July 19, 2018 / 8:35 PM / 3 months ago

Dassault ironise sur le projet d'avion de combat britannique

* Londres a dévoilé son futur avion “Tempest”

* Paris pilote déjà un projet avec Berlin pour 2040

par Cyril Altmeyer

SAINT-CLOUD, Hauts de Seine, 19 juillet (Reuters) - Le PDG de Dassault Aviation a raillé jeudi le “réveil” des Britanniques trois jours après l’annonce par Londres d’un projet d’avion de combat, parallèlement au programme franco-allemand piloté par Paris à horizon 2040.

La Grande-Bretagne, qui n’a pas développé d’avion de combat seule depuis les années 1960, a dévoilé son futur avion “Tempest” au salon de Farnborough, près de Londres.

Cette annonce fait craindre une nouvelle lutte fratricide comme celle que se livrent actuellement le Rafale de Dassault, l’Eurofighter (Airbus, BAE Systems et Leonardo ) et le Gripen du suédois Saab.

“Je vois que les Britanniques se réveillent, c’est une bonne nouvelle pour les avions de combat en général”, a dit Eric Trappier en réponse à une question lors de la présentation des résultats semestriels de l’avionneur.

Le Grande-Bretagne a toutefois contribué à développer et à construire l’avion de combat le plus avancé de la flotte britannique, qui est le F-35 de l’américain Lockheed Martin , sur lequel BAE Systems assure environ 15% du travail sur chaque appareil.

“Je vois que les Britanniques ne se satisfont pas d’un F35”, a également lancé Eric Trappier. “Ça veut dire que peut-être opérationnellement ce n’est pas ça et peut-être surtout qu’industriellement ils n’y trouvent pas leur compte. Mais ce ne sont que des suppositions”.

“IL Y A UNE INITIATIVE SOLIDE”

Paris et Berlin ont, eux, signé en juin une lettre d’intention commune désignant la France comme nation leader du projet lancé il y a un an dans le cadre du système de combat aérien du futur (SCAF), qui comprendra aussi des drones et des missiles de croisière.

Dirk Hoke, patron d’Airbus Defence and Space, a estimé lundi que la Grande-Bretagne et l’Europe devraient collaborer sur un futur système de combat aérien ou risquer une nouvelle fragmentation du marché européen de la défense. {nP6N1SB04F]

“Il y a deux initiatives, il y en a une qui est solide, qui est franco-allemande, il y en a une nouvelle qui vient d’arriver. On va voir si elle est solide, elle l’est peut-être”, a dit Eric Trappier.

Le ministre britannique de la Défense, Gavin Williamson, a chiffré lundi à deux milliards de livres (2,27 milliard d’euros) l’investissement prévu par Londres d’ici 2025 pour son avion de combat pouvant être utilisé avec des pilotes ou comme un drone, lors de la présentation d’une maquette de l’appareil à Farnborough.

“Ne croyez pas ce que vous voyez quand vous voyez une maquette. Moi, j’ai bien regardé la maquette du Tempest : d’après mes spécialistes et moi-même, on l’avait déjà vue il y a bien longtemps de ça, il y au moins 10-15 ans”, a observé Eric Trappier.

La France et l’Allemagne sont en train de définir le besoin opérationnel et les spécifications du futur avion de combat et il n’y a pas encore maquette précise et arbitrée à ce stade, a dit Eric Trappier.

“Et même s’il y en avait une, je pense qu’on garderait une certaine confidentialité, puisqu’on a des concurrents, y compris en Europe, du moins en Grande-Bretagne - ce qui n’est peut-être plus l’Europe d’ici quelque temps”, a-t-il poursuivi.

Eric Trappier, qui préside le Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (Gifas), a fait état de l’inquiétuds des industriels européens sur les conséquences de la sortie prévue du Royaume-Uni de l’Union européenne en mars 2019, faisant écho aux mises en garde récentes d’Airbus et du motoriste britannique Rolls-Royce.

“Il y a de la forte inquiétude face à l’arrivée des échéances, au mur qui se rapproche et à l’absence de négociations concrètes sur un certain nombre de sujets importants”, a-t-il noté.

La Première ministre britannique Theresa May a affiché mercredi sa volonté de maintenir le cap qu’elle a tracé pour le Brexit en dépit de l’hostilité de plus en plus vive que manifestent les adversaires de sa stratégie. (Cyril Altmeyer, édité par Véronique Tison)

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