et Giuseppe Fonte et Valentina Consiglio à Rome Jean-Philippe Lefief pour le service français, édité par Henri-Pierre André)

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