July 9, 2018 / 2:23 PM / a month ago

LEAD 1-L'Ethiopie et l'Erythrée mettent fin à l'état de guerre

(Actualisé avec Antonio Guterres, 3e et 4e paragraphes)

par Aaron Maasho

NAIROBI/ADDIS-ABEBA, 9 juillet (Reuters) - Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed et le président érythréen Isaias Afwerki ont signé lundi à Asmara, la capitale de l’Erythrée, une “déclaration conjointe de paix et d’amitié” qui marque la fin de vingt années d’état de guerre entre les deux pays.

Cette signature fait suite à un sommet historique entre les deux dirigeants dimanche dans la capitale érythréenne, qui a réservé un accueil enthousiaste au nouveau Premier ministre éthiopien.

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a estimé lundi que le rapprochement entre Erythrée et Ethiopie était “le signe d’un vent nouveau d’espoir qui souffle sur l’Afrique”.

“La visite du Premier ministre éthiopien [dimanche à Asmara] est un succès extraordinaire”, a-t-il dit à la presse à Addis-Abéba, où il est lui-même en visite.

Après deux décennies d’hostilité, les gouvernements d’Addis-Abeba et d’Asmara sont convenus de renouer des relations diplomatiques en rouvrant leurs ambassades, de reprendre leurs liaisons aériennes ainsi que de coopérer pour développer les installations portuaires érythréennes, l’Ethiopie étant un pays enclavé.

La compagnie Ethiopian Airines reprendra dès la semaine prochaine ses vols vers Asmara, rapporte la presse éthiopienne.

Les lignes téléphoniques entre l’Ethiopie et l’Erythrée, coupées depuis vingt ans, vont être rétablies.

Entre 1998 et 2000, en raison d’un différend frontalier, les deux pays se sont livré une guerre qui a fait quelque 80.000 morts.

“L’état de guerre qui existait entre nos deux pays a pris fin. Une nouvelle ère de paix et d’amitié s’ouvre”, a écrit sur Twitter le ministre érythréen de l’Information, Yemane Gebremeskel.

L’Erythrée a obtenu l’indépendance en 1993 après trente années de lutte armée contre le pouvoir éthiopien.

La frontière commune reste fortement militarisée et son tracé est toujours contesté autour de la ville de Badmé.

En 2002, la Cour permanente d’arbitrage de La Haye a attribué Badmé à l’Erythrée mais Addis-Abeba a ignoré ce jugement et la ville est restée sous administration éthiopienne.

Abiy Ahmed, qui a pris ses fonctions en avril, a déclaré en juin, à la surprise générale, qu’il était prêt à respecter ce jugement international. (Avec Maggie Fick; Guy Kerivel et Eric Faye pour le service français)

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