September 24, 2018 / 9:00 AM / a month ago

France-Le HCFP juge plausible le scénario macroéconomique du PLF

* Des hypothèses de croissance et déficit “plausibles”

* Un déficit structurel jugé encore trop élevé

PARIS, 24 septembre (Reuters) - Le Haut Conseil des finances publiques (HCFP) juge “plausibles” les prévisions de croissance et de déficit retenues par le gouvernement pour le projet de loi de finances (PLF) 2019 mais déplore encore, comme il l’avait fait pour le budget 2018, la faiblesse de l’effort structurel sur la dépense publique.

Dans son avis relatif au PLF et au PLFSS (projet de loi de financement de la Sécurité sociale) 2019 publié lundi, le HCFP souligne ainsi que le déficit structurel (hors impact de la conjoncture) de la France “reste à un niveau élevé”.

“Cette situation persistante est de nature à limiter significativement les marges de manoeuvre de la politique budgétaire en cas de fort ralentissement de l’activité économique”, a-t-il ajouté.

Le deuxième budget du quinquennat d’Emmanuel Macron a été bâti sur un scénario de croissance du PIB de 1,7% en 2019, soit le même niveau qu’en 2018, le ralentissement prononcé de l’économie française en début d’année ayant amené le gouvernement à oublier les prévisions plus optimistes faites au printemps dans le cadre du pacte de stabilité.

Le HCFP relève que ces hypothèses sont “en ligne” avec la moyenne des anticipations des organisations internationales et des instituts de conjoncture.

La prévision de Bercy pour 2018 est ainsi jugée “crédible” et celle pour 2019 “plausible”, mais “elle s’inscrit dans un contexte international marqué par des incertitudes particulièrement élevées”, s’empresse-t-il d’ajouter.

AJUSTEMENTS INSUFFISANTS

L’institution, qui est présidée par le Premier président de la Cour des comptes Didier Migaud, estime de même atteignable l’évolution des dépenses publiques programmées par le gouvernement l’an prochain (+0,6% en volume) et “plausible” celle d’un déficit public à 2,8% du PIB, après 2,6% en 2018.

Ce dernier intégrera, pour un impact estimé à 0,9 point de PIB, la transformation du crédit d’impôt compétitivité emploi en baisse de charges pérenne, un élément ponctuel qui masque une réelle baisse du déficit public (0,8 point de PIB entre 2017 et 2019).

Mais le HCFP déplore que cette réduction serait “pour plus de la moitié, de nature conjoncturelle en raison d’une croissance prévue supérieure à la croissance potentielle sur cette période.”

Le gouvernement voit le déficit structurel diminuer de 0,3 point l’an prochain après 0,1 point cette année, des ajustements insuffisants par rapport aux règles du “bras préventif” du Pacte de stabilité européen (-0,5 point par an), souligne le Haut Conseil, qui estime d’ailleurs l’effort de 2019 à seulement 0,2 point.

Prévu à 2,0% du PIB l’an prochain, le déficit structurel de la France “reste à un niveau élevé” et la France “n’aurait pas encore amorcé, à l’horizon de 2019, la réduction de son ratio de dette publique au PIB, à la différence de la quasi totalité des pays européens”, dit-il.

Le Haut Conseil conclut son avis en soulignant que “cette situation persistante est de nature à limiter significativement les marges de manoeuvre de la politique budgétaire en cas de fort ralentissement de l’activité économique”. (Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse)

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below