August 29, 2018 / 2:21 PM / 3 months ago

France-Réflexion sur une taxe ciblant les aliments trop salés

PARIS, 29 août (Reuters) - Taxer les produits industriels trop salés sur le modèle de la “taxe soda” visant les boissons sucrées : telle pourrait être la préconisation d’un rapport parlementaire attendu fin septembre, selon des premiers éléments révélés mercredi.

Fruit du travail de la vingtaine de députés de la Commission d’enquête sur l’alimentation industrielle, créée en mars, le document pourrait inciter par la loi les fabricants à revoir leurs recettes pour préserver la santé des consommateurs.

“Ce n’est pas pour tous les industriels, seulement pour ceux qui ne seraient pas vertueux. L’objectif est de protéger les consommateurs, qui doivent avoir accès à une alimentation de qualité quels que soient leurs moyens”, a dit à Reuters la députée (La République en marche) Michèle Crouzet, rapporteure de la commission.

“Dans une grande majorité des cas, on peut très bien baisser la concentration en sel sans que cela gêne au niveau du goût ou de la conservation”, a-t-elle ajouté.

La consommation de sel des Français oscille entre neuf et 12 grammes par jour, soit le double des cinq grammes recommandés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), dont les Etats membres se sont fixé pour objectif de réduire de 30% la consommation de sel de la population mondiale d’ici 2025.

L’organisation estime que 2,5 millions de décès pourraient être évités dans le monde si la consommation de sel était ramenée au niveau recommandé.

“On n’a pas décidé encore quels types de préconisations on allait faire”, nuance Loïc Prud’homme, député (La France insoumise), président de la commission.

“Le constat que l’on peut faire, c’est que, comme dans beaucoup d’autres domaines, les engagements volontaires ne fonctionnent pas. Il faut passer par une forme de contrainte”, a-t-il dit à Reuters.

Sur la base des auditions, le député estime que les effets sur la santé publique de la “taxe soda” mise en place en 2012 “n’ont pas été flagrants”.

Les maladies cardio-vasculaires, notamment liées à une mauvaise alimentation, représentent la deuxième cause de mortalité en France et coûtent entre 12 et 15 milliards d’euros chaque année à la Sécurité sociale.

Parmi les autres idées forces du rapport figurent les questions liées à la publicité des aliments destinés aux enfants, “cibles faciles des industriels d’autant qu’ils sont prescripteurs dans les foyers” et les additifs alimentaires “dont on ne peut pas mesurer l’effet cocktail” sur la santé, souligne Loïc Prud’homme. (Elizabeth Pineau, édité par Sophie Louet)

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