May 4, 2018 / 12:31 PM / 5 months ago

LEAD 2-Italie-Le M5S veut des élections fin juin, Mattarella consulte lundi

* M5S et Ligue refusent un gouvernement de “techniciens”

* Di Maio réclame des élections anticipées le 24 juin

* La Ligue n’exclut pas un gouvernement transitoire de six mois

* Pour Salvini, le chef du gouvernement doit venir de la droite

* La Ligue prête à gouverner avec le M5S, pas avec le PD

* Le président consultera lundi les chefs des partis (Actualisé avec Salvini, § 2-8-10)

par Gavin Jones

ROME, 4 mai (Reuters) - Le chef de file du Mouvement 5 Etoiles (M5S) a renouvelé vendredi sa demande d’élections législatives anticipées en Italie dès le mois prochain, rejetant l’idée d’un gouvernement transitoire chargé de réformer le code électoral et de préparer le budget.

Le numéro un de la Ligue d’extrême droite, Matteo Salvini, n’a pas exclu pour sa part un tel gouvernement provisoire mais a posé ses conditions, notamment une feuille de route de six mois et le refus d’un “technicien” au poste de président du Conseil.

Dans un entretien au journal Il Fatto Quotidiano, Luigi di Maio, le dirigeant du M5S, estime que les élections pourraient avoir lieu le 24 juin et réfute l’objection d’un calendrier trop restreint pour permettre le vote des Italiens résidant à l’étranger.

Le président italien Sergio Mattarella a décidé de recevoir lundi les dirigeants des partis politiques pour de nouvelles consultations, dans l’espoir bien ténu de former un gouvernement de coalition après les élections législatives du 4 mars qui n’ont dégagé aucune majorité.

Luigi di Maio, interrogé sur la nécessité de modifier le système électoral avant de convoquer à nouveau les électeurs, a jugé que cela n’était pas possible. “Nous (les partis politiques) allons gâcher des années à nous disputer sur cela”, a-t-il répondu.

Le chef de l’Etat semble exclure la tenue de nouvelles élections en juin et, faute d’un accord viable entre les partis, pencherait pour la formation d’un gouvernement de transition composé de techniciens, en mesure d’établir avant la fin décembre le budget 2019.

“RÉÉCRIRE LES RELATIONS ENTRE L’ITALIE ET L’UE”

Pour Luigi Di Maio, l’idée d’un tel gouvernement de technocrates est une manière de flouer son parti. “Lorsqu’un gouvernement s’installe, il tente de se maintenir à tout prix”, explique le dirigeant anti-système.

Le chef de la Ligue, première formation de la coalition de droite, a également exclu vendredi qu’un “technicien” prenne la tête d’un gouvernement transitoire, mais il n’a pas rejeté l’idée d’un tel gouvernement qui serait nommé pour six mois.

Pour Matteo Salvini, le futur président du Conseil doit être issu du centre droit et son gouvernement devra inclure le M5S, mais certainement pas le Parti démocrate (PD).

Ce gouvernement, a poursuivi Salvini, devra “réécrire totalement” les relations entre l’Italie et l’Union européenne.

Les quatre derniers présidents du Conseil italien ont accédé au pouvoir grâce à des tractations en coulisses plus que grâce à leur succès dans les urnes.

Pour l’instant, le chef du gouvernement Paolo Gentiloni expédie les affaires courantes mais les dernières prévisions économiques de la Commission européenne soulignent la nécessité d’un gouvernement disposant d’une majorité au Parlement afin d’entreprendre des réformes.

Lors des élections du 4 mars, la coalition de droite conduite par la Ligue et Forza Italia a remporté le plus de sièges mais le M5S est devenu le premier parti du pays. Le Parti démocrate de centre gauche est arrivé lointain troisième.

BEPPE GRILLO POUR UN RÉFÉRENDUM SUR LA ZONE EURO

Selon plusieurs journaux, le président Mattarella pourrait nommer dès mardi prochain un chef de gouvernement issu de la société civile, doté d’un mandat limité.

Si cette personnalité n’obtient pas le soutien du Parlement, elle resterait en place pour expédier les affaires courantes et de nouvelles élections seraient organisées en septembre ou en octobre, ajoute la presse.

Les derniers sondages laissent supposer que de nouvelles élections ne permettraient pas de sortir de l’impasse.

Selon une enquête Demopolis publiée jeudi, le M5S obtiendrait 33,2% des voix (32,7% en mars), la coalition de droite 39,5% (37,1% en mars) et le centre gauche 21,1% (22,8%).

Au sein de la droite, la Ligue eurosceptique et anti-immigration grimperait à 22,9% des voix (17,4% en mars) et Forza Italia de Silvio Berlusconi passerait de 14% à 12,2% des suffrages.

Dans l’optique d’élections anticipées, le fondateur du M5S Beppe Grillo, qui est resté en retrait ces derniers mois, a réclamé cette semaine un référendum sur le maintien de l’Italie au sein de la zone euro. “Je veux que le peuple italien donne son opinion”, a-t-il déclaré au site internet français putsch.media. (Pierre Sérisier et Guy Kerivel pour le service français)

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