May 4, 2018 / 8:56 AM / 5 months ago

LEAD 1-Air France-KLM avertit sur sa rentabilité en 2018 et chute en Bourse

* Perte d’exploitation creusée au T1 à €118 mlns

* Hausse moins forte que prévu des capacités pour 2018

* “Baisse sensible” du résultat d’exploitation prévue cette année

* Le titre chute de l’ordre de 7% (Actualisé avec cours de Bourse et commentaires d’analystes)

par Cyril Altmeyer et Victoria Bryan

PARIS, 4 mai (Reuters) - Air France-KLM a annoncé vendredi prévoir une nette dégradation de son résultat d’exploitation cette année sous l’effet conjugué des grèves à Air France et de la remontée du cours du pétrole, entraînant une forte baisse de son titre en Bourse.

Le coût du mouvement social à Air France, qui connaît ce vendredi son 13ème jour de grève de l’année, a obligé le transporteur aérien à abaisser sa prévision de croissance des capacités pour 2018 à 2,5-3,5% contre 3-4% auparavant dans un contexte pourtant favorable pour les compagnies européennes, qui bénéficient d’une conjoncture économique favorable allégeant les pressions tarifaires.

Le groupe a également dû renoncer à son objectif de baisse de ses coûts unitaires cette année, anticipant désormais une stagnation, voire une hausse de 1%, à change, prix du carburant et charges de retraites constant. Au premier trimestre, le coût unitaire a augmenté de 2,1%, dont 1,7% lié aux grèves.

Air France-KLM prévoit en conséquence une “baisse sensible” de son résultat d’exploitation pour 2018 par rapport au niveau de 1,9 milliard d’euros de 2017, pâtissant en outre de l’appréciation de l’euro et de la remontée du prix du pétrole qui devrait entraîner une hausse plus marquée que prévu de la facture de carburant.

Au premier trimestre, la perte opérationnelle s’est creusée à 118 millions d’euros, avec une perte de 178 millions pour Air France mais un bénéfice de 60 millions chez KLM.

UNE ANNÉE QUI AVAIT POURTANT BIEN DÉMARRÉ

A 10h52, le titre de la compagnie aérienne décroche de 6,86% à 7,762 euros, accusant la plus forte baisse d’un Stoxx 600 en légère hausse (+0,2%).

Cela porte à environ 38% la baisse de l’action Air France-KLM depuis le début de l’année, soit un des plus forts replis annuels du SBF 120.

Ce vendredi marque la fin, à 18h, de la consultation menée auprès de tous les salariés de la compagnie française sur le projet d’accord salarial rejeté par l’intersyndicale.

Jean-Marc Janaillac, PDG d’Air France-KLM et président d’Air France, a mis son poste dans la balance en cas de victoire du “non” à la consultation, destinée à mettre fin aux grèves qui ont coûté 300 millions d’euros à Air France entre fin février et fin avril, sans compter les 25 à 30 millions pour chacun des quatre jours de grève programmés en mai.

“On avait une année qui commençait plutôt bien en termes commerciaux, on avait une demande qui était là”, a dit le directeur financier Frédéric Gagey à des journalistes.

“Je trouve très dommage, et je pense que c’est le cas pour une majorité des salariés d’Air France, qu’on n’arrive pas à tirer le bénéfice de cette période.”

La recette unitaire d’Air France-KLM a ainsi augmenté de 1,2% à change constant au premier trimestre en rythme annuel et devrait rester stable au deuxième, tandis que les réservations sont bien orientées pour l’été. Les coefficients d’occupation sur les réservations long-courrier pour les quatre prochains mois sont en moyenne en hausse par rapport à la période correspondante de 2017.

UN RISQUE SUR LE CONSENSUS

“Bien que la recette unitaire soit en hausse de 1,2% à changes constants et qu’Air France-KLM voit se maintenir la demande à court terme, la hausse continue des coûts unitaires sous-jacents laisse peu de marge d’erreur compte tenu des effets de changes négatifs, de la hausse du prix du carburant et des coûts de 300 millions d’euros de la grève”, commentent les analystes de Bernstein, qui restent à “sous-performance” sur la valeur.

De leur côté, les analystes de Liberum soulignent que les performances du premier trimestre sont ternes, même en excluant les éléments exceptionnels et les coûts liés à la grève.

L’intermédiaire estime que, sans surprise, les prévisions sont pessimistes et que l’impact de 300 millions d’euros lié au mouvement social représente un sérieux coup dur pour les perspectives de coûts unitaires.

“Il y a un risque de baisse significatif du consensus”, prévient Liberum qui ajoute toutefois que l’issue du vote de l’ensemble des salariés sera déterminante.

A l’occasion des résultats, le directeur financier Frédéric Gagey n’a pas souhaité par ailleurs faire de commentaire sur le timing du plan stratégique à cinq ans que Jean-Marc Janaillac avait annoncé en début d’année pour juin.

Le communiqué :

bit.ly/2w89hzy (Avec Laetitia Volga, édité par Blandine Hénault)

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