September 27, 2018 / 10:31 PM / 24 days ago

LEAD 5-La SEC poursuit Elon Musk pour fraude, Tesla chute en Bourse

* La SEC veut retirer à Elon Musk la direction du groupe

* L’enquête se poursuit

* Elon Musk défend son intégrité

* L’action chute (Actualisé avec sources §§4-5)

par Jonathan Stempel et Alexandria Sage

NEW YORK/SAN FRANCISCO, 28 septembre (Reuters) - La Securities and Exchange Commission (SEC), le gendarme de la Bourse de New York, a accusé Elon Musk de fraude après ses tweets “faux et trompeurs” du mois dernier sur un possible rachat de Tesla suivi d’un retrait de la cote, ajoutant être en faveur de sa mise à l’écart de la direction du constructeur de voitures électriques.

A Wall Street, l’action Tesla chutait de plus de 14% vendredi en fin de séance.

Elon Musk, selon une information de la chaîne CNBC diffusée peu avant l’ouverture du marché, a refusé de payer une amende et de céder sa place à la tête de Tesla pendant deux ans dans le cadre de la proposition de règlement faite par la SEC.

Des sources, qui ont requis l’anonymat car elles ne sont pas autorisées à évoquer le dossier publiquement, ont déclaré à Reuters qu’il pourrait y avoir un règlement bien qu’Elon Musk soit prêt à aller jusqu’à un procès.

Tesla n’a pas répondu dans l’immédiat à une demande de commentaire. La SEC s’est refusée à tout commentaire.

Dans sa plainte, la SEC affirme qu’Elon Musk a surpris les membres de son équipe et les investisseurs avec une série de tweets, dont le premier publié le 7 août expliquant qu’il envisageait de retirer Tesla de la Bourse.

Douze minutes après ce premier tweet, le responsable des relations avec les investisseurs a envoyé un message au plus proche collaborateur d’Elon Musk lui demandant si cette annonce était “légitime”, a ajouté la SEC.

L’entrepreneur de 47 ans est l’un des responsables les plus connus de la Silicon Valley à être mis en cause par la puissante commission des opérations de Bourse. Son départ porterait un coup dur à Tesla, dont la capitalisation boursière de plus de 50 milliards de dollars (43 milliards d’euros) doit beaucoup à la notoriété et à la qualité de visionnaire prêtée à son patron.

Le groupe a indiqué ce mois-ci que le département américain de la Justice, habilité à engager des poursuites pénales, lui avait également réclamé des documents au sujet des annonces de son fondateur.

“Elon est Tesla et Tesla est Elon et c’est parfait quand Elon marque des points et remporte des grands chelems, mais beaucoup moins quand il est associé à des choses négatives”, commente Karl Brauer, du cabinet de recherche Kelley Blue Book.

LE CONSEIL D’ADMINISTRATION SOUTIENT MUSK

Dans un communiqué, Elon Musk a assuré n’avoir rien fait de mal. “La mesure injustifiée prise par la SEC me chagrine énormément et elle me déçoit”, a-t-il dit.

“Mes actions ont toujours été dictées par la vérité, la transparence (...). L’intégrité est une valeur cardinale dans ma vie et les faits montreront que je ne me suis jamais comporté de la sorte.”

Le conseil d’administration a dit conserver sa totale confiance en Elon Musk.

La SEC demande pourtant qu’il soit interdit de fonctions dirigeantes dans une société cotée.

Elle a décidé de saisir la justice moins de deux mois après l’annonce par Elon Musk aux 22 millions d’abonnés de son compte Twitter d’un projet de rachat de son groupe à 420 dollars par action, suivi d’un retrait de la cote, dans le cadre d’une opération au “financement garanti.”

Le 24 août, après l’annonce de l’ouverture d’une enquête de la SEC, Elon Musk avait annoncé renoncer à son projet.

Le Wall Street Journal a rapporté jeudi que la SEC avait décidé cette action en justice après l’échec d’une tentative d’accord à l’amiable avec Elon Musk. La SEC n’a pas répondu à une demande de commentaires jeudi soir.

Selon l’autorité boursière, Elon Musk a annoncé un prix de 420 dollars par action sur la base d’une prime de 20% par rapport au cours de la clôture du jour et en référence au nombre 420, un code utilisé par les consommateurs de cannabis.

La plainte cite des courriels et des textos échangés entre Elon Musk et des responsables de Tesla. Elle évoque un message dans lequel il estime que sa compagne “trouverait cela drôle, ce qui n’est certes pas une bonne raison de fixer un prix”.

Elon Musk n’avait discuté de ce chiffre de 420 dollars avec aucun investisseur potentiel avant d’évoquer le sujet avec le conseil d’administration dans un courriel daté du 2 août.

La SEC a dit que l’enquête se poursuivait.

RIEN DE CONCRET LORS DE LA RÉUNION AVEC LES SAOUDIENS

“Ni la célébrité ni une réputation d’innovateur technologique ne mettent à l’abri des lois fédérales”, a déclaré Stephanie Aviakian, coresponsable de la division d’enquête de la SEC, lors d’une conférence de presse convoquée pour l’occasion.

Cette plainte intervient alors que Tesla peine à livrer sa nouvelle berline Model 3, jugée primordiale pour la rentabilité future de la société, après une longue série de problèmes de production et de retards.

Elon Musk, qui recourt depuis longtemps à Twitter pour critiquer les nombreux vendeurs à découvert pariant contre Tesla en Bourse, faisait déjà l’objet de plusieurs procédures judiciaires en lien avec son tweet du 7 août, lequel avait provoqué d’importantes variations du titre.

Selon la SEC, Musk “savait ou a eu l’imprudence de ne pas savoir” que ses tweets sur un rachat de Tesla à 420 dollars par action étaient faux et trompeurs, puisqu’il n’avait jamais réellement discuté du financement d’une telle opération.

Elon Musk a rencontré pendant moins d’une heure le 31 juillet trois représentants du Public Investment Fund. Lors de cet entretien à l’usine californienne de Tesla à Fremont, le chef de la délégation du fonds souverain saoudien a exprimé son intérêt pour un retrait de la cote de Tesla si les conditions étaient “raisonnables”, selon la plainte de la SEC.

Elon Musk a reconnu qu’il n’y avait eu au cours de cette réunion aucune discussion sur “les termes même les plus fondamentaux” d’une telle opération et que rien n’avait été écrit, toujours selon ce document.

La SEC ajoute que le patron de Tesla n’a pas respecté la réglementation quand il a affirmé qu’un vote des actionnaires suffirait pour lancer l’opération.

La plainte de la SEC demande une amende civile et d’autres pénalités. Le gendarme de la Bourse n’a pas de pouvoir pénal coercitif.

Voir aussi :

BREAKINGVIEWS-Musk suit could uncover Tesla’s true value (Véronique Tison, Nicolas Delame, Catherine Mallebay-Vacqueur et Dominique Rodriguez pour le service français)

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below