September 2, 2018 / 5:08 PM / in 22 days

France-Le Medef pour une remise à plat de l'assurance chômage

PARIS, 2 septembre (Reuters) - Le nouveau président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, plaide pour une remise à plat complète des règles de l’assurance chômage pour inciter plus efficacement à la reprise d’emploi.

Dans une interview à paraître lundi dans Les Echos, il rappelle en outre l’opposition de l’organisation patronale à toute taxation des contrats courts via un système de bonus-malus et souhaite que le budget de Pôle emploi soit financé séparément et plus en fonction des recettes de l’Unedic.

Prié de dire comment le Medef aborde la nouvelle négociation sur l’assurance chômage, il insiste sur la nécessité de remettre le système à plat, invoquant trois raisons : les problèmes de recrutement, qui sont devenus la première préoccupation des entreprises, la situation déficitaire de l’Unedic et le fait, selon lui, que l’on n’est plus dans un véritable système d’assurance chômage avec les réformes récentes.

“L’Unedic finance le service public de l’emploi, l’Etat garantit la dette et, dernier élément clé, il n’y a plus de cotisations salariales mais un financement universel via la CSG”, fait-il valoir.

Dans ce contexte, Geoffroy Roux de Bézieux propose la création d’”une allocation universelle forfaitaire financée par la CSG, qui intégrerait l’ASS (l’allocation de solidarité spécifique attribuée aux chômeurs en fin de droit) et potentiellement d’autres minima sociaux”.

S’y ajouterait “un régime assurantiel complémentaire obligatoire, géré par les partenaires sociaux comme c’est le cas pour les retraites complémentaires, financé par les cotisations des entreprises, non garanti par l’Etat et avec une règle d’or : l’équilibre des comptes.”

Le nouveau président du Medef évoque la possibilité d’un “troisième étage”, un régime pour les indépendants et chefs d’entreprise non assurés aujourd’hui par les cotisations.

“Enfin, le budget de Pôle emploi devrait être financé séparément. Pas en pourcentage des recettes de l’Unedic, comme aujourd’hui, car il augmente quand le chômage baisse”, dit-il.

Interrogé sur les paramètres d’un tel système, notamment la mise en oeuvre d’une possible dégressivité, il répond : “C’est un paramètre comme un autre. Mais il ne faut pas confondre plafonnement des indemnités, dont on peut discuter aussi, et dégressivité des allocations. Tout est sur la table.”

“Une chose est sûre : il faut changer radicalement les règles pour inciter plus efficacement à la reprise d’emploi”, assure-t-il.

Sur les moyens de faire face au problème des contrats courts, Geoffroy Roux de Bézieux souligne qu’il ne peut être traité par un bonus-malus “car la conséquence de la taxation, ce sera qu’il n’y aura tout simplement pas d’embauche. C’est une vision punitive de l’économie”. (Yann Le Guernigou, édité par Eric Faye)

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