May 10, 2018 / 1:23 PM / 5 months ago

RPT-LEAD 2-GB-La BoE préfère attendre avant de relever ses taux

* Statu quo sur les taux de la Banque d’Angleterre

* La BoE veut voir si la faible croissance est durable

* Deux membres ont voté pour une hausse des taux

* La livre recule légèrement après ces annonces (Actualisé avec précisions sur les taux §9 et dernier)

par David Milliken et William Schomberg

LONDRES, 10 mai (Reuters) - La Banque d’Angleterre (BoE) a laissé jeudi son principal taux directeur inchangé et affirmé que la faible croissance du début de 2018 n’était probablement que passagère, mais elle a dit vouloir attendre, avant de le relever, des signes tangibles d’accélération de l’activité économique après la croissance économique décevante enregistrée au premier trimestre.

Contrairement aux attentes d’une hausse de taux il y a quelques semaines, les neuf membres du comité de politique monétaire (MPC) de la BoE ont voté par sept voix contre deux, comme en mars, pour le maintien du taux directeur à 0,5%.

Ce statu quo est cependant conforme aux dernière prévisions des économistes interrogés par Reuters la semaine dernière.

Le gouverneur la banque d’Angleterre, Mark Carney, avait suggéré en avril que la BoE pourrait ne pas augmenter les taux en mai en raison des données économiques mitigées, provoquant un brusque retournement des anticipations de marché.

Il a déclaré jeudi que l’institut d’émission, qui a réduit son estimation de croissance pour cette année, ainsi que ses prévisions d’inflation, s’attendait à une réaccélération de la croissance du produit intérieur brut (PIB) par la suite.

Il a dit s’en tenir à son message selon lequel les taux devraient probablement augmenter - pour la deuxième fois seulement en plus d’une décennie - une fois que la reprise serait devenue évidente.

“Qu’est-ce qui est le plus raisonnable? Agir maintenant ou attendre de voir la preuve que cet élan est réaffirmé”, s’est-il interrogé devant la presse.

“La décision de la majorité du comité est qu’il faut attendre de voir une preuve de cette réaffirmation.”

Les investisseurs ont légèrement repoussé leurs anticipations de hausse des taux, la livre a reculé à un creux de quatre mois face au dollar et les rendements des obligations à deux et 10 ans perdaient chacun plus de quatre points de base.

Les contrats à terme sur les taux montrent une probabilité de moins de 50% d’une hausse des taux britanniques en août, lorsque la BoE publiera de nouvelles prévisions économiques.

“Il semble que la hausse des taux de 2018 ait été repoussée et non annulée”, a dit Brian Coulton, chef économiste de Fitch.

CROISSANCE RALENTIE

L’économie britannique a été à la traîne des principaux pays développés l’an dernier en raison d’un bond de l’inflation lié au Brexit qui a amputé le pouvoir des ménages et amené certaines entreprises à retarder leurs investissements à long terme.

La croissance du PIB n’a été que de 0,1% au premier trimestre et les indicateurs macroéconomiques publiés depuis le début de l’année confirment cette tendance au ralentissement.

La plupart des membres de la BoE pensent néanmoins que cette faiblesse n’est que passagère, ce qui ne les empêche pas de vouloir attendre une confirmation avant de relever les taux.

“La récente faiblesse des indicateurs pour le premier trimestre reflète une période un accès de faiblesse”, a jugé la majorité des membres du MPC. (Mais) il peut être utile de voir comment les indicateurs vont évoluer dans les prochains mois.”

Cette formulation laisse la porte ouverte à une hausse de taux de taux au mois d’août.

Ian McCafferty et Michael Saunders, deux responsables de la BoE, qui ont de nouveau voté en faveur d’une hausse des taux, ont jugé que la faiblesse de la croissance cette année était liée à des “facteurs temporaires ou erratiques”, mais ils ont prévenu qu’un report du relèvement des taux pourrait déboucher sur un resserrement plus brutal par la suite.

RECUL DE L’INFLATION

La banque centrale a indiqué jeudi que l’inflation avait reculé plus vite que prévu. Mais ce repli est lié à un effacement plus rapide de l’impact de la dépréciation de la livre sur le prix des importations, tandis que les pressions inflationnistes intérieures continuent d’augmenter.

L’inflation devrait être ramenée à 2,1% dans un an et proche de son objectif l’année suivante, mais seulement dans l’hypothèse d’une hausse de 25 points de base trois fois au cours des trois prochaines années, comme les marchés l’espèrent.

La BoE a dit s’attendre à ce que l’économie britannique progresse de 1,4% cette année alors qu’en février elle prévoyait encore une croissance de 1,8%, un chiffre légèrement supérieur à l’époque aux prévisions de la plupart des économistes.

La révision à la baisse de la croissance pour cette année reflète la faiblesse enregistrée début 2018.

Mais le ralentissement des prêts aux consommateurs et la morosité du marché immobilier ont créé une incertitude plus forte que prévu sur la consommation, a déclaré la BoE.

Pour 2019 et 2020, la banque prévoit une reprise de la croissance à 1,7%, contre 1,8% dans ses prévisions de février.

Elle pense que si les taux d’intérêt n’augmentent pas, même avec une croissance économique modeste d’environ 1,5% par an, cela risque d’alimenter une inflation excessive, au regard de la faible croissance de la productivité et du recul de l’immigration à la suite du Brexit.

Le rythme d’augmentation des salaires devrait s’accélérer un peu moins fortement cette année que prévu initialement.

L’inflation a reculé après avoir atteint son plus haut niveau en plus de cinq ans à la fin de 2017, mais à 2,5%, elle est toujours bien au-dessus de l’objectif de 2% de la BoE.

Le gouverneur de la Banque d’Angleterre a noté que les perspectives économiques pour la Grande-Bretagne restaient floues en raison des incertitudes concernant les conditions de son départ de l’Union européenne (UE).

“Alors que les tempêtes de février et mars ont cédé la place à un ciel plus ensoleillé, les perspectives économiques pour le Royaume-Uni restent obscurcies par les incertitudes du Brexit”, a-t-il dit.

“Malgré l’accord bienvenu sur une période de transition, les conditions sur lesquelles le Royaume-Uni négociera avec l’UE au-delà de cette période reste à déterminer”, a-t-il ajouté.

La livre sterling s’est retournée après ces annonces pour afficher un repli de 0,55% face au dollar, à son plus bas niveau depuis quatre mois à 1,3470 dollar touché mardi. Face l’euro, la devise britannique recule de plus de 0,8%.

Le rendement des emprunts d’Etat britanniques à dix ans a de son côté creusé ses pertes pour reculer jusqu’à plus de six points de base à 1,40% en cours de séance.

Voir aussi: BREAKINGVIEWS-Mark Carney may flummox markets again (Avec Andy Bruce, Bertrand Boucey et Claude Chendjou pour le service français, avec Patrick Vignal, édité par Marc Angrand et Juliette Rouillon)

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