September 29, 2018 / 6:10 PM / 2 months ago

Le président italien met en garde le gouvernement sur la dette

ROME, 29 septembre (Reuters) - Le président italien Sergio Mattarella et le gouverneur de la Banque d’Italie Ignazio Visco ont mis en garde samedi le gouvernement contre l’augmentation de la dette publique au surlendemain de l’annonce d’un relèvement de l’objectif de déficit budgétaire par la coalition au pouvoir.

L’alliance formée par le Mouvement 5 Etoiles et la Ligue a forcé la main de son ministre de l’Economie, Giovanni Tria, dont les appels à la prudence budgétaire avaient rassuré les marchés, en s’entendant jeudi soir sur un objectif de déficit de 2,4% du produit intérieur brut dans son projet de budget pour 2019 et les deux années suivantes.

La décision, qui a pour effet de fixer un déficit trois plus fois plus important que la trajectoire retenue par le précédent exécutif, a placé l’Italie en porte à faux avec la Commission européenne et provoqué l’inquiétude des marchés financiers. La Bourse de Milan a clôturé vendredi en baisse de plus de 3,7% et le taux des obligations italiennes à dix ans a repassé le seuil de 3,2%, au plus haut depuis début septembre.

Lors d’une cérémonie au palais du Quirinal à Rome marquant le 70e anniversaire de la Constitution, le président Mattarella a rappelé que la loi fondamentale de l’Italie exigeait “des budgets équilibrés et la viabilité de la dette”, dans le but de “protéger les épargnes de nos compatriotes”.

Un peu plus tard, lors d’une conférence en Italie centrale, Ignazio Visco a déclaré que l’Italie ne pouvait se permettre d’augmenter encore sa dette, qui atteint 131% du produit intérieur brut.

“L’Italie doit favoriser l’investissement public et privé et contenir et réduire la dette publique”, a déclaré le gouverneur de la banque centrale, cité par l’agence Ansa. La dette doit être placée sur une “trajectoire descendante”, a ajouté Visco.

Le vice-président du Conseil et ministre de l’Intérieur Matteo Salvini, chef de la Ligue d’extrême droite, a répondu au chef de l’Etat en lui demandant de “rester calme”.

“Les budgets imposés par l’Europe pendant des années ont fait exploser notre dette publique (...). Nous changeons enfin de voie et parions sur l’avenir et la croissance”, a-t-il dit dans un communiqué.

L’autre vice-président du Conseil, le chef de file du mouvement antisystème 5 Etoiles Luigi Di Maio, avait affirmé avant les discours de Mattarella et Visco que les prochains budgets de l’Italie “rembourseraient le peuple pour les vols du passé”, tout en assurant que l’intention de son gouvernement n’était pas de défier ni l’UE ni les marchés financiers. (Steve Scherer Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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