May 3, 2018 / 9:19 AM / 5 months ago

Zone euro-La CE attend toujours 2,3% de croissance cette année

* La CE voit toujours la croissance ralentir à 2,0% en 2019

* Prévisions confirmées aussi pour l’Allemagne et la France

* Aucun pays au-dessus de 3% de déficit

* Remontée très lente de l’inflation

PARIS, 3 mai (Reuters) - La Commission européenne a confirmé jeudi ses prévisions d’une croissance dans la zone euro à 2,3% cette année puis qui ralentirait à 2,0% l’an prochain, tout en estimant que des risques plus importants pèsent sur les perspectives économiques, à commencer par la protectionnisme.

Les prévisions de printemps publiées par l’exécutif européen confirment dans l’ensemble celles relevées cet hiver à la lumière de l’accélération de l’activité constatée fin 2017.

Les économistes européens voient toujours la croissance économique allemande à 2,3% cette année puis 2,1% l’an prochain. Pour la France, ils en restent à 2,0% en 2018 puis 1,8% en 2019.

“L’Europe continue de profiter d’une croissance robuste, qui a permis de faire tomber le chômage à son point le plus bas depuis dix ans”, souligne le commissaire aux Affaires économiques et financières Pierre Moscovici dans un communiqué.

Toujours pour la Commission, “bien que les indicateurs de court terme laissent entrevoir pour le début de 2018 un léger essoufflement de l’activité, celui-ci devrait être en partie temporaire.”

Dans ce contexte, elle se félicite qu’aucun pays de la zone euro ne devrait enregistrer cette année un déficit public supérieur à 3,0% du PIB cette année, la moyenne attendue pour l’ensemble de la zone se situant à 0,7%.

S’agissant de la France, qui est parvenue à rentrer dans les clous du pacte de stabilité l’an passé pour la première fois depuis 2007, elle le voit tomber à 2,3% du PIB en 2018, une prévision qui lui permettra de sortir officiellement de la procédure pour déficit excessif.

INFLATION TOUJOURS MODÉRÉE

Elle tablait auparavant sur un déficit public français 2018 à 2,9% mais Paris a depuis annoncé qu’il avait été ramené à 2,6% en 2017 à la faveur notamment d’une forte hausse des rentrées fiscales due à la croissance.

Il remonterait à 2,8% en 2019, une prévision à politique inchangée qui tient compte de l’impact de la transformation du Crédit d’impôt compétitivité emploi en baisse de charges pérenne.

Sur le front de l’inflation, la Commission maintient aussi sa prévision d’une remontée très lente qui porterait son rythme à 1,5% en 2018, comme en 2017, puis 1,6% en 2019, toujours en deçà de l’objectif d’une hausse des prix “proche de mais inférieure à 2,0%” de la Banque centrale européenne.

Alors qu’elle a été amenée l’an passé à revoir plusieurs fois ses prévisions de croissance à la hausse, elle estime qu’elles sont aujourd’hui “plus exposées à des risques de révision à la baisse.”

Au moment où les Etats-Unis ont entamé un bras de fer avec la Chine et envisagent de relever leurs droits de douane sur l’acier et l’aluminium, Pierre Moscovici estime que “le risque le plus grand qui pèse sur ces perspectives optimistes est le protectionnisme, qui ne doit pas devenir la nouvelle normalité ; cela ne ferait que nuire à ceux de nos citoyens qu’il nous faut protéger le plus.” (Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse)

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