September 28, 2018 / 11:44 AM / 22 days ago

Les fusions-acquisitions ralenties par les tensions commerciales

NEW YORK/LONDRES, 28 septembre (Reuters) - Le montant total des fusions-acquisitions (M&A) au niveau mondial s’est contracté de 35% au troisième trimestre par rapport aux trois mois précédents, à 783 milliards de dollars (676 milliards d’euros), l’ombre des tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine planant sur certains projets.

Le fabricant américain de puces Qualcomm a ainsi renoncé en juillet au rachat de NXP Semiconductors, faute d’avoir obtenu le feu vert de la Chine.

Cette opération de 44 milliards de dollars s’est retrouvée prise au piège du différend commercial entre les Etats-Unis et la Chine, dont l’autorisation était la seule à manquer près de deux ans après l’annonce du projet.

Cet échec a créé de l’incertitude autour d’autres transactions pour lesquelles l’accord de la Chine est indispensable, notamment le projet du conglomérat américain United Technologies (UTC) d’acheter l’équipementier aéronautique Rockwell Collins pour 23 milliards de dollars.

“Il y a des nuages ​​à l’horizon au regard des escarmouches commerciales, voire potentiellement d’une guerre commerciale avec la Chine. Il y a le risque d’un Brexit dur et les taux d’intérêt qui remontent”, dit Mark Shafir, co-responsable mondial des fusions et acquisitions chez Citigroup.

Le nombre d’opérations de M&A annoncées dans le monde est tombé à son plus bas niveau depuis 2013, à environ 9.135, et le volume mondial des transactions a baissé de 6% sur un an.

L’activité reste néanmoins supérieure à la moyenne et, sur les neuf premiers mois de l’année, les fusions et acquisitions dans le monde ont atteint un record de 3.200 milliards de dollars.

L’activité de M&A en Europe a été particulièrement robuste, avec des transactions représentant en valeur 962,5 milliards de dollars depuis le début de l’année, soit un bond de 72% comparé à la même période il y a un an. Il s’agit de la meilleure performance depuis 2007.

Au troisième trimestre, l’activité de fusions-acquisitions s’est mieux portée aux Etats-Unis que dans les autres régions du monde, avec une hausse de 14% en rythme annuel à 368,1 milliards de dollars.

En comparaison, en Europe, l’activité a chuté de 14% à 151,4 milliards de dollars tandis qu’en Asie-Pacifique, elle a plongé de 38% à 185,1 milliards de dollars, selon les données de Thomson Reuters.

LES MÉGA-FUSIONS N’AURONT PLUS LA COTE

Parmi les grosses opérations annoncées au troisième trimestre figurent l’acquisition de l’éditeur de logiciels professionnels CA par le fabricant de puces Broadcom pour 18,9 milliards de dollars. Il y a également la proposition de Dell Technologies de verser 21,7 milliards de dollars pour racheter les “actions reflets” liées à sa filiale cotée de logiciels de virtualisation VMWare.

Hernan Cristerna, co-directeur des fusions-acquisitions au niveau mondial chez JPMorgan, pense que les entreprises vont se détourner progressivement des méga-fusions mais continueront à viser des acquisitions moyennes, en dépit des incertitudes pesant sur leur environnement.

“À l’avenir, il sera difficile de maintenir en volume les transactions de plus de 10 milliards de dollars”, a-t-il déclaré.

“L’année prochaine, nous assisterons à moins de mouvements de transformation mais il y aura une importante activité entre trois et cinq milliards de dollars car les entreprises voient la pertinence des fusions et acquisitions tout en étant également conscientes des difficultés et des risques liés à une grosse transaction.”

L’aspect réglementaire reste une source de préoccupation pour ce genre d’opérations.

“Les décisions des autorités de la concurrence sont difficiles à prévoir”, déclare Alexandra Soto, directrice générale déléguée (COO) de la banque d’affaires Lazard. “La définition traditionnelle des marchés évolue et des secteurs entiers ont été bouleversés par les nouvelles technologies.”

Les entreprises restent à l’affût d’éventuelles opportunités afin de ne pas se laisser distancer, ajoute-t-elle. “Il faut savoir être opportuniste quand vous évoluez sur un marché en évolution et être en mouvement plutôt que rester immobile”, dit-elle.

Les marchés se préparent également à une vague d’acquisitions par des sociétés japonaises après le rachat du laboratoire britannique Shire par le groupe pharmaceutique nippon Takeda Pharmaceutical pour 45,3 milliards de livres (50,8 milliards d’euros).

“Beaucoup d’entreprises japonaises ont accès à d’importantes sources de liquidités et les utilisent pour stimuler la croissance des fusions-acquisitions en dehors du Japon”, note Tom Miles, directeur du M&A pour les Amériques chez Morgan Stanley.

“Nous nous attendons à ce que les sociétés japonaises poursuivent leurs fusions-acquisitions à un rythme soutenu.” (Claude Chendjou pour le service français, édité par Bertrand Boucey)

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