July 3, 2018 / 2:03 PM / 15 days ago

GESTION-Le risque politique joue les trouble-fête-EDRAM

* Les risques politiques vont perdurer

* Ils prennent le pas sur des fondamentaux solides

* EDRAM continue de privilégier les actions

PARIS, 3 juillet (Reuters) - Le risque politique, principal responsable des remous qui agitent les marchés financiers depuis le début de l’année, devrait continuer à les perturber au second semestre, prévoit-on chez Edmond de Rothschild Asset Management (EDRAM).

“Après le conte de fées de l’ an dernier, les risques politiques ont fait un retour remarqué et créé ou ravivé des incertitudes, une situation qui devrait se prolonger dans les mois qui viennent”, explique Philippe Uzan, directeur des gestions de la société.

A part la correction de fin janvier-début février, nécessaire moment de “nettoyage” provoqué par le retour de la volatilité, pratiquement tous les mouvements qui animent les marchés ont des causes politiques, ajoute-t-il en citant pêle-mêle la réforme fiscale américaine, les tensions commerciales et la montée des populismes.

Même la hausse des cours du pétrole rentre dans cette catégorie puisqu’elle résulte principalement, selon lui, de la sortie des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien.

Ces risques politiques expliquent en grande partie pourquoi les marchés souffrent alors que les fondamentaux économiques et les profits des entreprises demeurent robustes, dit Philippe Uzan, qui voit le phénomène se prolonger avec notamment à l’horizon un scrutin présidentiel au Brésil en octobre et les élections de mi-mandat aux Etats-Unis le mois suivant.

“Nous sommes dans une phase de recomposition profonde”, dit-il avant de distinguer l’émergence de leaders forts dans des pays émergents comme la Chine, la Turquie ou l’Inde, et de gouvernements fragiles dans les pays développés, où les vieux partis résistent tandis que des forces nouvelles gagnent du terrain.

Dans ce contexte, un cycle économique “exceptionnellement long et mou” avance lentement vers sa fin, poursuit Philippe Uzan, qui n’adhère pas au scénario brandi par certains d’une correction brutale au coeur de l’été qui commence.

“Plus je l’entends, moins j’y crois”, dit-il.

Comme bien d’autres, l’expert d’EDRAM a dû mal à comprendre la logique qui pousse Donald Trump à défier ses principaux partenaires commerciaux, même s’il avance comme motivation la prise de conscience par les Etats-Unis de la menace que représente la Chine pour leur suprématie.

“Nous n’en sommes qu’aux escarmouches et notre scénario central reste celui d’un risque limité”, dit-il tout en reconnaissant un effet du bras de fer en cours sur le moral des entrepreneurs et leur volonté d’investir.

Philippe Uzan recommande aux investisseurs de continuer à privilégier les actions au détriment des obligations, en préférant une approche thématique à une lecture purement géographique. Il dit notamment bien aimer l’énergie et la technologie.

Patrick Vignal, édité par Marc Angrand

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