September 25, 2018 / 1:50 PM / 22 days ago

Le marché pas en phase avec la BCE sur la courbe de taux - Natixis

PARIS, 25 septembre (Reuters) - Les investisseurs ont une mauvaise perception de la hausse des taux à venir de la Banque centrale européenne (BCE), ce qui peut expliquer les récentes déclarations du président de l’institution sur la vigueur de l’inflation, estime Jean-Jacques Friedman, directeur des investissements de Natixis Wealth Management.

Pour le gérant, les investisseurs sont peut-être en train de reproduire l’erreur qu’ils avaient commise avec la Réserve fédérale (Fed) en anticipant tardivement et trop lentement une remontée des taux de la banque centrale américaine.

Ces anticipations s’expliquent notamment par la perspective du changement prochain au poste de président de la BCE. “Souvent, quand un patron de banque centrale s’en va, il ne veut pas être celui qui relève les taux. Cela a donné l’assurance qu’une hausse des taux n’interviendrait pas avant la fin du mandat de Mario Draghi, alors qu’il faudrait peut-être”, observe Jean-Jacques Friedman.

En poste depuis 2011, Mario Draghi cessera ses fonctions de gouverneur de l’institut de Francfort en octobre 2019. Soit peu ou prou le calendrier donné par la BCE pour un premier resserrement des taux puisque la banque centrale prévoit de maintenir les taux directeurs à leurs niveaux ultra-bas actuels, “au moins jusqu’à l’été 2019”.

Les marchés monétaires anticipaient encore jusqu’à lundi une hausse de taux de la BCE de 10 points de base en octobre de l’an prochain, mais ces anticipations ont été modifiées - les marchés tablant désormais sur septembre - après le discours de Mario Draghi devant le Parlement européen au cours duquel il a évoqué “un redressement relativement vigoureux” de l’inflation sous-jacente en zone euro.

“C’est la première fois que Mario Draghi parle d’une inflation vigoureuse”, observe Jean-Jacques Friedman. “Il faut faire passer le message au marché que la courbe des taux en Europe est beaucoup plus forte qu’anticipé. Mario Draghi veut habituer le marché à cette notion-là”.

“Il n’est pas impossible qu’il élabore à l’avenir un calendrier plus sérieux pour modifier les anticipations des investisseurs sur la hausse des taux. Le message est que les investisseurs doivent écouter ce que les banquiers centraux disent”, ajoute le gérant.

Les déclarations de Mario Draghi ont favorisé une hausse de l’euro et des rendements obligataires en zone euro. Le taux des emprunts d’Etat allemands à dix ans est ainsi remonté à près de 0,55%, au plus haut depuis la fin mai, en dépit des propos mardi de l’économiste en chef de la BCE, Peter Praet, qui a rappelé que la normalisation de la politique monétaire de la banque centrale serait lente et longue.

Selon Jean-Jacques Friedman, le rendement du Bund à dix ans, qui fait office de référence dans la zone euro, pourrait revenir autour de 0,8%, surtout si les tensions s’apaisent par ailleurs sur la situation politique et budgétaire en Italie.

Blandine Hénault, édité par Patrick Vignal

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