May 11, 2018 / 2:44 PM / 7 months ago

Les taux sont déjà "neutres", nul besoin de les relever-Bullard (Fed)

par Howard Schneider

WASHINGTON, 11 mai (Reuters) - Les taux ont peut-être déjà atteint un niveau “neutre”, c’est-à-dire qui ne stimule plus l’économie, a déclaré vendredi James Bullard, le président de la Réserve fédérale de Saint-Louis, signifiant par là que de nouvelles hausses de taux ne s’imposent plus.

En faire plus, en matière de normalisation monétaire, risquerait d’étouffer dans l’oeuf l’investissement productif susceptible d’être motivé par la récente réforme de l’impôt sur les sociétés (IS), de compromettre la bonne santé du marché du travail et de laisser les anticipations inflationnistes loin de l’objectif de 2% que la Fed s’est fixé.

Il est légitime d’”être prudent pour ce qui est de relever encore le taux d’intervention au vu de la situation macroéconomique”, a dit James Bullard, dans un discours.

Le président de la Fed de St. Louis s’est fait l’avocat ces dernières années d’une pause dans le cycle de resserrement monétaire, tant que l’inflation, la croissance et les taux du marché ne seront pas passés à un “régime” plus dynamique.

Pour autant, la banque centrale poursuit sa politique de hausse des taux progressive et les marchés en attendent encore au moins deux cette année, dans un contexte macroéconomique marqué par le gonflement prévisible du déficit fédéral et l’impact de la récente réforme fiscale.

“PEU DE PRESSION INFLATIONNISTE”

James Bullard, qui n’a pas de droit de vote cette année au sein du FOMC, le comité de politique monétaire de la Fed, juge que l’institut d’émission va peut-être un peu trop vite. Alors même que l’inflation semble proche de 2%, il a expliqué que son évaluation des anticipations d’inflation prévalant sur le marché montre que les investisseurs “pensent qu’il y a peu de pression inflationniste aux Etats-Unis actuellement”.

Ne plus toucher aux taux “recentrerait les anticipations d’inflation au niveau de l’objectif”, a-t-il ajouté.

Pour Bullard, il faut également laisser aux entreprises le temps d’investir face à un marché de l’emploi qu’il juge sainement équilibré et sur lequel les pressions salariales donnent aux employeurs le choix entre rémunérer davantage les salariés et augmenter les investissements en capital pour améliorer la productivité.

“C’est un processus d’équilibre et non pas inflationniste”, dit-il, et “il n’est pas nécessaire de le perturber” en relevant les taux d’intérêt.

James Bullard a également évoqué dans son discours l’un des débats en cours au sein de la Fed, à savoir le niveau auquel les taux peuvent être portés avant qu’ils deviennent neutres et ne soient plus considérés comme “accommodants”. Il y a là une ligne que la Fed peut hésiter à franchir mais pour James Bullard, la question n’est plus là.

Un taux des Fed funds de 1,5% à 1,75% remet déjà en cause les estimations de ce que peut être un taux neutre, affirme-t-il, y voyant un autre argument pour interrompre la remontée des taux d’intérêt.

Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Angrand

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